pieds dans le Kongo-Central

En RDC, l’opposant et candidat à la présidentielle souhaitait installer les organes de son parti dans la province de l’ouest du pays, mais les autorités l’en ont empêché.

23 mai 2023 à 16:13

Par Stanis Bujakera Tshiamala

Mis à jour le 23 mai 2023 à 16:13

« Vous n’avez pas le droit d’empêcher un Congolais de circuler dans le pays ou de l’obliger à avoir les autorisations des autorités pour se déplacer », a protesté Moïse Katumbi devant les policiers. © Photo by NICOLAS MAETERLINCK / BELGA MAG / BELGA/AFP

C’est une nouvelle illustration du bras de fer déjà tendu qui oppose Moïse Katumbi au pouvoir, en RDC. Ce mardi 23 mai, alors que le président d’Ensemble pour la République, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle, cherchait à se rendre au Kongo-Central pour y installer notamment les organes de son parti, il en a été empêché par les autorités.

Refus par écrit

Dès ce lundi, en réponse à la lettre que lui avait adressée Ensemble pour l’informer de la venue de Moïse Katumbi, le gouverneur de la province lui avait signifié son refus par écrit. Pour se justifier, Guy Bandu évoquait des « imprécisions » dans le programme du candidat, « lequel ne mentionne ni les lieux où se tiendront les activités ni le timing ».

Il mettait aussi en avant une « situation sécuritaire très volatile dans la province durant ces dernières semaines », mentionnait la présence de miliciens dans certaines zones et ajoutait que, dans un tel contexte, « les forces de sécurité de la province, dont l’effectif est du reste limité, ne pourraient pas se concentrer essentiellement sur la couverture des multiples activités d’un parti politique, et ce, pendant plusieurs jours sur toute l’étendue de la province ».À LIREFace à Félix Tshisekedi, jusqu’où ira l’union de l’opposition ?

Guy Bandu concluait en demandant en termes polis à l’opposant « d’accepter le report de [ses] activités de 48 ou 72 heures », ainsi que de faire en sorte que celles-ci ne durent qu’une seule journée et soient organisées en un seul lieu. Inacceptable, aux yeux de Moïse Katumbi, qui a donc choisi de maintenir son déplacement. Se trouvant à Kinshasa, il avait prévu de gagner le Kongo-Central par la route mais son convoi a été stoppé au niveau de Mitendi, alors qu’il n’avait pas encore quitté la périphérie de la capitale. Plusieurs pick-up de la police avaient été positionnés pour l’empêcher d’avancer. À la mi-journée, il s’était donc résolu à faire demi-tour.

pieds dans le Kongo-Central

En RDC, l’opposant et candidat à la présidentielle souhaitait installer les organes de son parti dans la province de l’ouest du pays, mais les autorités l’en ont empêché.

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23 mai 2023 à 16:13

Par Stanis Bujakera Tshiamala

Mis à jour le 23 mai 2023 à 16:13

« Vous n’avez pas le droit d’empêcher un Congolais de circuler dans le pays ou de l’obliger à avoir les autorisations des autorités pour se déplacer », a protesté Moïse Katumbi devant les policiers. © Photo by NICOLAS MAETERLINCK / BELGA MAG / BELGA/AFP

C’est une nouvelle illustration du bras de fer déjà tendu qui oppose Moïse Katumbi au pouvoir, en RDC. Ce mardi 23 mai, alors que le président d’Ensemble pour la République, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle, cherchait à se rendre au Kongo-Central pour y installer notamment les organes de son parti, il en a été empêché par les autorités.

Refus par écrit

Dès ce lundi, en réponse à la lettre que lui avait adressée Ensemble pour l’informer de la venue de Moïse Katumbi, le gouverneur de la province lui avait signifié son refus par écrit. Pour se justifier, Guy Bandu évoquait des « imprécisions » dans le programme du candidat, « lequel ne mentionne ni les lieux où se tiendront les activités ni le timing ».

Il mettait aussi en avant une « situation sécuritaire très volatile dans la province durant ces dernières semaines », mentionnait la présence de miliciens dans certaines zones et ajoutait que, dans un tel contexte, « les forces de sécurité de la province, dont l’effectif est du reste limité, ne pourraient pas se concentrer essentiellement sur la couverture des multiples activités d’un parti politique, et ce, pendant plusieurs jours sur toute l’étendue de la province ».À LIREFace à Félix Tshisekedi, jusqu’où ira l’union de l’opposition ?

Guy Bandu concluait en demandant en termes polis à l’opposant « d’accepter le report de [ses] activités de 48 ou 72 heures », ainsi que de faire en sorte que celles-ci ne durent qu’une seule journée et soient organisées en un seul lieu. Inacceptable, aux yeux de Moïse Katumbi, qui a donc choisi de maintenir son déplacement. Se trouvant à Kinshasa, il avait prévu de gagner le Kongo-Central par la route mais son convoi a été stoppé au niveau de Mitendi, alors qu’il n’avait pas encore quitté la périphérie de la capitale. Plusieurs pick-up de la police avaient été positionnés pour l’empêcher d’avancer. À la mi-journée, il s’était donc résolu à faire demi-tour.

« Vous n’avez pas le droit d’empêcher un Congolais de circuler dans le pays ou de l’obliger à avoir les autorisations des autorités pour se déplacer », a protesté Moïse Katumbi devant les policiers. Contactés par Jeune Afrique, plusieurs proches du gouverneur du Kongo-Central affirment que ce dernier n’a fait qu’obéir aux directives du pouvoir. « Ils lui ont dit que Félix Tshisekedi était en route pour la Chine, qu’il ne serait donc pas au pays pendant les prochains jours et qu’il fallait éviter des troubles [en son absence] ».À LIREKatumbi, Fayulu, Matata… Les opposants à Tshisekedi en huis clos à Lubumbashi

Samedi 20 mai, au cours d’une marche de l’opposition violemment dispersée par la police, Moïse Katumbi dénonçait déjà, comme Martin Fayulu, Delly Sesanga ou Matata Ponyo Mapon, le caractère à ses yeux autoritaire de la gouvernance de Félix Tshisekedi.

« Maîtriser les voyous avec zéro mort »

Hier, le chef de l’État s’est rendu au chevet de personnes blessées lors de cette marche, dont certaines sont des policiers, et a félicité pour leur professionnalisme les forces de l’ordre qui sont parvenues « à maîtriser les voyous avec zéro mort ».À LIRERDC – Denis Kadima : « J’ai hâte d’en finir avec ces élections »

L’opposition, elle, a annoncé un sit-in ce jeudi 25 mai à Kinshasa devant le siège de la commission électorale, boulevard du 30-Juin, pour protester contre un processus électoral « chaotique ». « Et il en sera ainsi chaque jeudi », a-t-elle promis.

« Vous n’avez pas le droit d’empêcher un Congolais de circuler dans le pays ou de l’obliger à avoir les autorisations des autorités pour se déplacer », a protesté Moïse Katumbi devant les policiers. Contactés par Jeune Afrique, plusieurs proches du gouverneur du Kongo-Central affirment que ce dernier n’a fait qu’obéir aux directives du pouvoir. « Ils lui ont dit que Félix Tshisekedi était en route pour la Chine, qu’il ne serait donc pas au pays pendant les prochains jours et qu’il fallait éviter des troubles [en son absence] ».À LIREKatumbi, Fayulu, Matata… Les opposants à Tshisekedi en huis clos à Lubumbashi

Samedi 20 mai, au cours d’une marche de l’opposition violemment dispersée par la police, Moïse Katumbi dénonçait déjà, comme Martin Fayulu, Delly Sesanga ou Matata Ponyo Mapon, le caractère à ses yeux autoritaire de la gouvernance de Félix Tshisekedi.

« Maîtriser les voyous avec zéro mort »

Hier, le chef de l’État s’est rendu au chevet de personnes blessées lors de cette marche, dont certaines sont des policiers, et a félicité pour leur professionnalisme les forces de l’ordre qui sont parvenues « à maîtriser les voyous avec zéro mort ».À LIRERDC – Denis Kadima : « J’ai hâte d’en finir avec ces élections »

L’opposition, elle, a annoncé un sit-in ce jeudi 25 mai à Kinshasa devant le siège de la commission électorale, boulevard du 30-Juin, pour protester contre un processus électoral « chaotique ». « Et il en sera ainsi chaque jeudi », a-t-elle promis.

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By Habari

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