{"id":4075,"date":"2018-12-12T16:55:13","date_gmt":"2018-12-12T16:55:13","guid":{"rendered":"https:\/\/congokin.media\/?p=4075"},"modified":"2018-12-12T16:55:13","modified_gmt":"2018-12-12T16:55:13","slug":"rdc-quel-bilan-economique-pour-kabila","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/congokin.blog\/?p=4075","title":{"rendered":"RDC : quel bilan \u00e9conomique\u00a0pour Kabila\u00a0?"},"content":{"rendered":"<div class=\"art-header\">\n<h1 class=\"js-no-orphans\">RDC : quel bilan \u00e9conomique\u00a0<span class=\"css-nowrap\">pour Kabila\u00a0?<\/span><\/h1>\n<div><span class=\"art-reserved__date\">12 d\u00e9cembre 2018 \u00e0 07h55\u00a0<\/span><span class=\"art-reserved__author-bloc\"><span class=\"pipe-separator\">|<\/span>\u00a0<span class=\"art-header-author\">Par\u00a0<a title=\"Articles par\n                                    Olivier Caslin                                    \" href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/auteurs\/o.caslin\/\" rel=\"author\">Olivier Caslin<\/a><\/span><\/span><\/div>\n<p><time class=\"art-date\" datetime=\"2018-12-12T06:55:22Z\"><span class=\"art-reserved__date-update\">Mis \u00e0 jour le\u00a012 d\u00e9cembre 2018 \u00e0 11h50<\/span><\/time><\/div>\n<div id=\"content\" class=\"col-sm-8\">\n<article id=\"post-679413\" class=\"art-content\">\n<figure class=\"thumbnail art-thumbnail-lead\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2018\/12\/07\/29781hr_-592x296.jpg\" \/><\/figure>\n<div class=\"art-text\">\n<p class=\"lead\">Alors que le chef de l\u2019\u00c9tat s\u2019appr\u00eate \u00e0 laisser sa place, l\u2019incertitude politique inqui\u00e8te le secteur priv\u00e9. Pourtant, depuis deux ans, l\u2019\u00e9conomie, dans le sillage des mines, s\u2019est refait une sant\u00e9. R\u00e9formes et projets en cours pourraient conforter la tendance, \u00e0 condition qu\u2019ils aboutissent.<\/p>\n<aside class=\"read-also-block read-also-block-dossier tracking-click-evt-ga\" data-category=\"Corps Article\" data-label=\"A lire aussi left\">\n<header class=\"read-also-heading\"><\/header>\n<\/aside>\n<p>L\u2019\u00e9conomie ne passionne apparemment pas les foules en RDC. Pourtant directement concern\u00e9s, les 66\u00a0% de la population qui vivent avec moins de deux dollars par jour ont en effet d\u2019autres priorit\u00e9s. Plus surprenant, les centaines de candidats en lice pour les diff\u00e9rentes \u00e9lections organis\u00e9es le 23\u00a0d\u00e9cembre \u2013 pr\u00e9sidentielle, l\u00e9gislatives et provinciales \u2013 ne semblent pas y pr\u00eater plus d\u2019attention, en dehors de quelques vagues promesses noy\u00e9es dans les professions de foi ou d\u2019immenses slogans placard\u00e9s le long du boulevard Lumumba, aux formules aussi creuses qu\u2019incompr\u00e9hensibles pour les 60\u00a0% d\u2019analphab\u00e8tes que compte le pays.<\/p>\n<p>Pas de plan de d\u00e9veloppement annonc\u00e9 ni la moindre critique \u00e9nonc\u00e9e par les opposants qui d\u00e9noncerait un pouvoir pr\u00e9dateur incarn\u00e9 par le clan Kabila,<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/mag\/675253\/politique\/rdc-ramazani-shadary-lhomme-du-president\/\">\u00a0dont le successeur d\u00e9sign\u00e9, Emmanuel Ramazani Shadary<\/a>, fait bien s\u00fbr partie des favoris du scrutin. Comme si cette \u00e9conomie ouverte aux quatre vents de la mondialisation par sa surdollarisation refusait d\u2019ouvrir le d\u00e9bat.<\/p>\n<blockquote><p>\u00a0LES INVESTISSEURS QUI VIENNENT TRAVAILLER ICI CONNAISSENT LE CONTEXTE. ILS FONT AVEC OU VONT VOIR AILLEURS<\/p><\/blockquote>\n<p>Pourtant, des bailleurs de fonds aux chefs d\u2019entreprise, en passant par les experts des agences de notation ou de d\u00e9veloppement, tous insistent sur la mainmise du champ politique sur le secteur \u00e9conomique. La Banque mondiale parle \u00ab\u00a0d\u2019accaparement\u00a0\u00bb au profit de quelques-uns, avec pour seul effet\u00a0<a href=\"https:\/\/www.google.com\/url?q=https:\/\/www.jeuneafrique.com\/mag\/611028\/politique\/operation-mains-propres-au-congo-des-ministres-et-anciens-ministres-dans-le-viseur\/&amp;sa=U&amp;ved=0ahUKEwifw_Ts6pXfAhVEOZAKHS-VDrYQFggXMAY&amp;client=internal-uds-cse&amp;cx=002127865952105224367:pprt70fzvjq&amp;usg=AOvVaw3mKQ4PO1rQu_bZ79aecqdu\">la corruption \u00e0 tous les niveaux de l\u2019administration<\/a>. Mais ce n\u2019est pas un sujet en RDC. \u00ab\u00a0Les investisseurs qui viennent travailler ici connaissent le contexte. Ils font avec ou vont voir ailleurs\u00a0\u00bb, explique l\u2019un des cimentiers les plus importants de la place.<\/p>\n<h2>Phase de calme<\/h2>\n<p>Et puis, contrairement \u00e0 ses voisins de la Cemac, plomb\u00e9s par leur dette publique, les finances de la RDC sont plut\u00f4t bien tenues ces derniers temps (avec une dette repr\u00e9sentant 20,7\u00a0% du PIB)\u00a0<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/664563\/economie\/republique-du-congo-toujours-pas-daccord-avec-le-fmi\/\">et ce, sans aucun soutien du FMI depuis 2012.<\/a><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-684290\" src=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2018\/12\/11\/ja3022_p49.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" srcset=\"\/medias\/2018\/12\/11\/ja3022_p49.jpg 600w, \/medias\/2018\/12\/11\/ja3022_p49-300x148.jpg 300w, \/medias\/2018\/12\/11\/ja3022_p49-120x60.jpg 120w, \/medias\/2018\/12\/11\/ja3022_p49-176x88.jpg 176w\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"295\" \/><\/p>\n<p>Enfin, comme le rappellent les experts de Rawbank, \u00ab\u00a0il n\u2019y a rien de pire pour une \u00e9conomie que l\u2019instabilit\u00e9 politique\u00a0\u00bb. Et force est de reconna\u00eetre qu\u2019apr\u00e8s les crises \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition qui ont jalonn\u00e9 l\u2019histoire du pays depuis son ind\u00e9pendance la p\u00e9riode de glissement \u00e9lectoral, inaugur\u00e9e \u00e0 la fin de 2016 par Joseph Kabila, appara\u00eet r\u00e9trospectivement comme une phase de calme, propice aux affaires. \u00ab\u00a0Il a beaucoup \u00e9t\u00e9 sous-estim\u00e9, mais, depuis l\u2019accord de Sun City en 2002, le pr\u00e9sident a largement contribu\u00e9 \u00e0 remettre les fondamentaux en place\u00a0\u00bb, constate le repr\u00e9sentant local de l\u2019un des plus grands cabinets d\u2019audit de la plan\u00e8te.<\/p>\n<p>Le chef de l\u2019\u00c9tat et son dernier gouvernement ont aussi eu de la chance ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es. \u00ab\u00a0Le pays l\u2019a \u00e9chapp\u00e9 belle\u00a0\u00bb, confirme Henry Wazne, directeur g\u00e9n\u00e9ral de Sofibanque. La remont\u00e9e spectaculaire des cours du cuivre (+\u00a038,73\u00a0% en trois ans) et du cobalt (+\u00a0124\u00a0%) \u2013\u00a0<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/mag\/613978\/economie\/rdc-tres-strategique-cobalt\/\">la RD Congo d\u00e9tient \u00e0 elle seule 70\u00a0% des r\u00e9serves mondiales de ce dernier minerai<\/a>\u00a0\u2013 a en effet redonn\u00e9 un peu de souffle \u00e0 une \u00e9conomie qui risquait alors l\u2019asphyxie.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les flux financiers sont de retour, l\u2019inflation reste volatile mais semble contr\u00f4l\u00e9e, la Banque centrale a pu se reconstituer des r\u00e9serves de change, et la parit\u00e9 avec le dollar s\u2019est enfin stabilis\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00e9num\u00e8re Yves Cuypers, le pr\u00e9sident de l\u2019Association congolaise des banques (ACB). Apr\u00e8s avoir connu son taux le plus bas depuis quinze ans en 2016, \u00e0 2,4\u00a0%, la croissance a invers\u00e9 la tendance d\u00e8s l\u2019ann\u00e9e suivante pour se maintenir autour de 3,8\u00a0% aujourd\u2019hui.<\/p>\n<h3>Un secteur minier toujours central<\/h3>\n<p>Les pr\u00e9visions du FMI tablent m\u00eame sur plus de 4\u00a0% d\u00e8s 2019, m\u00eame si le processus \u00e9lectoral en cours p\u00e8se lourdement sur le budget national, emp\u00eachant tout investissement public depuis de longs mois, et si les incertitudes, li\u00e9es \u00e0 l\u2019organisation m\u00eame des scrutins dans les d\u00e9lais pr\u00e9vus, provoquent une inqui\u00e9tude certaine chez les investisseurs, nationaux comme internationaux.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, cette orientation positive reste tr\u00e8s inf\u00e9rieure au taux de croissance de 7,5\u00a0% enregistr\u00e9 en moyenne par la RDC entre\u00a02010 et\u00a02015, et qui a culmin\u00e9 \u00e0 9,5\u00a0% en 2014, mais le pays b\u00e9n\u00e9ficiait \u00e0 cette \u00e9poque d\u2019un heureux concours de circonstances \u2013 flux d\u2019aide ext\u00e9rieure massifs et supercycle des mati\u00e8res premi\u00e8res \u2013 sur lequel il doit apprendre \u00e0 ne plus compter, tout en esp\u00e9rant conna\u00eetre \u00e0 nouveau une \u00e8re de politique \u00e9conomique fond\u00e9e sur la r\u00e9forme et la bonne gouvernance, telle que constat\u00e9e de l\u2019avis g\u00e9n\u00e9ral sous les deux gouvernements Matata Ponyo Mapon.<\/p>\n<p>Pour \u00e9viter que la RDC ne retombe dans ses travers, \u00ab\u00a0il convient de d\u00e9corr\u00e9ler l\u2019\u00e9conomie de la production mini\u00e8re\u00a0\u00bb, affirme C\u00e9lestin Muntuabu, directeur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Equity Bank. Le secteur extractif contribue pourtant peu \u2013 20\u00a0% du budget de l\u2019\u00c9tat, quelques milliers d\u2019emplois\u00a0\u2013 au regard de son inestimable potentiel, mais son influence se fait sentir dans chaque strate de l\u2019\u00e9conomie nationale, parfois m\u00eame de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e. Pour r\u00e9\u00e9quilibrer les comptes, l\u2019heure est donc \u00e0 la valorisation de ces minerais, notamment le cuivre et le cobalt, d\u00e9sormais class\u00e9s strat\u00e9giques par la RDC pour \u00e9viter tout caract\u00e8re sp\u00e9culatif.<\/p>\n<h4>Des minerais destin\u00e9s \u00e0 80 % \u00e0 la Chine<\/h4>\n<p>\u00ab\u00a0Le code minier de 2002 avait pour objectif d\u2019attirer les compagnies mini\u00e8res \u00e0 venir travailler au Congo.\u00a0<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/mag\/535388\/economie\/mines-le-nouveau-code-minier-inquiete-la-filiere-congolaise\/\">Celui de 2018<\/a>\u00a0vise d\u2019assurer au pays des retomb\u00e9es financi\u00e8res significatives\u00a0\u00bb, explique Mabolia Yenga, coordinateur congolais au sein de l\u2019organisme Promines, cr\u00e9\u00e9 avec la Banque mondiale en 2009, pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cet effet. Le champ d\u2019action est aussi vaste que l\u2019est la veine g\u00e9ologique du pays, identifi\u00e9e aujourd\u2019hui \u00e0 hauteur seulement de 17\u00a0%.<\/p>\n<p>\u00ab<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/17721\/economie\/les-belges-au-congo-prosp-res-dynasties-d-affaires\/\">\u00a0Le mod\u00e8le n\u2019a pas chang\u00e9 depuis la colonisation<\/a>. Ceux qui sont venus se sont concentr\u00e9s sur des projets d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9s par la G\u00e9camines. Peu de nouveaux gisements de taille internationale, en dehors de Kibali Gold ou de Kamoa-Kakula, ont vu le jour. Le minerai est toujours export\u00e9 sans subir la moindre transformation et rapporte donc toujours aussi peu au pays. Seule diff\u00e9rence, il ne part plus en Europe par l\u2019interm\u00e9diaire de Matadi, mais \u00e0 80\u00a0% vers la Chine, en sortant par la Zambie et l\u2019Afrique du Sud\u00a0\u00bb, s\u2019agace l\u2019expert.<\/p>\n<p>Les miniers se sont vite crisp\u00e9s\u00a0<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/mag\/535388\/economie\/mines-le-nouveau-code-minier-inquiete-la-filiere-congolaise\/\">face \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de ces nouvelles r\u00e8gles du jeu<\/a>, notamment celle, r\u00e9volutionnaire, instituant un partage des productions, tel qu\u2019appliqu\u00e9 dans les hydrocarbures. Une tr\u00eave dans les n\u00e9gociations a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e durant la p\u00e9riode \u00e9lectorale, \u00ab\u00a0mais tout sera en place dans six mois, veut croire Albert Yuma, le pr\u00e9sident de la G\u00e9camines. Les compagnies mini\u00e8res r\u00e9sistent encore, mais je doute qu\u2019elles d\u00e9cident de quitter le pays\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-528956 size-format-2:1-592x296\" src=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2018\/02\/08\/ja15032518310059-592x296.jpg\" alt=\"\" width=\"592\" height=\"296\" \/><\/p>\n<p><strong>Contenu local<\/strong><\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 nationale vient d\u2019ailleurs de signer son premier partenariat du genre avec une filiale du groupe chinois Putailai, lui permettant de retrouver au passage son \u00e9tiquette d\u2019op\u00e9rateur minier. Pour compl\u00e9ter ce code et renforcer la transformation locale, les autorit\u00e9s ont promulgu\u00e9 une loi sur la sous-traitance au d\u00e9but de 2017.<\/p>\n<p>Destin\u00e9 \u00e0 donner plus d\u2019espace aux Congolais dans un secteur peu inclusif, ce texte leur r\u00e9serve, dans un premier temps, 40\u00a0% des emplois. \u00ab\u00a0Cela va favoriser l\u2019arriv\u00e9e d\u2019entreprises locales dans les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement et dans les services comme le\u00a0<em>catering<\/em>\u00a0\u00bb, pr\u00e9dit Baraka Kabemba, associ\u00e9 chez EY.<\/p>\n<p>Avant de contribuer \u00e0 relancer un appareil industriel r\u00e9duit en miettes au lendemain des pillages de\u00a01991 et\u00a01993, voire de lancer cette diversification tant attendue par tous les acteurs \u00e9conomiques du pays, le jour o\u00f9 le local content sera g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 \u00e0 toutes les branches. \u00ab\u00a0Il n\u2019y a aucune raison pour que le pays ne puisse pas, \u00e0 terme, produire des bobines de fils de cuivre\u00a0\u00bb, r\u00e9sume Mabolia Yenga.<\/p>\n<p>Il n\u2019y en a pas davantage lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire de ses populations. \u00ab\u00a0Seuls 10\u00a0% de nos 80\u00a0millions d\u2019hectares de terres arables sont aujourd\u2019hui utilis\u00e9s. Il faut d\u00e9velopper l\u2019agriculture, puis l\u2019agro-industrie. C\u2019est le deuxi\u00e8me grand levier de croissance \u00e0 actionner, d\u00e9clare Ambroise Tshiyoyo, pr\u00e9sident de la Chambre de commerce et d\u2019industrie franco-congolaise. En plus de rapporter d\u2019importantes recettes commerciales, cela permettrait de \u201cformaliser\u201d une partie des 80\u00a0% de Congolais aujourd\u2019hui dans l\u2019informel.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Avantage comparatif<\/strong><\/p>\n<p>Des initiatives existent d\u00e9j\u00e0 en la mati\u00e8re,\u00a0<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/mag\/551066\/economie\/huile-de-palme-feronia-au-bout-du-tunnel-en-rdc\/\">comme avec Feronia,<\/a>groupe dans lequel l\u2019homme d\u2019affaires congolais Kalaa Mpinga a investi en 2017 et qui a repris les participations d\u2019Unilever pour produire de l\u2019huile de palme.<\/p>\n<p>Pour administrer le rem\u00e8de \u00e0 un pays grand comme trois fois et demie la France, l\u2019\u00c9tat congolais a trois \u00adpr\u00e9alables \u00e0 remplir\u2009: \u00ab\u00a0Construire des infrastructures dans les transports et l\u2019\u00e9nergie, former la ressource humaine et mettre en place un cadre juridique et judiciaire susceptible de redonner confiance aux investisseurs\u00a0\u00bb, recense Henry Wazne.<\/p>\n<p>Dans les infrastructures, si tout, ou presque, reste \u00e0 faire en mati\u00e8re de liaisons terrestres, fluviales et a\u00e9riennes, et alors que DP\u00a0World se noie dans les eaux troubles du projet portuaire de Banana, la RDC poss\u00e8de \u00ab\u00a0un v\u00e9ritable avantage comparatif avec Inga III\u00a0\u00bb, selon Al Kitenge, l\u2019un des \u00e9conomistes congolais les plus respect\u00e9s du pays.<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/647195\/economie\/barrage-inga-iii-la-rdc-signe-un-accord-exclusif-avec-deux-groupes-chinois-et-espagnol\/\">\u00a0Le projet ne cesse de rebondir depuis trente ans,<\/a>\u00a0mais la future \u00ab\u00a0centrale hydro\u00e9lectrique la plus grande de la plan\u00e8te\u00a0\u00bb pourra disposer d\u2019une capacit\u00e9 de production \u00e9lectrique de 5\u2009000\u00a0\u00e0 11\u2009000 MW, \u00e0 l\u2019horizon 2025.<\/p>\n<p>Largement suffisante pour alimenter le pays (qui ne dispose actuellement que d\u2019une capacit\u00e9 install\u00e9e de 2\u2009500\u00a0MW) et m\u00eame une bonne partie du continent \u2013\u00a0Nigeria et Afrique du Sud en t\u00eate\u00a0\u2013, pr\u00eate \u00e0 mettre le prix pour acc\u00e9der un jour \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 congolaise.<\/p>\n<p><strong>Le d\u00e9fi de la formation<\/strong><\/p>\n<p>La formation d\u2019une main-d\u2019\u0153uvre qualifi\u00e9e rel\u00e8ve davantage du d\u00e9fi aujourd\u2019hui pour le pays, vu l\u2019\u00e9tat de son syst\u00e8me d\u2019\u00e9ducation. \u00ab\u00a0Les bases se remettent en place dans le primaire, mais il faudra dix ans pour que sorte la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration\u00a0\u00bb, calcule Al\u00a0Kitenge. D\u2019ici l\u00e0, le pays peut compter sur sa diaspora form\u00e9e en Occident ou en Chine et sur les centres mis en place par les op\u00e9rateurs de t\u00e9l\u00e9phonie (Orange, Vodacom) et plus r\u00e9cemment par certaines banques pour d\u00e9velopper les comp\u00e9tences de leurs employ\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais la priorit\u00e9 du gouvernement, s\u2019il veut vraiment relancer son \u00e9conomie, consiste \u00e0 mettre tout en \u0153uvre pour aider le secteur priv\u00e9 local et attirer l\u2019investissement international. \u00ab\u00a0Depuis deux ans, les IDE sont en chute libre, et les investisseurs attendent de voir ce qu\u2019il va se passer\u00a0\u00bb, confirme C\u00e9lestin Muntuabu. Pour les motiver, les pouvoirs publics vont devoir enclencher de nouvelles r\u00e9formes, en compl\u00e9ment des avanc\u00e9es d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9es, comme l\u2019adh\u00e9sion au trait\u00e9 de l\u2019Ohada (Organisation pour l\u2019harmonisation en Afrique du droit des affaires) en 2013.En plus de s\u2019attaquer \u00e0 une administration pl\u00e9thorique et inefficace, les futurs responsables de l\u2019\u00e9conomie du pays vont devoir s\u2019attacher \u00e0 s\u00e9curiser l\u2019investissement, en prot\u00e9geant la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e et surtout en simplifiant la fiscalit\u00e9, \u00ab\u00a0utilis\u00e9e ici comme une arme de destruction massive\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne un homme d\u2019affaires.<\/p>\n<p><strong>Des banques prudentes<\/strong><\/p>\n<p>Pour r\u00e9ussir leur mission, Ils devront \u00eatre un peu mieux soutenus par un secteur bancaire qui a vite atteint ses limites, malgr\u00e9 la lib\u00e9ralisation du secteur en 2002. Les acteurs se sont bien multipli\u00e9s, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des banques panafricaines (Ecobank, Standard Bank, United Bank of Africa, BGFI), mais le march\u00e9 reste concentr\u00e9, pour 60\u00a0%, entre les mains des quatre banques \u00ab\u2009familiales\u2009\u00bb (Rawbank, BCDC, Sofibank et TMB).<\/p>\n<p>Et le taux de bancarisation stagne \u00e0 8\u00a0%, limitant les capacit\u00e9s des \u00e9tablissements \u00e0 financer des projets. \u00ab\u00a0Le bilan de l\u2019ensemble de la place est de 5\u00a0milliards de dollars, soit 10\u00a0% du PIB du pays. \u00c0 elle seule, BNP Paribas a un bilan sup\u00e9rieur \u00e0 celui de la France. Les moyens disponibles ne sont donc pas les m\u00eames\u00a0\u00bb, explique Thierry Taeymans, directeur g\u00e9n\u00e9ral de Rawbank.<\/p>\n<p>La principale enseigne du pays peut bien avoir inaugur\u00e9 son si\u00e8ge flambant neuf, d\u00e9but d\u00e9cembre \u00e0 Kinshasa, elle m\u00e8ne la m\u00eame politique prudente que ces cons\u0153urs, oblig\u00e9es de piloter \u00e0 vue sur un march\u00e9 o\u00f9 les \u00e9conomies ont encore tendance \u00e0 rester sous les matelas.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La recette est connue, il reste \u00e0 trouver le gouvernement qui voudra l\u2019appliquer\u00a0\u00bb, d\u00e9clare le repr\u00e9sentant local d\u2019une grande institution internationale. En esp\u00e9rant qu\u2019il suive d\u00e9j\u00e0 les textes existants, \u00e0 commencer par la loi de d\u00e9centralisation, telle que mentionn\u00e9e dans la constitution issue de l\u2019accord de Sun City et dont seul le remembrement des provinces, pass\u00e9es de 11 \u00e0 26 en 2015, a pour l\u2019instant \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9.<\/p>\n<h4>Une fiscalit\u00e9 parall\u00e8le contre-productive<\/h4>\n<p>\u00ab\u00a0Il est pr\u00e9vu que l\u2019administration de Kinshasa collecte les revenus des provinces pour leur en redistribuer 40\u00a0%. Mais comme elle ne le fait pas, les autorit\u00e9s provinciales n\u2019ont d\u2019autres moyens que de mettre en place une fiscalit\u00e9 parall\u00e8le, aux effets contre-productifs pour le secteur priv\u00e9\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise Al\u00a0Kitenge. Les blocages de la capitale emp\u00eachent surtout une redistribution des richesses sur l\u2019ensemble du territoire et pour la totalit\u00e9 des 80\u00a0millions de Congolais. \u00ab\u00a0Toute l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique formelle est concentr\u00e9e sur trois points\u2009: l\u2019ex-Katanga pour les mines, le Kongo-Central et son port, Kinshasa et ses administrations. Il faut que cela change\u00a0\u00bb, persiste l\u2019\u00e9conomiste, qui soul\u00e8ve la question d\u2019un f\u00e9d\u00e9ralisme \u00ab\u00a0b\u00e2ti autour d\u2019un r\u00e9seau d\u2019infrastructures planifi\u00e9 et coh\u00e9rent qui permettrait \u00e0 chacun de capitaliser sur ses atouts \u00e9conomiques\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Quel que soit le vainqueur dans les prochaines semaines, il n\u2019aura pas d\u2019autre choix que de trouver des solutions p\u00e9rennes qui r\u00e9pondront aussi \u00e0 la formidable pouss\u00e9e d\u00e9mographique du pays, lequel pourrait abriter une population de 150\u00a0millions de personnes en 2050. Ne serait-ce que pour permettre \u00e0 l\u2019ensemble des Congolais de tirer aussi avantage de leur sous-sol, dont la valeur a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9e \u00e0 plus de 24\u2009000\u00a0milliards\u00a0de\u00a0dollars.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-683711 size-full\" src=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2018\/12\/10\/bilan.png\" sizes=\"auto, (max-width: 491px) 100vw, 491px\" srcset=\"\/medias\/2018\/12\/10\/bilan.png 491w, \/medias\/2018\/12\/10\/bilan-150x150.png 150w, \/medias\/2018\/12\/10\/bilan-300x300.png 300w, \/medias\/2018\/12\/10\/bilan-200x200.png 200w, \/medias\/2018\/12\/10\/bilan-48x48.png 48w, \/medias\/2018\/12\/10\/bilan-100x100.png 100w\" alt=\"\" width=\"491\" height=\"490\" \/><\/p>\n<hr \/>\n<h2>Des revenus miniers en hausse<\/h2>\n<p>Sur les neuf premiers mois de 2018, le pays a vu ses revenus miniers augmenter de 147,4\u00a0% par rapport \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode l\u2019an dernier, pour s\u2019\u00e9tablir \u00e0 1,21\u00a0milliard de dollars. Une satisfaction pour le gouvernement, qui s\u2019emploie \u00e0 r\u00e9viser ses accords avec les groupes extractifs.<\/p>\n<\/div>\n<\/article>\n<\/div>\n<div style=\"text-align:center\" class=\"wps-pgfw-pdf-generate-icon__wrapper-frontend\">\n\t\t<a href=\"https:\/\/congokin.blog?action=genpdf&amp;id=4075\" class=\"pgfw-single-pdf-download-button\" ><img src=\"https:\/\/congokin.blog\/wp-content\/plugins\/pdf-generator-for-wp\/admin\/src\/images\/PDF_Tray.svg\" title=\"G\u00e9n\u00e9rer un PDF\" style=\"width:auto; height:45px;\"><\/a>\n\t\t<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RDC : quel bilan \u00e9conomique\u00a0pour Kabila\u00a0? 12 d\u00e9cembre 2018 \u00e0 07h55\u00a0|\u00a0Par\u00a0Olivier Caslin Mis \u00e0 jour le\u00a012 d\u00e9cembre 2018 \u00e0 11h50 Alors que le chef de l\u2019\u00c9tat s\u2019appr\u00eate \u00e0 laisser sa place, l\u2019incertitude politique inqui\u00e8te le secteur priv\u00e9. Pourtant, depuis deux ans, l\u2019\u00e9conomie, dans le sillage des mines, s\u2019est refait une sant\u00e9. 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