{"id":11158,"date":"2023-01-07T06:49:30","date_gmt":"2023-01-07T06:49:30","guid":{"rendered":"https:\/\/congokin.blog\/?p=11158"},"modified":"2023-01-07T06:49:30","modified_gmt":"2023-01-07T06:49:30","slug":"la-decouverte-dun-ecrivain-flamand-des-congolais-dans-la-resistance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/congokin.blog\/?p=11158","title":{"rendered":"La d\u00e9couverte d\u2019un \u00e9crivain flamand\u00a0: des Congolais dans la r\u00e9sistance\u00a0!\ufffc"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"wp-block-heading\">La d\u00e9couverte d\u2019un \u00e9crivain flamand&nbsp;: des Congolais dans la r\u00e9sistance&nbsp;!<\/h1>\n\n\n\n<p>Le journaliste flamand Kristof Bohez et son amie et coautrice Eva Kamanda ont d\u00e9couvert une \u0153uvre du peintre bruxellois Henri Logelain repr\u00e9sentant l\u2019arri\u00e8re-grand-p\u00e8re de la jeune femme, le fondateur d\u2019une famille qui ignorait tout de lui et qui fut r\u00e9sistant \u00e0 Bruxelles.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ig.lesoir.be\/i\/0\/0.07886\/1x0.84228\/d-20230106-400530.jpg?auth=a80e2\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.lesoir.be\/sites\/default\/files\/dpistyles\/thumbnail\/taxonomy_term_26702\/27740458\/public\/thumbnails\/image\/201006colettebraeckman.jpg?itok=srG7EW6q1601993802\" alt=\"Colette Braeckman\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Journaliste au service MondePar&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.lesoir.be\/26702\/dpi-authors\/colette-braeckman\">Colette Braeckman<\/a>Publi\u00e9 le 7\/01\/2023 \u00e0 00:00&nbsp;Temps de lecture: 5 min<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que, la commission parlementaire aidant, on croyait tout savoir des rapports entre Belges et Congolais durant les 80 ans de la colonisation et les 60 ans qui ont suivi, un journaliste flamand, Kristof Bohez, a fait une d\u00e9couverte incroyable sous l\u2019impulsion de son amie et coautrice Eva Kamanda (1). Cette derni\u00e8re d\u00e9couvrit un jour, dans un album intitul\u00e9&nbsp;<em>Les africanistes, peintres voyageurs,<\/em>&nbsp;la reproduction d\u2019un tableau datant de 1936. \u0152uvre du peintre bruxellois Henri Logelain, il \u00e9tait simplement intitul\u00e9&nbsp;<em>Portrait de Fran\u00e7ois Kamanda<\/em>. Un homme au regard grave, qui n\u2019\u00e9tait autre que l\u2019arri\u00e8re-grand-p\u00e8re de la jeune femme, le fondateur d\u2019une famille qui ignorait tout de lui&nbsp;! Aux cimaises du Mus\u00e9e de Tervuren se trouvait le tableau original, mais sans autre explication. M\u00e9tisse elle-m\u00eame, d\u00e9sireuse de retrouver l\u2019origine d\u2019une famille mixte install\u00e9e en Belgique depuis les ann\u00e9es 30, la jeune fille et son ami journaliste entreprirent une longue qu\u00eate avec l\u2019assistance de la fille de Fran\u00e7ois Kamanda et grand-m\u00e8re d\u2019Eva, \u00ab&nbsp;mamy Annie&nbsp;\u00bb, qui avait pr\u00e9cieusement conserv\u00e9 quelques documents familiaux de m\u00eame que la grand-tante, Francine Kamanda. Soutenus aussi par l\u2019Association des m\u00e9tis de Belgique, les deux enqu\u00eateurs tent\u00e8rent, lentement, avec pr\u00e9caution, de lever un coin du voile.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil des investigations, il appara\u00eet peu \u00e0 peu que Fran\u00e7ois Kamanda, originaire de Kabinda, un village situ\u00e9 entre le Kasa\u00ef et le Katanga, avait \u00e9t\u00e9 bel et bien \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9 par les missionnaires de son village. Mais pour comprendre pourquoi il \u00e9tait arriv\u00e9 en Belgique, l\u2019arri\u00e8re-petite-fille et son ami durent consulter les archives du Royaume et celles de l\u2019Office des \u00e9trangers. L\u00e0, ils finirent par d\u00e9couvrir que Fran\u00e7ois Kamanda devait avoir 21 ans lorsqu\u2019il fut emmen\u00e9 en Belgique par un certain Henri De Raeck. Comme il \u00e9tait en principe interdit aux Belges de ramener des Congolais en Belgique, les deux enqu\u00eateurs conclurent assez vite que le \u00ab&nbsp;patron&nbsp;\u00bb devait \u00eatre un homme jouissant d\u2019une certaine influence.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait bien vu&nbsp;: De Raeck et son \u00e9pouse, rentr\u00e9s d\u2019Afrique, s\u2019install\u00e8rent avenue Beau S\u00e9jour, dans un quartier cossu d\u2019Uccle et celui qui avait \u00e9t\u00e9 procureur du Roi dans plusieurs villes du Congo, puis directeur du Touring Club de Belgique, avait obtenu l\u2019autorisation d\u2019emmener son domestique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les enqu\u00eateurs ont tent\u00e9 de d\u00e9couvrir les circonstances dans lesquelles le peintre Henri Logelain fit le portrait du domestique de son ami De Raeck. L\u2019artiste \u00e9tait lui aussi un homme bien n\u00e9, fr\u00e8re de Robert Logelain, avocat \u00e0 la cour d\u2019appel de Bruxelles. Au fil des recherches appara\u00eet une petite maison situ\u00e9e rue de l\u2019Etang \u00e0 Etterbeek, o\u00f9 les plus \u00e2g\u00e9s des voisins se souviennent encore de Fran\u00e7ois Kamanda, devenu le premier coiffeur congolais de Bruxelles.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">En lien avec la r\u00e9sistance<\/h2>\n\n\n\n<p>Les deux jeunes gens finissent par d\u00e9couvrir que les quelques dizaines de Congolais qui vivaient \u00e0 Bruxelles lorsqu\u2019\u00e9clata la Seconde Guerre mondiale n\u2019\u00e9taient pas indiff\u00e9rents \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 locale&nbsp;: ils fr\u00e9quentaient l\u2019Union des Congolais de Belgique et plusieurs d\u2019entre eux, dont Kamanda et son ami Bataboudila, l\u2019un des premiers infirmiers congolais en Belgique, furent mis en contact avec les r\u00e9seaux de r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019occupant allemand, dont l\u2019\u00ab&nbsp;arm\u00e9e secr\u00e8te&nbsp;\u00bb. L\u2019avocat Henri Longelain, fr\u00e8re du peintre, avait fond\u00e9&nbsp;<em>La Libre Belgique<\/em>&nbsp;clandestine, ce qui le mena \u00e0 \u00eatre arr\u00eat\u00e9 par la Gestapo et emmen\u00e9 au camp de Sachenhausen et il est certain que des Congolais de Bruxelles particip\u00e8rent \u00e0 la distribution du journal interdit.<\/p>\n\n\n\n<p>Kristof Brohez explique tr\u00e8s bien comment la Gestapo, qui traquait et d\u00e9portait les Juifs ainsi que les Belges suspect\u00e9s d\u2019aider la r\u00e9sistance, ne s\u2019int\u00e9ressa gu\u00e8re aux rares Congolais vivant en Belgique, les consid\u00e9rant peut-\u00eatre comme des sous-hommes, des colonis\u00e9s, qui ne m\u00e9ritaient gu\u00e8re d\u2019attention. Passant en dessous des radars, ces derniers rendirent donc des services \u00e0 la r\u00e9sistance, sans \u00eatre rep\u00e9r\u00e9s ou inqui\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque la Belgique f\u00eata la lib\u00e9ration, les r\u00e9sistants congolais, une fois de plus, rest\u00e8rent \u00e0 l\u2019\u00e9cart des projecteurs&nbsp;: pas de reconnaissance, pas de d\u00e9coration, pas de pension\u2026 Pas plus de r\u00e9compense que leurs compatriotes qui avaient combattu dans la Force publique et stopp\u00e9 l\u2019avance de l\u2019Axe en Afrique ou qui, dans les mines du Katanga, avaient sorti de terre l\u2019uranium qui permit de fabriquer la bombe atomique\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque Eva et son compagnon consult\u00e8rent les archives de la Seconde Guerre mondiale, ils rentr\u00e8rent les mains vides&nbsp;: dans la Belgique de l\u2019\u00e9poque, les Congolais, fussent-ils des r\u00e9sistants, des h\u00e9ros de l\u2019ombre, n\u2019existaient tout simplement pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7ois Kamanda, qui avait \u00e9pous\u00e9 une Belge, fonda une famille nombreuse, mais il ne put garder son salon de coiffure car le conseiller fourni par De Raeck avait oubli\u00e9 de prolonger son bail. L\u2019id\u00e9e de lui venir en aide n\u2019effleura aucun de ses \u00ab&nbsp;patrons&nbsp;\u00bb, h\u00e9ros face aux Allemands mais colonialistes quand m\u00eame\u2026 Lorsque disparut son premier \u00ab&nbsp;ma\u00eetre&nbsp;\u00bb, Henri De Raeck, qui l\u2019avait fait venir en Europe et le pr\u00e9senta aux fr\u00e8res Logelain \u2013 le peintre et le r\u00e9sistant&nbsp;\u2013, les Belges qui assistaient aux fun\u00e9railles de l\u2019ancien procureur s\u2019\u00e9tonn\u00e8rent de la pr\u00e9sence d\u2019un Congolais \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie, mais il ne se trouva personne pour leur en expliquer les raisons\u2026<\/p>\n<div style=\"text-align:center\" class=\"wps-pgfw-pdf-generate-icon__wrapper-frontend\">\n\t\t<a href=\"https:\/\/congokin.blog?action=genpdf&amp;id=11158\" class=\"pgfw-single-pdf-download-button\" ><img src=\"https:\/\/congokin.blog\/wp-content\/plugins\/pdf-generator-for-wp\/admin\/src\/images\/PDF_Tray.svg\" title=\"G\u00e9n\u00e9rer un PDF\" style=\"width:auto; height:45px;\"><\/a>\n\t\t<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La d\u00e9couverte d\u2019un \u00e9crivain flamand&nbsp;: des Congolais dans la r\u00e9sistance&nbsp;! 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