RDC: le nombre des militants politiques tués fin mars à Lubumbashi passe à 45

  • Dans République démocratique du Congo
  • 17 avril 2023
  • Belga
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RDC: le nombre des militants politiques tués fin mars à Lubumbashi passe à 45

Quarante-cinq jeunes militants d’un parti politique katangais ont été massacrés par des militaires le 29 mars dernier dans un quartier de Lubumbashi (sud-est de la République démocratique du Congo), a affirmé l’archevêque de cette ville, Mgr Fulgence Muteba Mugalu, cité samedi par la presse locale. Un précédent bilan, provenant de la société civile locale, faisait état de 25 morts parmi ces militants de l’Union des nationalistes démocrates et fédéralistes (Unafec).

L’archevêque de la deuxième ville de RDC a dénoncé vendredi, lors d’une messe en mémoire des jeunes militants politiques tués le 29 mars, la violence qui y règne. Mgr Muteba a à cette occasion revu à la hausse le nombre des victimes, parlant de 45. Il a cité le nom de 43 d’entre elles, tout en soulignant que deux victimes féminines n’avaient pas été identifiées selon le texte de son homélie.

« Je condamne avec la dernière énergie le massacre de Kilobelobe. La vie humaine, faut-il le répéter, est sacrée », a ajouté le prélat.

Il a dénoncé la persistance l’insécurité qui d’après lui a « défiguré le visage de Lubumbashi »., le chef-lieu de la province minière du Haut-Katanga, selon le site d’informations Actualité.cd.

« A cause de l’insécurité et des tueries aveugles, notre ville tend à devenir l’épicentre de la violence, une cité de sang, une société de la mort, où les habitants font l’amère expérience d’être abandonnés à eux-mêmes », a-t-il dit dans son homélie à la paroisse Saints Pierre et Paul de Lubumbashi.

« On tue sauvagement, on cambriole, on attaque sans vergogne, on arrache de l’argent et les biens, on viole impitoyablement, ainsi de suite », a ajouté Mgr Muteba.

En mars, des jeunes identifiés comme membres du parti UNAFEC ont été fusillés par les forces de sécurité, d’après la société civile. Les faits se sont passés sur le pont Naviundu reliant les communes de Kampemba et Annexei. Plusieurs jeunes étaient morts aussi par noyade dans la rivière Naviundu fuyant les tirs.

Un procès s’est ouvert le 7 avril à Lubumbashi. Deux auteurs présumés, des militaires, sont jugés par le tribunal militaire pour la mort le 29 mars, par balles ou par noyade, de ces jeunes militants. La justice voudrait comprendre ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Des auditions vont se poursuivre mercredi prochain dans la salle des conférences de la Société nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC), où se déroule le procès.

Locomotive de la croissance économique du pays grâce à ses abondants gisements de cuivre et de cobalt, le « grand Katanga » – l’ancienne province a été scindée en quatre, dont le Haut-Katanga, en 2015 dans le cadre d’une réforme qui a fait passer le nombre de provinces de onze à 26 – avait fait sécession dans les premiers jours de l’indépendance octroyée par la Belgique en 1960 avant d’être ramenée de force dans le giron congolais en 1963 après une intervention militaire de l’ONU.

Aujourd’hui encore, beaucoup y rêvent d’indépendance ou d’une autonomie accrue.

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By Habari

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