{"id":3449,"date":"2018-10-06T19:09:06","date_gmt":"2018-10-06T19:09:06","guid":{"rendered":"https:\/\/congokin.media\/?p=3449"},"modified":"2018-10-06T19:09:06","modified_gmt":"2018-10-06T19:09:06","slug":"rdc-cest-un-conseil-de-securite-divise-qui-sejourne-a-kinshasa-en-mission-quasi-impossible-jason-stearns","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/congokin.blog\/?p=3449","title":{"rendered":"RDC\u00a0: C\u2019est un conseil de s\u00e9curit\u00e9 divis\u00e9 qui s\u00e9journe \u00e0 Kinshasa en mission quasi-impossible (Jason Stearns)"},"content":{"rendered":"<div class=\"col-sm-12\" role=\"heading\">\n<div class=\"region region-header\">\n<h4 class=\"page-header\">RDC\u00a0: C\u2019est un conseil de s\u00e9curit\u00e9 divis\u00e9 qui s\u00e9journe \u00e0 Kinshasa en mission quasi-impossible (Jason Stearns)<\/h4>\n<section id=\"block-views-block-date-et-heure-block-1\" class=\"views-element-container block block-views block-views-blockdate-et-heure-block-1 clearfix\">\n<div class=\"form-group\">\n<div class=\"view view-date-et-heure view-id-date_et_heure view-display-id-block_1 js-view-dom-id-7715dd68eaea0499b27bfab377d98544832a68fdc18c6fdb44941607657dfb96\">\n<div class=\"view-content\">\n<div class=\"views-row\">\n<div class=\"views-field views-field-created\"><span class=\"field-content\">Samedi 6 octobre 2018 &#8211; 07:20<\/span><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/section>\n<\/div>\n<\/div>\n<section class=\"col-sm-9\"><a id=\"main-content\"><\/a><\/p>\n<div class=\"region region-content\">\n<section id=\"block-addtoanybuttons\" class=\"col-md-12 block block-addtoany block-addtoany-block clearfix\"><\/section>\n<article class=\"article full clearfix\" role=\"article\" data-history-node-id=\"66220\">\n<div class=\"content\">\n<div class=\"field field--name-field-image field--type-image field--label-hidden field--item\">\n<figure role=\"group\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"img-responsive\" title=\"Photo ACTUALITE.CD\" src=\"https:\/\/actualite.cd\/sites\/default\/files\/styles\/image_principale_d_article\/public\/2018-10\/NANGAA%20CONSEIL.jpg?itok=5Gd2iQ5S\" alt=\"Photo ACTUALITE.CD\" width=\"800\" height=\"600\" \/><figcaption>Photo ACTUALITE.CD<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<div class=\"field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item\">\n<p>Le chercheur am\u00e9ricain Jason Stearns a analys\u00e9 le contexte de l\u2019arriv\u00e9e des membres du conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ONU en RDC. Dans sa tribune, le Directeur du Groupe d\u2019Etude sur le Congo (GEC), souligne la d\u00e9cision des autorit\u00e9s congolaises de se\u00a0 passer de l\u2019aide logistique et financi\u00e8re de la communaut\u00e9 internationale dans l\u2019organisation des \u00e9lections, les incessants appels de Kabila pour le retrait de la MONUSCO, les positions souverainistes de la Chine et de la Russie et le relatif positionnement du Royaume-Uni dans un contexte marqu\u00e9 par l\u2019absence du consensus sur la machine \u00e0 voter et le fichier \u00e9lectoral.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Les Etats-Unis plaident toujours pour une r\u00e9duction des moyens pour la Monusco, malgr\u00e9 les d\u00e9fis s\u00e9curitaires et de protection des civils qui pourraient se poser \u00e0 l\u2019approche des \u00e9lections d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s contest\u00e9es. Mais Washington est vent debout contre la machine \u00e0 voter (<\/em><em>\u2026<\/em><em>). La Grande-Bretagne n\u2019y est plus hostile, mais plaide comme son alli\u00e9 traditionnel pour la venue de missions d\u2019observation \u00e9lectorale. L\u2019Union europ\u00e9enne et le Centre Carter ont toujours suivi les processus \u00e9lectoraux en RDC, mais pour l\u2019instant, ni l\u2019un, ni l\u2019autre n\u2019ont confirm\u00e9 l\u2019envoi d\u2019une \u00e9quipe d\u2019experts pour suivre ce cycle \u00e9lectoral crucial qui pourrait stabiliser le pays ou au contraire le faire plonger dans un nouveau cycle de violences. Mais parmi les membres du conseil de s\u00e9curit\u00e9, il y a aussi la Russie et la Chine qui soutiennent la position du gouvernement congolais de refuser toute ing\u00e9rence, soulignant que l\u2019important a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fait puisque Joseph Kabila ne se repr\u00e9sente pas\u00a0\u00bb,<\/em>\u00a0note Jason Stearns.<\/p>\n<p><strong><em>Billet<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>Les membres du conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ONU sont en visite \u00e0 Kinshasa du 5 au 7 octobre avec pour objectif d\u2019\u00e9voquer sans froisser la question des \u00e9lections et l\u2019\u00e9pineux probl\u00e8me de la machine \u00e0 voter. A dix\u00a0semaines des \u00e9lections, la Monusco a de plus en plus de mal \u00e0 exister face aux critiques incessantes et aux restrictions impos\u00e9es par le gouvernement.<\/em><\/p>\n<p>Lorsque la Commission nationale \u00e9lectorale ind\u00e9pendante publie son calendrier \u00e9lectoral le 5 novembre 2017, l\u2019assistance logistique du gouvernement et des partenaires figure en bonne place parmi les quinze contraintes l\u00e9gales et financi\u00e8res qu\u2019il faudra remplir pour tenir les \u00e9lections le 23 d\u00e9cembre 2018. A l\u2019\u00e9poque, la Ceni ne cache que c\u2019est \u00e0 la Monusco que cette demande de soutien a \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e pour transporter les bulletins de vote dans les r\u00e9gions les plus recul\u00e9s du pays. M\u00eame si le pr\u00e9sident de la Ceni, Corneille Nangaa, promeut d\u00e9j\u00e0 la \u00ab\u00a0machine \u00e0 voter\u00a0\u00bb au grand dam de l\u2019opposition et de la soci\u00e9t\u00e9 civile, le calendrier \u00e9lectoral, lui, ne parle que de bulletins. C\u2019est donc sur cette base que la Monusco demande \u00e0 New York un appui suppl\u00e9mentaire, alors que les Etats-Unis, principal bailleur de l\u2019ONU, exige du d\u00e9partement des op\u00e9rations de maintien de la paix de l\u2019ONU qu\u2019il r\u00e9duise son budget et celui de sa Mission au Congo.<\/p>\n<p>Quelques semaines plus tard, pour sa premi\u00e8re conf\u00e9rence de presse \u00e0 Kinshasa depuis 6 ans, Joseph Kabila s\u2019en prend violemment \u00e0 la mission onusienne, accus\u00e9e de chercher \u00e0 co-g\u00e9rer le pays, \u00ab\u00a0une mission qui a pour ambition de rester\u00a0\u00bb. Le chef de l\u2019Etat congolais admet qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 promis de financer seul les \u00e9lections de 2011, accuse la Monusco de ne pas avoir l\u2019avoir assist\u00e9 quand malgr\u00e9 toutes les irr\u00e9gularit\u00e9s, la Monusco est rest\u00e9 l\u2019un des principaux soutiens logistiques de la commission \u00e9lectorale. A deux mois du renouvellement du mandat de la mission et moins d\u2019un an des \u00e9lections pr\u00e9vues pour le 23 d\u00e9cembre 2018, le pr\u00e9sident congolais dit vouloir \u00ab\u00a0clarifier\u00a0les relations\u00a0\u00bb, son gouvernement entend n\u00e9gocier un retrait substantiel, pour ne conserver que la brigade d\u2019intervention rapide (FIB) compos\u00e9e de troupes tazaniennes, sud-africaines et malawites.<\/p>\n<p><em>Des demandes de retrait r\u00e9p\u00e9t\u00e9es<\/em><\/p>\n<p>Le gouvernement congolais demande depuis 2010 \u00e0 l\u2019ONU de pr\u00e9parer un plan de retrait pour sa mission de l\u2019ONU au Congo. Mais \u00ab\u00a0ces plans de retrait ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s\u00a0\u00bb, se plaint Joseph Kabila au cours de sa conf\u00e9rence de presse. A la veille du deuxi\u00e8me cycle \u00e9lectoral qu\u2019est connu le pays, un processus entach\u00e9 de tr\u00e8s nombreuses irr\u00e9gularit\u00e9s et jug\u00e9 non-cr\u00e9dible selon l\u2019Union Europ\u00e9enne, le r\u00e9gime \u00e0 Kinshasa d\u00e9nonce d\u00e9j\u00e0 l\u2019ing\u00e9rence de la Monuc, l\u2019anc\u00eatre de la Monusco. Le r\u00e9gime congolais ne retrouve les vertus de la Monusco que lors de la guerre contre les rebelles du M23. Apr\u00e8s la d\u00e9b\u00e2cle commune de Goma en novembre 2012, Fardc et Casques bleus sont trop heureux d\u2019en d\u00e9coudre ensemble avec l\u2019ennemi commun.<\/p>\n<p>Ce r\u00e9pit sera de courte dur\u00e9e. Quand l\u2019ONU r\u00e9clame et planifie des op\u00e9rations conjointes contre les rebelles hutus rwandais des FDLR, Kinshasa nomme deux g\u00e9n\u00e9raux \u00ab\u00a0rouges\u00a0\u00bb \u00e0 la t\u00eate de ces d\u00e9licates op\u00e9rations. L\u2019ONU donne comme ultimatum jusqu\u2019au 13 f\u00e9vrier 2014 et le gouvernement congolais suspend toute coop\u00e9ration. Le bureau conjoint des droits de l\u2019homme de l\u2019ONU qui accuse tous les mois les agents de l\u2019Etat d\u2019\u00eatre responsables de la majorit\u00e9 des violations des droits de l\u2019homme dans le pays, ne peut plus visiter les cachots et d\u00e9nonce r\u00e9guli\u00e8rement des entraves. Les repr\u00e9sentants du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral en RDC se plaignent les uns apr\u00e8s les autres d\u2019avoir des difficult\u00e9s \u00e0 rencontrer le chef de l\u2019Etat congolais et ses proches collaborateurs<\/p>\n<p>En 2015, la Monusco est somm\u00e9 par les membres du conseil de s\u00e9curit\u00e9 d\u2019am\u00e9liorer ses performances sous peine de coupes budg\u00e9taires et pouss\u00e9 \u00e0 reprendre les op\u00e9rations conjointes avec l\u2019arm\u00e9e congolaise, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019actions unilat\u00e9rales qui provoquent l\u2019ire du gouvernement congolais. La mission signe le 28 janvier 2016 un \u00ab\u00a0arrangement \u00a0dont l\u2019objectif affich\u00e9 est de reprendre les op\u00e9rations conjointes contre des groupes arm\u00e9s et \u00e0 terme permettre un \u00ab\u00a0d\u00e9sengagement progressif\u00a0\u00bb de l\u2019ONU au Congo. L\u2019ONU accepte de signer un document qui stipule que \u00ab\u00a0les mesures de confidentialit\u00e9s\u00a0\u00bb ne doivent plus \u00eatre \u00ab\u00a0un frein aux op\u00e9rations appuy\u00e9es par la Monusco\u00a0\u00bb. Ce texte pr\u00e9voit \u00e9galement que \u00ab\u00a0lorsqu\u2019une all\u00e9gation p\u00e8se contre un militaire FARDC\u00a0\u00bb, la mission onusienne n\u2019est autoris\u00e9e \u00e0 en faire \u00e9tat que \u00ab\u00a0sous pli confidentiel\u00a0\u00bb, m\u00eame si le bureau conjoint des nations-unies aux droits de l\u2019homme d\u00e9nonce publiquement tous les mois le nombre de violations commises par les forces de s\u00e9curit\u00e9. Au titre de cet \u00ab\u00a0arrangement technique\u00a0\u00bb, c\u2019est l\u2019arm\u00e9e congolaise qui d\u00e9cide de la forme que doit prendre le soutien de l\u2019ONU et doit \u00eatre mis \u00ab\u00a0en exergue\u00a0\u00bb dans toutes les communications relatives aux op\u00e9rations militaires. Mais parce que Kinshasa a multipli\u00e9 les nominations de \u00ab\u00a0officiers rouges\u00a0\u00bb \u00e0 des postes-clefs, les op\u00e9rations conjointes restent assez rares.<\/p>\n<p><em>Les craintes d\u2019un nouveau report des \u00e9lections<\/em><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les efforts continus d\u2019am\u00e9liorer les relations\u2013\u2013y compris en minimisant les entraves fournies aux op\u00e9rations de la mission\u2013\u2013les relations restent tendues pendant le processus \u00e9lectoral. Le 24 mars 2018, \u00e0 une semaine du renouvellement du mandat de la Monusco, le gouvernement congolais promet de financer seul les \u00e9lections, autrement dit d\u2019assurer seul le soutien logistique aux op\u00e9rations \u00e9lectorales alors que la Commission \u00e9lectoral comptait bien sur celui de la mission onusienne. La Ceni, elle, refuse de collaborer avec le groupe international d\u2019experts \u00e9lectoraux qui entend maintenir le mot \u00ab\u00a0ind\u00e9pendance\u00a0\u00bb dans ses termes de r\u00e9f\u00e9rence. C\u2019\u00e9tait pourtant l\u2019une des d\u00e9cisions prises et accept\u00e9es par le gouvernement congolais, sa commission \u00e9lectorale et les partenaires du Congo, en marge de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations Unies de 2017.<\/p>\n<p>Le 31 mars, les membres du conseil de s\u00e9curit\u00e9 sont parvenus \u00e0 s\u2019entendre sur le fait de donner \u00e0 la Monusco comme priorit\u00e9 l\u2019appui au processus \u00e9lectoral, en lui octroyant en ces p\u00e9riodes de restrictions budg\u00e9taires une rallonge de 80 millions pour financer 24 a\u00e9ronefs, essentiellement des h\u00e9licopt\u00e8res cens\u00e9s permettre de transporter 40% des bulletins ou 50% des machines, selon des sources diplomatiques. L\u2019ONU a \u00e9galement affect\u00e9 pr\u00e8s de 300 experts, informaticiens, logisticiens, juristes, \u00e0 la Ceni. C\u2019est notamment la Division \u00e9lectorale qui d\u00e9pend de la coordinatrice humanitaire et repr\u00e9sentante du PNUD, la Canadienne Kim Bolduc, collabore \u00e9troitement avec la Ceni. L\u2019Onu a d\u00e9cid\u00e9 de recr\u00e9er cette Division qui avait \u00e9t\u00e9 dissoute, quatre ans plus t\u00f4t en 2014. Or les experts mis \u00e0 disposition de la Ceni ne s\u2019occupent que des questions techniques. Ce sont leurs coll\u00e8gues de la Division des affaires politique qui sont cens\u00e9s produire de l\u2019analyse politique, mais eux peinent \u00e0 obtenir des informations de la Ceni.<\/p>\n<p>Le 26 juillet, la repr\u00e9sentante sp\u00e9ciale du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral en RDC informe le conseil de s\u00e9curit\u00e9 que\u00a0<em>\u00ab\u00a0<\/em><em>le premier avion affr\u00e9t\u00e9 par la Monusco devant soutenir le processus \u00e9lectoral s\u2019est vu refuser mercredi l\u2019acc\u00e8s au sol congolais\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Dans l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une gestion responsable des ressources des Nations unies, nous aurons tr\u00e8s bient\u00f4t besoin de clarifications de la part du conseil sur les suites \u00e0 donner\u00a0\u00bb, demande Leila Zerrougui.<\/em><\/p>\n<p>En ao\u00fbt, l\u2019Afrique du sud propose \u00e0 son tour \u00e0 la RDC de soutenir le processus \u00e9lectoral en mettant en disposition des h\u00e9licopt\u00e8res. Cette proposition \u00ab\u00a0africaine\u00a0\u00bb port\u00e9e par la Sadc, la Communaut\u00e9 de d\u00e9veloppement des Etats d\u2019Afrique australe auquel la RDC appartient, est refus\u00e9 par le pr\u00e9sident Joseph Kabila. Le chef de l\u2019Etat congolais qui vient de nommer un dauphin promet toujours de tenir les \u00e9lections \u00e0 la date pr\u00e9vue par les \u00e9lections.<\/p>\n<p>De plus en plus, acteurs politiques et diplomates craignent un nouveau report des \u00e9lections. L\u2019arriv\u00e9e des quelques 100 000 machines \u00e0 voter command\u00e9e par la Ceni a deux mois de retard par rapport aux premiers d\u00e9lais annonc\u00e9s. Sans le soutien de la Monusco et des pays de la r\u00e9gion, l\u2019ONU et l\u2019Union Africaine craignent un nouveau report. En 2011, il avait fallu l\u2019un et l\u2019autre pour \u00e9viter un report des scrutins.<\/p>\n<p><em>Entraves aux d\u00e9ploiements de mat\u00e9riel onusien<\/em><\/p>\n<p>A la veille de la derni\u00e8re Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations Unies, le gouvernement congolais a saisi les \u00e9quipements de nouveaux bataillons de la Monusco, notamment le bataillon indon\u00e9sien dit de \u00ab\u00a0d\u00e9ploiement rapide\u00a0\u00bb et menac\u00e9 de bloquer d\u2019autres importations. Kinshasa justifie cette mesure par un d\u00e9faut de notification et de concertation. Les services de s\u00e9curit\u00e9 congolais disent se d\u00e9fier de certains contingents de casques bleus qui perdent ou m\u00eame qui remettraient leurs armes aux groupes arm\u00e9s. Il s\u2019inqui\u00e8te de l\u2019importation d\u2019armes et de munitions pour les casques bleus \u00ab\u00a0en quantit\u00e9s surestim\u00e9es\u00a0\u00bb alors que la patronne de la Monusco avertissait en juillet dernier le Conseil de S\u00e9curit\u00e9 qu\u2019en raison des coupes budg\u00e9taires et des besoins grandissants, les casques bleus ne pourraient pas intervenir partout, notamment \u00ab\u00a0dans les zones dens\u00e9ment peupl\u00e9es comme les localit\u00e9s recul\u00e9es\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est une pression suppl\u00e9mentaire pour la Monusco. Sa patronne Leila Zerrougui rappelle \u00e9galement au conseil la multiplication des attaques contre le personnel onusien en RDC. Des experts de l\u2019ONU ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s en mars 2017, les casques bleus sont r\u00e9guli\u00e8rement vis\u00e9s comme \u00e0 Semuliki dans le territoire de Beni ou \u00e0 Nyunzu dans la province du Tanganyika. Dans certains, ce sont des groupes arm\u00e9s qui sont accus\u00e9s, dans d\u2019autres, des forces de s\u00e9curit\u00e9 qui sont soup\u00e7onn\u00e9es. L\u2019arriv\u00e9e de contingents sans armes, sans minutions et la menace de voir son circuit logistique entraver par le gouvernement ne fait que fragiliser plus la mission.<\/p>\n<p>A la tribune des Nations Unies \u00e0 New York, Joseph Kabila s\u2019en prend \u00e0 la Monusco comme il le fait \u00e0 Kinshasa. Il parle de r\u00e9sultats op\u00e9rationnels mitig\u00e9s, \u00ab\u00a0r\u00e9it\u00e8re son exigence du d\u00e9but du retrait effectif et substantielle du retrait de cette force multilat\u00e9rale\u00a0\u00bb et d\u00e9nonce \u00ab\u00a0l\u2019ing\u00e9rence caract\u00e9ris\u00e9e de certains Etats\u00a0\u00bb dans le processus \u00e9lectoral ce qui l\u2019aurait conduit \u00e0 prendre cette d\u00e9cision. Le lendemain, le 26 septembre, le pr\u00e9sident Joseph Kabila accepte pour la premi\u00e8re fois depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e de voir en t\u00eate-\u00e0-t\u00eate le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019ONU. A l\u2019issue du huis clos pr\u00e9sidence congolaise communique imm\u00e9diatement. Joseph Kabila a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 sa demande de voir un plan de retrait d\u00e9finitif de la Monusco d\u2019ici au prochain renouvellement de son mandat. Le chef de l\u2019Etat congolais aurait toutefois laiss\u00e9 la porte ouverte \u00e0 autoriser l\u2019ONU \u00e0 apporter un soutien technique au processus \u00e9lectoral. Le m\u00eame message a \u00e9t\u00e9 pass\u00e9 au gouvernement sud-Africain.<\/p>\n<p><em>Un assouplissement de ton<\/em><\/p>\n<p>Selon son porte-parole, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019ONU a f\u00e9licit\u00e9 la RDC pour les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9es dans l\u2019organisation de la pr\u00e9sidentielle, des l\u00e9gislatives et des provinciales, pr\u00e9vues pour le 23 d\u00e9cembre 2018. Mais le communiqu\u00e9 du bureau d\u2019Antonio Guterres ne souligne plus l\u2019importance d\u2019avoir des \u00e9lections cr\u00e9dibles, libres et transparentes. Alors que le gouvernement congolais multiplie les pressions sur la mission de l\u2019ONU en RDC, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral se serait content\u00e9 de r\u00e9affirmer \u00ab\u00a0le plein soutien des Nations Unies \u00e0 la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo dans la r\u00e9alisation\u00a0\u00bb des \u00e9lections dans les d\u00e9lais pr\u00e9vus.<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce contexte que les membres du conseil de s\u00e9curit\u00e9 arrivent \u00e0 Kinshasa pour discuter de la possibilit\u00e9 non seulement pour la Monusco d\u2019apporter un soutien logistique, de plaider pour plus de concertation entre la Ceni et l\u2019opposition sur des questions-clefs comme celle de la machine \u00e0 voter. Mais les membres du conseil de s\u00e9curit\u00e9 sont divis\u00e9s. Les Etats-Unis plaident toujours pour une r\u00e9duction des moyens pour la Monusco, malgr\u00e9 les d\u00e9fis s\u00e9curitaires et de protection des civils qui pourraient se poser \u00e0 l\u2019approche des \u00e9lections d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s contest\u00e9es. Mais Washington est vent debout contre la machine \u00e0 voter.<\/p>\n<p>La Grande-Bretagne n\u2019y est plus hostile, mais plaide comme son alli\u00e9 traditionnel pour la venue de missions d\u2019observation \u00e9lectorale. L\u2019Union europ\u00e9enne et le Centre Carter ont toujours suivi les processus \u00e9lectoraux en RDC, mais pour l\u2019instant, ni l\u2019un, ni l\u2019autre n\u2019ont confirm\u00e9 l\u2019envoi d\u2019une \u00e9quipe d\u2019experts pour suivre ce cycle \u00e9lectoral crucial qui pourrait stabiliser le pays ou au contraire le faire plonger dans un nouveau cycle de violences. Mais parmi les membres du conseil de s\u00e9curit\u00e9, il y a aussi la Russie et la Chine qui soutiennent la position du gouvernement congolais de refuser toute ing\u00e9rence, soulignant que l\u2019important a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fait puisque Joseph Kabila ne se repr\u00e9sente pas.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"field field--name-field-categorie field--type-entity-reference field--label-above\">\n<div class=\"field--label\">Cat\u00e9gorie<\/div>\n<div class=\"field--item\"><a href=\"https:\/\/actualite.cd\/category\/opinion\" hreflang=\"fr\">Opinion<\/a><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/article>\n<section id=\"block-addtoanybuttons-2\" class=\"col-md-12 block block-addtoany block-addtoany-block clearfix\"><\/section>\n<\/div>\n<\/section>\n<div style=\"text-align:center\" class=\"wps-pgfw-pdf-generate-icon__wrapper-frontend\">\n\t\t<a href=\"https:\/\/congokin.blog?action=genpdf&amp;id=3449\" class=\"pgfw-single-pdf-download-button\" ><img src=\"https:\/\/congokin.blog\/wp-content\/plugins\/pdf-generator-for-wp\/admin\/src\/images\/PDF_Tray.svg\" title=\"G\u00e9n\u00e9rer un PDF\" style=\"width:auto; height:45px;\"><\/a>\n\t\t<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RDC\u00a0: C\u2019est un conseil de s\u00e9curit\u00e9 divis\u00e9 qui s\u00e9journe \u00e0 Kinshasa en mission quasi-impossible (Jason Stearns) Samedi 6 octobre 2018 &#8211; 07:20 Photo ACTUALITE.CD Le chercheur am\u00e9ricain Jason Stearns a analys\u00e9 le contexte de l\u2019arriv\u00e9e des membres du conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ONU en RDC. 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