{"id":2781,"date":"2018-09-03T03:46:10","date_gmt":"2018-09-03T03:46:10","guid":{"rendered":"https:\/\/congokin.media\/?p=2781"},"modified":"2018-09-03T03:46:10","modified_gmt":"2018-09-03T03:46:10","slug":"christine-lagarde-je-ne-peux-rien-faire-pour-annuler-la-commande-dun-jet-prive-sauf-refuser-un-credit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/congokin.blog\/?p=2781","title":{"rendered":"Christine Lagarde : \u00ab\u00a0Je ne peux rien faire pour annuler la commande d\u2019un jet priv\u00e9. Sauf refuser\u00a0un cr\u00e9dit\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"art-header\">\n<h1 class=\"js-no-orphans\">Christine Lagarde : \u00ab\u00a0Je ne peux rien faire pour annuler la commande d\u2019un jet priv\u00e9. Sauf refuser\u00a0<span class=\"css-nowrap\">un cr\u00e9dit\u00a0\u00bb<\/span><\/h1>\n<div><span class=\"art-reserved-label\">R\u00c9SERV\u00c9 AUX ABONN\u00c9S<\/span>\u00a0<span class=\"pipe-separator\">|<\/span>\u00a0<span class=\"art-reserved__date\">02 septembre 2018 \u00e0 11h53\u00a0<\/span><span class=\"art-reserved__author-bloc\"><span class=\"pipe-separator\">|<\/span>\u00a0<span class=\"art-header-author\">Par\u00a0Patrick Smith<\/span><\/span><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"content\" class=\"col-sm-8\">\n<article id=\"post-622484\" class=\"art-content\">\n<figure class=\"thumbnail art-thumbnail-lead\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2018\/08\/31\/26350hr_-592x296-1535732673.jpg\" \/><\/figure>\n<div class=\"art-text\">\n<p class=\"lead\">Crise de la dette, poids de la Chine, philosophie d\u2019intervention, fiabilit\u00e9 des donn\u00e9es, industrialisation\u2026 La patronne du Fonds livre son analyse des grands dossiers \u00e9conomiques du continent.<\/p>\n<p>Le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) ne peut pas avoir raison. Qu\u2019il en fasse trop ou pas assez, il est critiqu\u00e9. Un temps la plus puissante institution financi\u00e8re du monde, dans les ann\u00e9es 1970 et 1980, le FMI \u00e9tait devenu l\u2019arbitre en chef de l\u2019\u00e9conomie des pays en d\u00e9veloppement. Les gouvernements qui n\u2019ont pas suivi ses pr\u00e9ceptes ont \u00e9t\u00e9 contraints, plus ou moins discr\u00e8tement, de repenser leurs politiques sous peine d\u2019\u00eatre exclus de la communaut\u00e9 des pays financi\u00e8rement responsables.<\/p>\n<p>Un \u00e9minent \u00e9conomiste nig\u00e9rian, Pius Okigbo, comparait le Fonds \u00e0 une escouade d\u2019inspecteurs de l\u2019hygi\u00e8ne \u00e9conomique. Ses rem\u00e8des, incluant d\u2019importantes coupes budg\u00e9taires dans les d\u00e9penses publiques, furent largement critiqu\u00e9s, tant ils mettaient en p\u00e9ril la stabilit\u00e9 politique des nations. En Afrique et en Am\u00e9rique du Sud, ils ont \u00e9t\u00e9 suivis de plusieurs changements de r\u00e9gime.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, le Fonds est tax\u00e9 de bavardage. Quand sa m\u00e9thode \u00e9tait jug\u00e9e trop brutale et intrusive, les critiques reprochent d\u00e9sormais \u00e0 l\u2019institution de ne pas \u00eatre suffisamment active, de\u00a0perdre son statut et d\u2019\u00eatre mise sur la touche par des march\u00e9s financiers d\u00e9r\u00e9gul\u00e9s et par la Chine, devenue l\u2019un des principaux bailleurs pour les \u00e9conomies en d\u00e9veloppement.<\/p>\n<blockquote><p>DEPUIS LA CRISE FINANCI\u00c8RE MONDIALE DE 2008 ET L\u2019EFFONDREMENT DU PRIX DES MATI\u00c8RES PREMI\u00c8RES QUI S\u2019EST ENSUIVI, LES PAYS EN D\u00c9VELOPPEMENT SE SONT LOURDEMENT R\u00c9ENDETT\u00c9S<\/p><\/blockquote>\n<p>En particulier en Afrique, le FMI est accus\u00e9 de passivit\u00e9 juste apr\u00e8s avoir men\u00e9 un effort sans pr\u00e9c\u00e9dent dans le cadre de l\u2019initiative \u00ab\u00a0pays pauvres tr\u00e8s endett\u00e9s\u00a0\u00bb (PPTE). Le FMI, la Banque mondiale et le Club de Paris ont annul\u00e9 des milliards de dollars de dettes des trente-six pays les plus pauvres de la plan\u00e8te, dont trente \u00e9taient africains. L\u2019initiative PPTE aurait d\u00fb permettre \u00e0 ces gouvernements de se r\u00e9endetter de mani\u00e8re responsable, de relancer leurs \u00e9conomies et de cr\u00e9er des emplois.<\/p>\n<h2>Nouvelle crise de la dette<\/h2>\n<p>Cela n\u2019a pas fonctionn\u00e9 aussi bien que ce fut imagin\u00e9. Depuis la crise financi\u00e8re mondiale de 2008 et l\u2019effondrement du prix des mati\u00e8res premi\u00e8res qui s\u2019est ensuivi, les pays en d\u00e9veloppement se sont lourdement r\u00e9endett\u00e9s. Sur soixante pays \u00e0 bas revenus, vingt-quatre subissent actuellement une crise de la dette ou sont sur le point d\u2019en conna\u00eetre une. Au cours des cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, leur nombre a doubl\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce contexte que Christine Lagarde, directrice g\u00e9n\u00e9rale du FMI, a donn\u00e9 une interview au groupe\u00a0<em>Jeune Afrique<\/em>, d\u00e9fendant le r\u00f4le de son institution et expliquant comment elle tente d\u2019arr\u00eater la propagation de cette nouvelle crise. Elle reconna\u00eet le besoin d\u2019am\u00e9liorer nettement la qualit\u00e9 de la collecte des donn\u00e9es et de travailler plus \u00e9troitement avec la soci\u00e9t\u00e9 civile pour am\u00e9liorer la surveillance des \u00e9conomies et l\u2019efficacit\u00e9 des programmes du FMI.<\/p>\n<p>Sortir de cette nouvelle crise et emp\u00eacher que davantage de pays soient entra\u00een\u00e9s dans le tourbillon de la dette implique d\u00e9sormais beaucoup plus d\u2019acteurs que ceux engag\u00e9s dans l\u2019initiative PPTE. Entre 2013 et 2016, la part de la Chine dans la dette des pays pauvres a d\u00e9pass\u00e9 le total d\u00e9tenu par le Club de Paris, la Banque mondiale et toutes les banques de d\u00e9veloppement r\u00e9gionales, selon Masood\u00a0Ahmed, pr\u00e9sident du think tank Center for Global Development.<\/p>\n<p>Durant la m\u00eame p\u00e9riode, les pr\u00eats concessionnels des pays riches aux \u00e9conomies les plus pauvres ont diminu\u00e9 de 20\u00a0%. Les critiques ajoutent que les r\u00e8gles suivies par le FMI et la Banque mondiale pour l\u2019octroi de pr\u00eats sont trop rigides, for\u00e7ant ces pays \u00e0 contracter des dettes commerciales avec des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat plus \u00e9lev\u00e9s et des \u00e9ch\u00e9ances plus courtes. Et, bien que le nombre et la vari\u00e9t\u00e9 des cr\u00e9anciers op\u00e9rant en Afrique \u2013 des banques commerciales aux n\u00e9gociants en mati\u00e8res premi\u00e8res comme Glencore \u2013 aient augment\u00e9 de fa\u00e7on exponentielle, Lagarde insiste sur la volont\u00e9 du Fonds de jouer un r\u00f4le de premier plan dans l\u2019accompagnement des \u00c9tats afin d\u2019orienter leurs politiques et de leur \u00e9viter les \u00e9cueils du pass\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Jeune Afrique\u2009: L\u2019environnement commercial et financier mondial actuel semble aller \u00e0 l\u2019encontre des institutions internationales. Quelles cons\u00e9quences pour l\u2019Afrique\u2009?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Christine Lagarde\u2009:<\/strong>\u00a0Je vois deux tendances parall\u00e8les pour le moment. D\u2019une part, il y a cette mont\u00e9e des mesures protectionnistes, la mont\u00e9e des tarifs, les barri\u00e8res non tarifaires, les restrictions au commerce entre certains pays. Nous pensons aux face-\u00e0-face entre les \u00c9tats-Unis et la Chine, les \u00c9tats-Unis et l\u2019Europe, \u00e0 ce que font certains pays europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>C\u2019est pr\u00e9occupant pour ces \u00e9conomies, mais aussi pour l\u2019Afrique. Et vous avez une voie parall\u00e8le de renforcement des accords de libre-\u00e9change\u2009: entre l\u2019Union europ\u00e9enne et le Japon, entre le Canada et l\u2019UE, les n\u00e9gociations entre le Mercosur [March\u00e9 commun r\u00e9unissant l\u2019Argentine, le Br\u00e9sil, le Paraguay, l\u2019Uruguay et le Venezuela] et l\u2019Europe, et l\u2019accord sur la zone de libre-\u00e9change africaine. Cela ne va pas conduire instantan\u00e9ment au d\u00e9veloppement, car il y aura une longue p\u00e9riode de transition. Mais pour les pays africains qui essaient de construire leurs cha\u00eenes d\u2019approvisionnement, en d\u00e9terminant quels march\u00e9s seront les moteurs dans dix ans, c\u2019est un signal tr\u00e8s fort. Si nous examinons la premi\u00e8re piste \u2013 la mont\u00e9e du protectionnisme et les restrictions commerciales \u2013, cela aura des r\u00e9percussions indirectes. Si vous incluez la dimension confiance, avec une escalade dans les r\u00e9actions, vous obtenez un impact plus concret et direct pour l\u2019Afrique.<\/p>\n<p><strong>Vous avez affirm\u00e9 que la strat\u00e9gie des \u00ab\u00a0Routes de la soie\u00a0\u00bb de la Chine pourrait signifier que certains pays lourdement endett\u00e9s devraient supporter des projets non viables qui ne r\u00e9pondent pas aux priorit\u00e9s nationales. Est-ce un risque particulier en Afrique\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Quel que soit le pays ou l\u2019organisation, la d\u00e9pendance totale \u00e0 un fournisseur est un facteur de risque. Je sais que la Banque mondiale essaie de concevoir un instrument de garantie contre les pertes pass\u00e9es afin d\u2019inciter le secteur priv\u00e9 financier \u00e0 participer aux projets d\u2019infrastructures.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation d\u2019un outil capable d\u2019inciter le secteur priv\u00e9 \u00e0 investir, en diversifiant les partenaires, est une bonne chose et constitue un facteur d\u2019att\u00e9nuation des risques. Dans ces projets, il faut \u00eatre attentif \u00e0 la viabilit\u00e9 de la dette, veiller \u00e0 ce que le financement soit transparent et qu\u2019il soit appliqu\u00e9 \u00e0 de bons projets men\u00e9s efficacement, c\u2019est la cl\u00e9 de la r\u00e9ussite.<\/p>\n<p><strong>Aujourd\u2019hui, beaucoup sonnent l\u2019alarme concernant l\u2019augmentation de la dette et la baisse de la croissance par habitant. Avec le recul, pensez-vous que les promoteurs du d\u00e9collage de l\u2019Afrique (Africa Rising) \u00e9taient imprudents ou seulement mal inform\u00e9s\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Il est vrai que beaucoup de gens se sont un peu emport\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Je me souviens qu\u2019en 2014 nous avons organis\u00e9 la conf\u00e9rence au Mozambique et avons d\u00e9cid\u00e9 d\u2019adopter une approche en deux volets, \u00e0 savoir\u00a0<em>Africa Rising \/ Africa Watching.<\/em><\/p>\n<p>Nous \u00e9tions d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9occup\u00e9s par la mont\u00e9e de la dette, le choc de la chute des cours des mati\u00e8res premi\u00e8res et ses incidences sur le continent, alors que de nombreux pays connaissaient encore une croissance significative relativement \u00e0 la population et au produit int\u00e9rieur brut. Les principaux indicateurs \u00e9conomiques \u00e9taient tous tr\u00e8s flatteurs. Mais je regarde le PIB par habitant parce que c\u2019est ce qui met en \u00e9vidence l\u2019impact sur les gens. Si je consid\u00e8re les pays \u00e0 faibles revenus, nombre d\u2019entre eux se trouvent en Afrique subsaharienne. Nous en avons six qui sont actuellement en situation de surendettement et neuf \u00e0 haut risque de surendettement.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-622486\" src=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2018\/08\/31\/26196hr_.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 2000px) 100vw, 2000px\" srcset=\"\/medias\/2018\/08\/31\/26196hr_.jpg 2000w, \/medias\/2018\/08\/31\/26196hr_-300x211.jpg 300w, \/medias\/2018\/08\/31\/26196hr_-768x541.jpg 768w, \/medias\/2018\/08\/31\/26196hr_-1024x721.jpg 1024w, \/medias\/2018\/08\/31\/26196hr_-600x423.jpg 600w\" alt=\"\" width=\"2000\" height=\"1409\" \/><\/p>\n<p><strong>Concernant les pays en surendettement, quels sont les rem\u00e8des\u2009? Le FMI et la Banque mondiale joueront-ils un r\u00f4le de premier plan dans la crise, comme ils l\u2019ont fait avec l\u2019initiative en faveur des pays pauvres tr\u00e8s endett\u00e9s dans les ann\u00e9es 1990 et 2000\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>La situation est tr\u00e8s diff\u00e9rente de ce qu\u2019elle \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Et le paysage des cr\u00e9anciers est plus diversifi\u00e9 avec une combinaison d\u2019acteurs publics et priv\u00e9s. Certains pays ont une forte dette int\u00e9rieure \u00e0 long terme, essentiellement avec des banques locales et peu sous forme d\u2019obligations souveraines. D\u2019autres, en revanche, ont \u00e9mis d\u2019importantes obligations souveraines au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es \u2013 g\u00e9n\u00e9ralement en devises, ce qui les expose au risque de variation de change et de pressions mon\u00e9taires. Je suis s\u00fbre que nous serons appel\u00e9s \u00e0 jouer un r\u00f4le si des restructurations de la dette sont n\u00e9cessaires dans l\u2019un de ces pays.<\/p>\n<p><strong>Dans certains pays, tels que le Mozambique, la Zambie et le Congo, les autorit\u00e9s ont sous-estim\u00e9 leur dette. Cela a fauss\u00e9 vos analyses. Comment avez-vous fait\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Cela a des r\u00e9percussions sur notre travail d\u2019analyse, sur la conception des programmes, et nous devons constamment rev\u00e9rifier l\u2019exactitude des donn\u00e9es qui nous sont transmises. De concert avec la Banque mondiale, nous avons pris l\u2019initiative d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des donn\u00e9es, en confrontant davantage les informations re\u00e7ues des pays d\u00e9biteurs et des pays cr\u00e9anciers. Nous avons pr\u00e9sent\u00e9 le premier rapport au G20 il y a six mois et nous poursuivons le projet pour mieux v\u00e9rifier les donn\u00e9es. Il suffit de quelques pays pour saper la confiance que nous avons dans les donn\u00e9es que nous utilisons.<\/p>\n<p><strong>Depuis plusieurs mois, les observateurs attendent le vote d\u2019un programme FMI en faveur du Congo. O\u00f9 en \u00eates-vous\u00a0dans les n\u00e9gociations avec Brazzaville\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Il y a des n\u00e9gociations en cours entre Brazzaville et ses autres cr\u00e9anciers (les n\u00e9gociants Trafigura, Glencore, mais aussi la Chine). J\u2019esp\u00e8re qu\u2019elles aboutiront pour que nous puissions fournir le financement que nous apportons aux autres pays de la Cemac. Je suis optimiste, mais je ne veux pas fixer de date pour la r\u00e9union du conseil.<\/p>\n<p><strong>Au Tchad,\u00a0la soci\u00e9t\u00e9 de trading Glencore est \u00e9galement l\u2019un des bailleurs de fonds de l\u2019\u00c9tat. C\u2019est un nouveau r\u00f4le pour ce genre de soci\u00e9t\u00e9s. Qu\u2019en pensez-vous\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Cette diversification de leurs activit\u00e9s implique de la transparence et de l\u2019\u00e9quit\u00e9 dans les n\u00e9gociations. Ce sont deux conditions essentielles \u00e0 mes yeux.<\/p>\n<p><strong>Comment les relations entre les \u00c9tats africains et le FMI ont-elles \u00e9volu\u00e9 depuis l\u2019apog\u00e9e de l\u2019ajustement structurel\u2009? \u00cates-vous moins intrusifs, plus diplomatique pour prodiguer vos conseils politiques\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Nous essayons d\u2019aider les pays \u00e0 atteindre une croissance durable et inclusive. Donc, quand on dit qu\u2019il faut r\u00e9duire le d\u00e9ficit budg\u00e9taire, cela signifie soit augmenter les revenus, soit r\u00e9duire les d\u00e9penses inutiles. Parfois, cela am\u00e8ne \u00e0 avoir des discussions tendues. Si un pays d\u00e9cide d\u2019ignorer notre point de vue, je ne peux pas faire grand-chose pour annuler la commande d\u2019un jet priv\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Mais ils n\u2019obtiendront pas de cr\u00e9dit du FMI.<\/strong><\/p>\n<p>Non, je ne le pense pas, cela nuirait aux recommandations que nous faisons en mati\u00e8re de d\u00e9penses publiques.<\/p>\n<p><strong>Il y a des pays comme l\u2019\u00c9thiopie, le Maroc et le Rwanda qui poursuivent des politiques \u00e9conomiques plus h\u00e9t\u00e9rodoxes et dirigistes. Ils misent sur des politiques industrielles, qui \u00e9taient per\u00e7ues comme des h\u00e9r\u00e9sies au sein du FMI et de la Banque mondiale. Les relations avec ces pays sont-elles plus difficiles ou simplement plus int\u00e9ressantes\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Je pense que cela rend notre vie et notre travail plus int\u00e9ressants, en fait. Nous venons de terminer un programme avec le Maroc, qui a eu une ligne de cr\u00e9dit pr\u00e9ventive au cours des quatre derni\u00e8res ann\u00e9es et n\u2019a pas besoin de plus. Je ne pense pas que le gouvernement en ait pleinement tir\u00e9 parti, mais elle \u00e9tait disponible, et le pays \u00e9tait tr\u00e8s heureux d\u2019y avoir acc\u00e8s. Nous avons eu des \u00e9changes tr\u00e8s int\u00e9ressants concernant leurs politiques de croissance et de d\u00e9veloppement, tant du point de vue fiscal que mon\u00e9taire.<\/p>\n<p>Nous avons un programme avec le Rwanda, pour lequel il reste encore un an. Nous avons eu un partenariat tr\u00e8s solide. Si vous me demandiez de quel pays africain je pourrais louer la politique, je citerais probablement le Rwanda. Je suis all\u00e9e en \u00c9thiopie en d\u00e9cembre 2017, et le nouveau Premier ministre \u00e9thiopien nous a rendu visite \u00e0 la fin du mois de juillet. Nous avons eu une r\u00e9union formidable, qui annonce un renforcement de nos relations. Nous examinons la situation macro\u00e9conomique, la p\u00e9rennit\u00e9 et la stabilit\u00e9 des pays. S\u2019ils remplissent ces crit\u00e8res, il ne nous appartient pas d\u2019\u00e9mettre un veto id\u00e9ologique sur tel ou tel mod\u00e8le.<\/p>\n<p><strong>Quelles r\u00e9percussions l\u2019intelligence artificielle et la robotique ont-elles sur les mod\u00e8les de croissance et de d\u00e9veloppement utilis\u00e9s dans les \u00e9conomies africaines\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>La quatri\u00e8me r\u00e9volution industrielle n\u2019est pas le pr\u00e9 carr\u00e9 des \u00e9conomies de l\u2019Asie du Sud-Est. Cela touchera tous les pays, y compris l\u2019Afrique. Nous allons davantage travailler sur ce sujet. Nous organisons au Ghana, en d\u00e9cembre, une conf\u00e9rence sur le travail \u00e0 effectuer sur le continent.<\/p>\n<p>En octobre\u00a02017, \u00e0 l\u2019\u00e9poque du rapport \u00ab\u00a0Perspectives de l\u2019\u00e9conomie mondiale\u00a0\u00bb du FMI, une \u00e9tude concluait qu\u2019un pays pouvait passer d\u2019une pr\u00e9dominance du secteur agricole \u00e0 une pr\u00e9dominance du secteur des services sans passer par le secteur secondaire [industriel] et sans perdre sa productivit\u00e9. C\u2019est un d\u00e9veloppement vraiment positif pour certains pays africains. Ils n\u2019auront pas \u00e0 traverser le douloureux processus d\u2019industrialisation.<\/p>\n<p>On voit l\u2019impact des d\u00e9veloppements technologiques dans de nombreux domaines. En agriculture, on constate une am\u00e9lioration des rendements des cultures gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019utilisation de dispositifs technologiques qui informent les agriculteurs sur l\u2019\u00e9tat du sol. L\u2019acc\u00e8s au financement est beaucoup plus large gr\u00e2ce \u00e0 la banque mobile. L\u2019utilisation des transports s\u2019am\u00e9liore gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement des applications. Je ne suis pas na\u00efvement optimiste \u00e0 ce sujet, mais je pense que de nombreux effets positifs vont profiter \u00e0 l\u2019Afrique.<\/p>\n<\/div>\n<\/article>\n<\/div>\n<div style=\"text-align:center\" class=\"wps-pgfw-pdf-generate-icon__wrapper-frontend\">\n\t\t<a href=\"https:\/\/congokin.blog?action=genpdf&amp;id=2781\" class=\"pgfw-single-pdf-download-button\" ><img src=\"https:\/\/congokin.blog\/wp-content\/plugins\/pdf-generator-for-wp\/admin\/src\/images\/PDF_Tray.svg\" title=\"G\u00e9n\u00e9rer un PDF\" style=\"width:auto; height:45px;\"><\/a>\n\t\t<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Christine Lagarde : \u00ab\u00a0Je ne peux rien faire pour annuler la commande d\u2019un jet priv\u00e9. 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