{"id":6191,"date":"2021-12-13T14:24:09","date_gmt":"2021-12-13T14:24:09","guid":{"rendered":"https:\/\/congokin.blog\/?p=6191"},"modified":"2021-12-13T14:24:09","modified_gmt":"2021-12-13T14:24:09","slug":"rdc-belgique-des-restitutions-doeuvres-dart-mais-pas-tout-de-suite-j-a","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/congokin.blog\/?p=6191","title":{"rendered":"RDC-Belgique : des restitutions d\u2019\u0153uvres d\u2019art, mais pas tout de suite (J.A.)"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"wp-block-heading\">RDC-Belgique : des restitutions d\u2019\u0153uvres d\u2019art, mais pas tout de suite<\/h1>\n\n\n\n<p>11 d\u00e9cembre 2021 \u00e0 10:52Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/auteurs\/m.toulemonde\/\">Marie Toulemonde<\/a>&nbsp;&#8211; Envoy\u00e9e sp\u00e9ciale \u00e0 KinshasaMis \u00e0 jour le 13 d\u00e9cembre 2021 \u00e0 09:24<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2021\/12\/06\/img_0400-1-scaled-592x296-1639146832.jpeg\" alt=\"\"\/><figcaption>Dans la salle de restauration du mus\u00e9e de la r\u00e9serve du mont NGaliema, \u00e0 Kinshasa. \u00a9 Marie Toulemonde<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>En visite \u00e0 Kinshasa fin novembre, le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat belge, Thomas Dermine, a pr\u00e9sent\u00e9 un ambitieux projet autour du patrimoine pill\u00e9 durant la p\u00e9riode coloniale. Qu\u2019en pensent la classe politique et les citoyens congolais ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Rien n\u2019est plus puissant qu\u2019une id\u00e9e dont l\u2019heure est venue, et je pense que l\u2019heure de la restitution d\u2019objets spoli\u00e9s au Congo est venue.&nbsp;\u00bb C\u2019est avec un ton solennel, et en empruntant les mots de Victor Hugo, que Thomas Dermine entame son discours, en ce 24 novembre 2021, dans la salle de r\u00e9ception du flambant neuf mus\u00e9e national de la R\u00e9publique du Congo (MNRDC), \u00e0 Kinshasa.<\/p>\n\n\n\n<p>Le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat belge, charg\u00e9 du br\u00fblant dossier des \u0153uvres d\u2019arts pill\u00e9es durant la colonisation, a fait le d\u00e9placement pour pr\u00e9senter aux Congolais l\u2019approche esquiss\u00e9e par la Belgique, afin de d\u00e9cider du sort des quelques 109 000 artefacts conserv\u00e9s aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019Africa Museum de Tervuren. Le projet, qui devrait \u00eatre vot\u00e9 dans les semaines \u00e0 venir au Parlement belge, doit jeter les bases d\u2019une coop\u00e9ration bilat\u00e9rale autour de la question de leur h\u00e9ritage commun.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9marche avant-gardiste ?<\/h2>\n\n\n\n<p>R\u00e9unis devant lui, une quarantaine de chercheurs et autorit\u00e9s politiques congolaises, dont le pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale Christophe Mbosso et celui du S\u00e9nat Modeste Bahati Lukwebo, mais aussi des repr\u00e9sentants religieux et royaux. Tous \u00e9coutent attentivement : le moment est hautement symbolique. Ce projet de restitution du patrimoine culturel congolais est une \u00e9tape n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9conciliation des deux peuples li\u00e9s par un pass\u00e9 \u00ab&nbsp;trouble&nbsp;\u00bb et douloureux. La Belgique vient de franchir une \u00e9tape avec la publication, au d\u00e9but du mois, d\u2019un rapport d\u2019historiens, command\u00e9 par le Parlement, qui d\u00e9taille au cours de 700 pages \u00ab&nbsp;la brutalit\u00e9&nbsp;\u00bb du r\u00e9gime colonial qui a fait quelque dix millions de morts.\u00c0 LIRE<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1253734\/politique\/restitutions-quand-leurope-tarde-a-lacher-son-butin\/\">Restitutions : quand l\u2019Europe tarde \u00e0 l\u00e2cher son butin<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Alors que les relations de Bruxelles avec Kinshasa se sont d\u00e9grad\u00e9es depuis l\u2019\u00e9lection de F\u00e9lix Tshisekedi, le d\u00e9placement de Thomas Dermine, avec la ministre belge de la Coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement Meryame Kitir, est particuli\u00e8rement strat\u00e9gique. C\u2019est un pas de plus vers la r\u00e9conciliation et la possibilit\u00e9 d\u2019un d\u00e9blocage de fonds.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>LE TEMPS N\u2019EFFACE RIEN. IL \u00c9TAIT DONC TEMPS POUR DES EXCUSES AU PLUS HAUT NIVEAU DE L\u2019\u00c9TAT<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Trentenaire, fra\u00eechement arriv\u00e9 au gouvernement, Thomas Dermine incarne une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration politique d\u00e9complex\u00e9e qui n\u2019a plus peur de regarder avec franchise son histoire. Apr\u00e8s un mea culpa de rigueur : \u00ab&nbsp;Le temps n\u2019efface rien. Au mieux, il recouvre d\u2019un voile des souvenirs \u00e9teints qui se rallument \u00e0 la premi\u00e8re brise. Il \u00e9tait donc temps pour des excuses au plus haut niveau de l\u2019\u00c9tat.&nbsp;\u00bb Ensuite il tranche : \u00ab&nbsp;Les objets acquis par nos anc\u00eatres de fa\u00e7on ill\u00e9gitime ne nous appartiennent pas. Ils ne sont pas \u00e0 nous. Ils appartiennent au peuple congolais. Point final.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes les \u0153uvres acquises de 1885 \u00e0 1960 par la Belgique au Congo seront donc \u00ab&nbsp;a priori restituables&nbsp;\u00bb. Puis, il poursuit en d\u00e9taillant m\u00e9thodiquement les modalit\u00e9s de cette d\u00e9marche \u00e0 port\u00e9e \u00ab&nbsp;holistique&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;avant-gardiste&nbsp;\u00bb au regard d\u2019autres pays europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2021\/12\/06\/img_0596-scaled.jpeg\" alt=\"Thomas Dermine, Placide Mumbengele, Meryame Kitir\"\/><figcaption>Thomas Dermine, Placide Mumbengele, Meryame Kitir \u00a9 Marie Toulemonde<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00c0 en croire les applaudissements de l\u2019audience, le discours a fait mouche. \u00ab&nbsp;Une page est tourn\u00e9e&nbsp;\u00bb, salue Christophe Mbosso. Et la volont\u00e9 de r\u00e9conciliation partag\u00e9e. \u00ab&nbsp;On parle le m\u00eame langage&nbsp;\u00bb, insiste le directeur du mus\u00e9e Henry Bundjoko. Lors de la table ronde qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 le discours et \u00e0 laquelle la ministre de la culture congolaise Catherine Katumbu a particip\u00e9, on parlait m\u00eame de \u00ab&nbsp;r\u00e9volution copernicienne&nbsp;\u00bb. Mais qu\u2019en est-il r\u00e9ellement ? Qu\u2019en pensent la classe politique congolaise et les citoyens ?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Restitution versus reconstitution<\/h3>\n\n\n\n<p>Les contours du projet se sont dessin\u00e9s dans un contexte d\u2019\u00e9bullition en Europe, apr\u00e8s que la France a jet\u00e9 un pav\u00e9 dans la mare avec la publication du rapport&nbsp; Felwine Sarr et B\u00e9n\u00e9dicte Savoy (2018), apr\u00e8s la vague Black Lives Matter et le d\u00e9boulonnage de statues du roi L\u00e9opold II qui en a d\u00e9coul\u00e9. Si Emmanuel Macron vient d\u2019ailleurs de<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1257074\/politique\/restitutions-le-benin-est-heureux-de-marquer-lhistoire-aux-cotes-de-la-france\/\">&nbsp;restituer en grande pompe, au B\u00e9nin, 26 \u0153uvres pill\u00e9es lors de la mise \u00e0 sac des palais du royaume d\u2019Abomey en 1892,&nbsp;<\/a>&nbsp;il ne s\u2019agit surtout pas pour le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat belge de marcher dans les pas du pr\u00e9sident.<\/p>\n\n\n\n<p>De dix ans son cadet, Thomas Dermine met un point d\u2019honneur \u00e0 s\u2019en diff\u00e9rencier. \u00ab&nbsp;Je ne suis pas un cascadeur de la politique, je travaille pour le fond, pas pour cr\u00e9er du spectacle. C\u2019\u00e9tait plus facile de demander \u00e0 Guido Gryseels, directeur de Tervuren, deux masques et une statue symboliques et probl\u00e9matiques \u2013 on sait lesquels en plus \u2013 et de faire deux, trois photos. Mais est-ce-qu\u2019on ne reproduit pas des sch\u00e9mas coloniaux en se donnant bonne conscience avec des actes symboliques ?&nbsp;\u00bb questionne-t-il avec un sourire taquin.\u00c0 LIRE<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/mag\/540940\/culture\/oeuvres-dart-africain-restitution-et-reparation-sont-indissociables\/\">\u0152uvres d\u2019art africain\u2009: restitution et r\u00e9paration sont indissociables<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 la France, donc, la Belgique ne se concentre pas sur une collection sp\u00e9cifique et consid\u00e8re l\u2019ensemble du patrimoine public. L\u2019id\u00e9e est de mettre sur pied, \u00ab&nbsp;d\u2019ici \u00e0 2022&nbsp;\u00bb, une commission mixte, institu\u00e9e par un accord bilat\u00e9ral, compos\u00e9e de mani\u00e8re paritaire d\u2019experts scientifiques belges et congolais. Cette \u00e9quipe sera charg\u00e9e de d\u00e9terminer si les oeuvres, en priorit\u00e9 celles ayant fait l\u2019objet d\u2019une demande de restitution, ont \u00e9t\u00e9 acquises de mani\u00e8re l\u00e9gitime ou ill\u00e9gitime. Dans le second cas, le transfert de propri\u00e9t\u00e9 juridique serait imm\u00e9diat. La question du retour physique de l\u2019objet serait organis\u00e9e dans le temps \u00ab&nbsp;pour s\u2019assurer de sa conservation, pr\u00e9servation et valorisation&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>DERMINE PR\u00c9F\u00c8RE OPTER POUR LE MOT RECONSTITUTION, EMPRUNT\u00c9 EN DERNI\u00c8RE MINUTE AUX CONGOLAIS<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le terme \u00ab&nbsp;restitution&nbsp;\u00bb, choisi par les Fran\u00e7ais, t\u00e9moigne selon le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat d\u2019une forme d\u2019europ\u00e9ocentrisme puisque c\u2019est l\u2019action des Europ\u00e9ens qui est mise en avant. \u00ab&nbsp;Il faut au contraire adopter une position centr\u00e9e sur la perspective du Congo qui est de reconstituer l\u2019identit\u00e9 culturelle d\u2019un peuple, [\u2026] qui a \u00e9t\u00e9 trop longtemps priv\u00e9 de la m\u00e9moire, de la cr\u00e9ativit\u00e9 et de la spiritualit\u00e9 de ses anc\u00eatres.&nbsp;\u00bb Dermine pr\u00e9f\u00e8re opter pour le mot \u00ab&nbsp;reconstitution&nbsp;\u00bb, emprunt\u00e9 en derni\u00e8re minute aux Congolais qui l\u2019avaient employ\u00e9 lors d\u2019un forum d\u00e9di\u00e9. Tout est bon pour se d\u00e9marquer, et tant pis si \u00e7a cafouille c\u00f4t\u00e9 presse flamande car dans leur langue, reconstitution&nbsp;n\u2019a pas r\u00e9ellement de traduction\u2026<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Terme flou et chantier colossal<\/h4>\n\n\n\n<p>Si, pour le ministre, \u00ab&nbsp;il faut se poser la question : l\u2019a-t-on vol\u00e9 ? La r\u00e9ponse c\u2019est oui ou non&nbsp;\u00bb, dans les faits, la r\u00e9alit\u00e9 est plus complexe.<\/p>\n\n\n\n<p>Guido Gryseels, l\u2019embl\u00e9matique directeur de Tervuren depuis 20 ans, cheville ouvri\u00e8re du projet, estime que plus de 900 \u0153uvres \u2013 1 % des collections \u2013&nbsp; sont \u00e9ligibles \u00e0 une restitution imm\u00e9diate, \u00e0 l\u2019image de la statue du chef Ne Kuko, dont on a la preuve qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 acquise de mani\u00e8re ill\u00e9gitime par Alexandre Delcommune lors d\u2019une exp\u00e9dition punitive, fin 1878.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2021\/12\/06\/delco-3-1100x715-1.jpeg\" alt=\"Le marchand belge Alexandre Delcommune a vol\u00e9 la \u00ab\u00a0kitumba\u00a0\u00bb \u00e0 un roi de Boma en 1878\"\/><figcaption>Le marchand belge Alexandre Delcommune a vol\u00e9 la \u00ab&nbsp;kitumba&nbsp;\u00bb \u00e0 un roi de Boma en 1878 \u00a9 RMAC Tervuren<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Pr\u00e8s de 58 %&nbsp;<em>\u2013&nbsp;<\/em>63 000 objets \u2013 resteront \u00e0 priori dans le domaine public belge car acquis \u00ab&nbsp;de mani\u00e8re l\u00e9gitime&nbsp;\u00bb. C\u2019est le cas de la \u00ab&nbsp;grande pirogue&nbsp;\u00bb \u2013 22 m\u00e8tres \u2013 expos\u00e9e \u00e0 Bruxelles depuis 1958, qui fut officiellement un don de l\u2019administration territoriale au roi L\u00e9opold III, en visite au Congo un an plus t\u00f4t. Mais qu\u2019est-ce qu\u2019un don dans un contexte de domination syst\u00e9mique et violente ? Ne faut-il pas sortir des termes juridiques \u2013 trace de transaction \u2013 et pr\u00e9f\u00e9rer une approche morale au cas par cas ?<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>QU\u2019EST-CE QU\u2019UN DON DANS UN CONTEXTE DE DOMINATION SYST\u00c9MIQUE ET VIOLENTE ?<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le plus gros souci concerne les quelques 45 000 objets dont on ignore comment ils ont \u00e9t\u00e9 acquis et comment ils ont transit\u00e9 du Congo \u00e0 Bruxelles, il y a plus d\u2019un si\u00e8cle. Pour ces derniers, et en attendant les \u00e9ventuels r\u00e9sultats de leur analyse de provenance, ils seront conserv\u00e9s dans le domaine public mais rendus \u00ab&nbsp;ali\u00e9nables&nbsp;\u00bb. Le terme est flou et le chantier colossal.\u00c0 LIRE<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/668966\/culture\/culture-ce-quil-faut-retenir-du-rapport-commande-par-macron-sur-la-restitution-du-patrimoine-africain\/\">Culture : ce qu\u2019il faut retenir du rapport command\u00e9 par Macron sur la restitution du patrimoine africain<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>En effet, aujourd\u2019hui seule une personne est employ\u00e9e \u00e0 temps plein pour mener ce travail de recherche, d\u00e9but\u00e9 d\u00e9but juin, \u00e0 Tervuren. Et les financements manquent. Alors apr\u00e8s plusieurs piques de Guido Gryseels \u00e0 ce sujet, le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat qui lui pr\u00eate une oreille attentive, lui promet un budget de 2 millions par an consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019analyse de provenance. Une petite victoire, mais les r\u00e9sultats pourraient n\u00e9cessiter des dizaines d\u2019ann\u00e9es de travail.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Rien ne presse<\/h4>\n\n\n\n<p>Et tant mieux car du c\u00f4t\u00e9 congolais, le temps ne presse pas. Le pr\u00e9sident Tshisekedi l\u2019avait d\u00e9j\u00e0 affirm\u00e9 lors de l\u2019inauguration du MNRDC, deux ans plus t\u00f4t : \u00ab&nbsp;Un jour il faudra bien que notre patrimoine revienne au Congo mais il faut le faire de mani\u00e8re organis\u00e9e et concert\u00e9e. Il ne faut pas le faire pr\u00e9cipitamment.&nbsp;\u00bb M\u00eame son de cloche chez le directeur du mus\u00e9e, Henry Bundjoko, \u00ab&nbsp;On a d\u2019abord besoin d\u2019une reconnaissance, (juridique) ensuite on n\u2019est pas press\u00e9&nbsp;\u00bb, et Christophe Lutundula, le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res : \u00ab&nbsp;Nous avons notre rythme, notre gestion de la d\u00e9marche qui nous oblige \u00e0 travailler dans la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9\u2026 mais avec l\u2019objectif de faire de la d\u00e9marche un \u00e9l\u00e9ment qui contribue au renforcement de nos relations.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2021\/12\/06\/img_0553-scaled.jpg\" alt=\"Le Mus\u00e9e national de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (MNRDC), \u00e0 Kinshasa.\"\/><figcaption>Le Mus\u00e9e national de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (MNRDC), \u00e0 Kinshasa. \u00a9 Marie Toulemonde<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 d\u2019autres pays du continent, comme le B\u00e9nin, le S\u00e9n\u00e9gal ou encore le Tchad, la RDC n\u2019a pas fait de demande officielle de restitution. Et pour cause. Tout le monde est bien conscient que le terrain est mal pr\u00e9par\u00e9 et qu\u2019il faut \u00e0 tout prix \u00e9viter les \u00ab&nbsp;rat\u00e9s&nbsp;\u00bb, comme le rappelait Christophe Lutundula en r\u00e9f\u00e9rence aux \u00ab&nbsp;dons&nbsp;\u00bb d\u2019\u0153uvres effectu\u00e9s sous Patrice Lumumba, qui s\u2019\u00e9taient rapidement \u00e9vapor\u00e9s dans la nature une fois retourn\u00e9s au pays. Les vols, s\u2019ils ont diminu\u00e9, sont encore r\u00e9guliers.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>LES \u0152UVRES DEVRONT \u00caTRE D\u00c9PLAC\u00c9ES MAIS PERSONNE NE SAIT ENCORE O\u00d9, LA R\u00c9SERVE DU NOUVEAU MUS\u00c9E EST D\u00c9J\u00c0 PLEINE<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Si le pr\u00e9sident adopte cette approche prudente, c\u2019est qu\u2019il sait que les capacit\u00e9s d\u2019accueil et de conservation du pays, principal argument pr\u00f4n\u00e9 par les anti-restitutions, sont encore insuffisantes. Aujourd\u2019hui, pr\u00e8s de 33 000 objets des collections publiques congolaises sont entass\u00e9s dans des conditions de conservation inqui\u00e9tantes dans l\u2019ancienne r\u00e9serve priv\u00e9e de Mobutu au mont Ngaliema. Ils vont bient\u00f4t devoir \u00eatre d\u00e9plac\u00e9s mais personne ne sait encore o\u00f9 les conserver car la r\u00e9serve du nouveau mus\u00e9e est d\u00e9j\u00e0 pleine. Aucun budget n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9bloqu\u00e9 \u00e0 ce jour pour en construire une autre.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2021\/12\/06\/img_0398-1-scaled.jpeg\" alt=\"Dans la salle de restauration du mus\u00e9e de la r\u00e9serve du mont NGaliema, \u00e0 Kinshasa.\"\/><figcaption>Dans la salle de restauration du mus\u00e9e de la r\u00e9serve du mont NGaliema, \u00e0 Kinshasa. \u00a9 Marie Toulemonde<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>De mani\u00e8re plus globale, la culture est encore loin d\u2019\u00eatre une priorit\u00e9 au sein du gouvernement qui peine \u00e0 faire rentrer les recettes de l\u2019extraction mini\u00e8re qui se perdent entre les \u00ab&nbsp;crocs-en-jambe&nbsp;\u00bb dans l\u2019administration et la corruption, pour reprendre l\u2019expression de Christophe Mbosso. Pourtant, c\u2019est la culture que F\u00e9lix Tshisekedi a choisi de mettre \u00e0 l\u2019honneur cette ann\u00e9e \u00e0 l\u2019Union africaine. Quelques jours avant l\u2019arriv\u00e9e de la d\u00e9l\u00e9gation belge, il a m\u00eame instaur\u00e9 une commission sur le sujet des restitutions, sans que sa composition ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9voil\u00e9e. Un colloque panafricain vient \u00e9galement de s\u2019achever, dimanche 5 d\u00e9cembre, sur cette th\u00e9matique \u00e0 Kinshasa.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>LA BELGIQUE NE MENTIONNE \u00c0 AUCUN MOMENT UNE AIDE FINANCI\u00c8RE D\u00c9DI\u00c9E AUX MUS\u00c9ES CONGOLAIS<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Dans ces conditions, beaucoup se demandent pourquoi, dans le projet de reconstitution, la Belgique ne mentionne \u00e0 aucun moment une enveloppe d\u2019aide financi\u00e8re pr\u00e9cise, d\u00e9di\u00e9e aux mus\u00e9es congolais pour pr\u00e9parer le retour des \u0153uvres, comme ont pu le faire l\u2019Allemagne avec le Nigeria et la France avec le B\u00e9nin.<\/p>\n\n\n\n<p>Les institutions culturelles fran\u00e7aises, \u00e9l\u00e9ment essentiel de la diplomatie de Paris, sont d\u2019ailleurs bien mieux implant\u00e9es \u00e0 Kinshasa que leur pendant belge. Le nouveau mus\u00e9e national MNRDC, qui a co\u00fbt\u00e9 21 millions de dollars, a lui \u00e9t\u00e9 financ\u00e9 par\u2026 la Cor\u00e9e du Sud. La Chine,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1247562\/economie\/rdc-chine-la-ministre-des-mines-estime-que-le-contrat-du-siecleaf-doit-etre-revu-de-fond-en-comble\/\">en situation de disgr\u00e2ce avec les affaires mini\u00e8res de la Sicomines<\/a>&nbsp;notamment, semble elle aussi faire de la culture un faire-valoir politique. L\u2019ambassadeur Zhu Jing visitait des mus\u00e9es congolais, dimanche 5 d\u00e9cembre.<\/p>\n\n\n\n<p>Seul Tervuren fait r\u00e9ellement office de repr\u00e9sentant belge de la culture au Congo. En effet, l\u2019institution est connue de Kinshasa \u00e0 Lubumbashi, o\u00f9 elle a d\u00e9velopp\u00e9 de multiples programmes de formation. Elle est incarn\u00e9e par la figure de Guido Gryseels, accueilli avec des \u00e9gards de ministre par de nombreux acteurs congolais de la recherche. C\u2019est d\u2019ailleurs avec son complice Placide Mumbengele, le directeur de l\u2019Institut des mus\u00e9es nationaux du Congo (INMC), qu\u2019il met sur pied le projet de \u00ab&nbsp;reconstitution&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Sujet \u00e9litiste<\/h4>\n\n\n\n<p>Mais pour la jeune g\u00e9n\u00e9ration congolaise, le discours belge est loin d\u2019avoir l\u2019\u00e9cho attendu. Comme le t\u00e9moignent, Nizar Saleh et Paul Shemisi, deux cin\u00e9astes locaux qui travaillent dans les quartiers populaires kinois, \u00ab&nbsp;\u00c7a reste un sujet \u00e9litiste. Pour la plupart des gens, il faut d\u2019abord survivre au quotidien.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>CES \u0152UVRES ONT-ELLES R\u00c9ELLEMENT LEUR PLACE DERRI\u00c8RE LA VITRINE D\u2019UN MUS\u00c9E ?<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019Acad\u00e9mie des beaux-arts de Kinshasa, alors que le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat vient juste de sortir de l\u2019atelier de peinture qu\u2019il \u00e9tait venu visiter, un d\u00e9bat s\u2019improvise autour du sujet. Pour Chimbalanga, jeune artiste kinois, l\u2019acte de transfert de propri\u00e9t\u00e9 ne signifie rien : \u00ab&nbsp;Ces \u0153uvres nous appartiennent d\u00e9j\u00e0. Ce n\u2019est pas un papier juridique qui changera quoique ce soit.&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Pour moi le terme devrait \u00eatre r\u00e9paration ou reconstruction&nbsp;\u00bb, poursuit Bahati, qui souhaite que les Belges \u00ab&nbsp;qui ont d\u00fb beaucoup s\u2019enrichir avec ce patrimoine vol\u00e9&nbsp;\u00bb, compensent en b\u00e2tissant des mus\u00e9es et en formant la jeunesse.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2021\/12\/06\/img_1077-scaled.jpg\" alt=\"Pour Chimbalanga, jeune artiste kinois, l\u2019acte de transfert de propri\u00e9t\u00e9 ne signifie rien.\"\/><figcaption>Pour Chimbalanga, jeune artiste kinois, l\u2019acte de transfert de propri\u00e9t\u00e9 ne signifie rien. \u00a9 Marie Toulemonde<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>D\u2019autres ne comprennent pas l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019un retour de ces objets. En sortant du village, le masque qui avait une utilit\u00e9 dans la communaut\u00e9, un emplacement, a perdu son caract\u00e8re sacr\u00e9. Les \u00e9changes t\u00e9moignent aussi de la position des Occidentaux qui ont, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, eu tendance \u00e0 mettre en avant l\u2019esth\u00e9tique des objets au d\u00e9triment de leur origine culturelle et cultuelle. Ph\u00e9nom\u00e8ne qui a par ailleurs permis d\u2019alimenter le march\u00e9 priv\u00e9 de l\u2019art classique africain et donc le pillage. Finalement, ces \u0153uvres ou objets ont-ils r\u00e9ellement leur place derri\u00e8re la vitrine d\u2019un mus\u00e9e ?<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>R\u00e9appropriation&nbsp;<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9flexion s\u2019est poursuivie au Colloque panafricain pour la renaissance africaine, \u00e0 Kinshasa, le 2 d\u00e9cembre, au cours duquel Cl\u00e9mentine Fa\u00efk-Nzuji, chercheuse en symbologie africaine, s\u2019est montr\u00e9e exasp\u00e9r\u00e9e. Malgr\u00e9 ses demandes r\u00e9p\u00e9titives, et cela depuis trente ans, aucune page du programme scolaire congolais n\u2019aborde encore les cultures traditionnelles africaines. \u00ab Nous devons sensibiliser la jeunesse \u00e0 la valeur sacr\u00e9e et l\u2019importance sociale de ces objets [\u2026]. Aujourd\u2019hui, l\u2019enfant africain a peur de son patrimoine parce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 diabolis\u00e9.&nbsp;\u00bbCes propos,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1052543\/culture\/restitutions-au-coeur-du-proces-pour-tentative-de-vol-au-quai-branly\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Emery Mwazulu Diyabanza, activiste panafricain des restitutions et porte-parole de l\u2019association Unit\u00e9, Dignit\u00e9, Courage (UDC)<\/a>, les partage et les compl\u00e8te : \u00ab Nous avons besoin de nous r\u00e9approprier notre patrimoine culturel, dont l\u2019\u00e9nergie est emprisonn\u00e9e dans les mus\u00e9es occidentaux [\u2026]. Mais sans la r\u00e9habilitation de la v\u00e9rit\u00e9 historique et la restitution des \u0153uvres, nous ne pouvons d\u00e9clencher cette r\u00e9conciliation avec nous-m\u00eames.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2021\/12\/06\/img_1033-1-scaled.jpg\" alt=\"L\u2019Acad\u00e9mie des beaux-arts de Kinshasa.\"\/><figcaption>L\u2019Acad\u00e9mie des beaux-arts de Kinshasa. \u00a9 Marie Toulemonde<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce besoin de r\u00e9appropriation que douze artistes africains tentent d\u2019exprimer \u00e0 travers un projet artistique nomm\u00e9 \u00ab&nbsp;l\u2019esprit des anc\u00eatres&nbsp;\u00bb,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1267558\/culture\/une-oeuvre-dart-africaine-dans-lespace\/\">sous l\u2019impulsion de l\u2019artiste G\u00e9raldine Tob\u00e9<\/a>&nbsp;et soutenu par l\u2019historien de l\u2019art \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 libre de Bruxelles, Hans de Wolf. L\u2019id\u00e9e, partir \u00e0 la recherche de ce patrimoine perdu, se reconnecter avec les racines spirituelles d\u2019avant la colonisation et l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, comme le soulignait dans son discours Thomas Dermine, de nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de Congolais et de Belges se rencontrent aujourd\u2019hui. Elles sont les h\u00e9riti\u00e8res d\u2019un pass\u00e9 commun qu\u2019elles n\u2019ont ni v\u00e9cu ni voulu. \u00ab&nbsp;Au sein du gouvernement actuel, un seul ministre \u00e9tait n\u00e9 au moment de l\u2019Ind\u00e9pendance. [\u2026] Cela influence fortement notre rapport au Congo sur la volont\u00e9 de regarder notre pass\u00e9 en face et de vouloir construire un avenir fraternel sur les bases d\u2019un juste \u00e9quilibre&nbsp;\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2021\/12\/06\/img_0828-scaled.jpeg\" alt=\"Une \u0153uvre de G\u00e9raldine Tob\u00e9, n\u00e9e le 9 f\u00e9vrier 1992 \u00e0 Kinshasa.\"\/><figcaption>Une \u0153uvre de G\u00e9raldine Tob\u00e9, n\u00e9e le 9 f\u00e9vrier 1992 \u00e0 Kinshasa. \u00a9 G\u00e9raldine Tob\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Cette qu\u00eate,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1100132\/culture\/congo-in-conversation-la-rdc-a-travers-les-yeux-de-ses-photojournalistes\/\">Pamela Tulizo, photographe et membre du projet de G\u00e9raldine Tob\u00e9<\/a>, l\u2019a entam\u00e9e dans le cadre de son projet sur les h\u00e9ro\u00efnes oubli\u00e9es du Congo. R\u00e9sidant \u00e0 Goma, o\u00f9 aucun document historique ne lui \u00e9tait accessible, elle a d\u00fb travailler \u00e0 distance avec les \u00e9tudiants belges de Tervuren qui ont cherch\u00e9 pour elle, dans les archives nationales aujourd\u2019hui conserv\u00e9es \u00e0 plus de 10 000 km de son village, les traces de son pass\u00e9<\/p>\n<div style=\"text-align:center\" class=\"wps-pgfw-pdf-generate-icon__wrapper-frontend\">\n\t\t<a href=\"https:\/\/congokin.blog?action=genpdf&amp;id=6191\" class=\"pgfw-single-pdf-download-button\" ><img src=\"https:\/\/congokin.blog\/wp-content\/plugins\/pdf-generator-for-wp\/admin\/src\/images\/PDF_Tray.svg\" title=\"G\u00e9n\u00e9rer un PDF\" style=\"width:auto; height:45px;\"><\/a>\n\t\t<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RDC-Belgique : des restitutions d\u2019\u0153uvres d\u2019art, mais pas tout de suite 11 d\u00e9cembre 2021 \u00e0 10:52Par&nbsp;Marie Toulemonde&nbsp;&#8211; Envoy\u00e9e sp\u00e9ciale \u00e0 KinshasaMis \u00e0 jour le 13 d\u00e9cembre 2021 \u00e0 09:24 En visite \u00e0 Kinshasa fin novembre, le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat belge, Thomas Dermine, a pr\u00e9sent\u00e9 un ambitieux projet autour du patrimoine pill\u00e9 durant la p\u00e9riode coloniale. 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