{"id":7324,"date":"2022-02-25T15:21:13","date_gmt":"2022-02-25T15:21:13","guid":{"rendered":"https:\/\/congokin.blog\/?p=7324"},"modified":"2022-02-25T15:21:14","modified_gmt":"2022-02-25T15:21:14","slug":"rd-congo-un-siecle-apres-letain-le-lithium-fait-rever-manono","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/congokin.blog\/?p=7324","title":{"rendered":"RD\u00a0Congo: un si\u00e8cle apr\u00e8s l\u2019\u00e9tain, le lithium fait r\u00eaver Manono"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"wp-block-heading\">RD\u00a0Congo: un si\u00e8cle apr\u00e8s l\u2019\u00e9tain, le lithium fait r\u00eaver Manono<\/h1>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Dans\u00a0R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo<\/li><li>25 f\u00e9vrier 2022<\/li><li>Constance Fr\u00e8re<\/li><li>166 Vues<\/li><\/ul>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/afrique.lalibre.be\/app\/uploads\/2022\/02\/a87559b33203be7b5c2e32d5403b6ce2d7ca6fbc.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/afrique.lalibre.be\/app\/uploads\/2022\/02\/a87559b33203be7b5c2e32d5403b6ce2d7ca6fbc-690x450.jpg\" alt=\"RD\u00a0Congo: un si\u00e8cle apr\u00e8s l\u2019\u00e9tain, le lithium fait r\u00eaver Manono\" title=\"\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e8s de la carcasse rouill\u00e9e de l\u2019ancienne fonderie d\u2019\u00e9tain, hommes et femmes, pieds nus, fouillent le sol \u00e0 la recherche de cassit\u00e9rite, tout en esp\u00e9rant la renaissance de leur ville de Manono, en RD&nbsp;Congo, gr\u00e2ce au grand gisement de lithium d\u00e9couvert aux portes de la vieille cit\u00e9 mini\u00e8re.<\/h3>\n\n\n\n<p>Un peu plus loin, les \u00ab&nbsp;creuseurs&nbsp;\u00bb apportent leur r\u00e9colte \u00e0 la rivi\u00e8re Lukushi o\u00f9 des femmes, dans l\u2019eau du matin au soir, lavent dans des bassines en zinc le gravier duquel \u00e9mergeront les petits cailloux noirs de minerai d\u2019\u00e9tain, dont ils esp\u00e8rent tirer assez d\u2019argent pour vivre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Il n\u2019y a rien d\u2019autre \u00e0 Manono, la vie est tr\u00e8s difficile&nbsp;\u00bb, constate simplement Marcelline Banza, 28 ans, m\u00e8re de trois enfants, qui dit pouvoir gagner entre 15.000 et 18.000 francs congolais (7,5 \u00e0 9 dollars) par jour en lavant la terre sableuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Le secteur est parsem\u00e9 de terrains bossel\u00e9s, ravin\u00e9s, fouill\u00e9s par des centaines de ces mineurs artisanaux arm\u00e9s de pelles et de barres \u00e0 mine.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;La majorit\u00e9 de la population vit sous le seuil de pauvret\u00e9 et, plut\u00f4t que de cultiver les champs, les gens pr\u00e9f\u00e8rent creuser, pour un gain plus rapide&nbsp;\u00bb, regrette Patrice Sangwa, m\u00e9decin chef de la zone de sant\u00e9 de Manono, territoire isol\u00e9 qui fait face \u00e0 la malnutrition, au chol\u00e9ra ou encore \u00e0 une \u00e9pid\u00e9mie de rougeole qui a tu\u00e9 des dizaines d\u2019enfants depuis d\u00e9cembre.<\/p>\n\n\n\n<p>La ville est situ\u00e9e dans la province du Tanganyika, n\u00e9e en 2015 du partage en quatre du Katanga, r\u00e9gion du sud-est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du&nbsp;Congo&nbsp;regorgeant de minerais, cuivre et cobalt notamment. Elle a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e au d\u00e9but du 20e si\u00e8cle, avec la mise en exploitation par les colons belges d\u2019un gisement de cassit\u00e9rite, le minerai de l\u2019\u00e9tain.<\/p>\n\n\n\n<p>Carri\u00e8res, barrage, fonderies, chemin de fer, logements, les mines ont amen\u00e9 la prosp\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2013 Ruines \u2013<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais peu \u00e0 peu, avec la chute des cours, les ann\u00e9es agit\u00e9es d\u2019apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance en 1960 et la mauvaise gestion, les \u00e9quipements ont vieilli, la ville s\u2019est endormie et le coup de gr\u00e2ce est venu de la guerre qui a accompagn\u00e9 la prise du pays en 1997 par Laurent-D\u00e9sir\u00e9 Kabila. \u00ab&nbsp;La guerre d\u2019agression&nbsp;\u00bb, comme l\u2019appellent les gens de Manono, o\u00f9 les soldats rwandais ont laiss\u00e9 un tr\u00e8s mauvais souvenir.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Nous avons tous fui. La fonderie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite, les maisons pill\u00e9es, le quartier europ\u00e9en d\u00e9vast\u00e9, celui des cadres africains aussi&nbsp;\u00bb, raconte Paul Kissoula, dit \u00ab&nbsp;papa Paul&nbsp;\u00bb, 70 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Un quart de si\u00e8cle apr\u00e8s, la v\u00e9g\u00e9tation envahit les ruines, deux locomotives \u00e0 vapeur, une grue, des wagonnets, rouillent au bord du chemin, les terrils se couvrent d\u2019arbres.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Il n\u2019y a plus rien depuis des ann\u00e9es&nbsp;\u00bb, regrette tristement \u00ab&nbsp;papa Paul&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Chauffeur, il a tout connu. Il a \u00e9t\u00e9 embauch\u00e9 en 1974 par \u00ab&nbsp;Congo&nbsp;Etain&nbsp;\u00bb, entreprise publique devenue \u00ab&nbsp;Za\u00efr\u00e9tain&nbsp;\u00bb quand le pays a chang\u00e9 de nom sous la pr\u00e9sidence de Mobutu, puis \u00ab&nbsp;Comini\u00e8re&nbsp;\u00bb (Congolaise d\u2019exploitation mini\u00e8re).<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, Paul Kissoula est chauffeur pour l\u2019entreprise australienne AVZ Minerals qui, \u00e0 la recherche de lithium, m\u00e9tal devenu star des batteries de voitures \u00e9lectriques, a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re \u00e0 obtenir en 2016 un permis de recherche \u00e0 Manono, o\u00f9 elle a mont\u00e9 une co-entreprise avec la Comini\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2013 \u00ab&nbsp;On attend le permis&nbsp;\u00bb \u2013<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de forages, effectu\u00e9s en particulier dans une ancienne et vaste carri\u00e8re de cassit\u00e9rite appel\u00e9e \u00ab&nbsp;Roche Dure&nbsp;\u00bb, la soci\u00e9t\u00e9 a d\u00e9couvert un gisement de \u00ab&nbsp;400 millions de tonnes de minerai \u00e0 1,6%, probablement la plus importante ressource non exploit\u00e9e au monde&nbsp;\u00bb, se f\u00e9licite Nigel Ferguson, directeur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019AVZ Minerals.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela repr\u00e9sente des r\u00e9serves de lithium de quelque 6 millions de tonnes, largement de quoi se mesurer aux habituels producteurs que sont l\u2019Australie, le Chili, l\u2019Argentine ou encore la Chine.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;La qualit\u00e9 du gisement rocheux est tr\u00e8s bonne&nbsp;\u00bb, assure Nigel Ferguson, meilleure selon lui que le lithium extrait de saumures, comme en Am\u00e9rique du Sud.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans de grands hangars, l\u2019entreprise stocke les \u00ab&nbsp;carottes&nbsp;\u00bb for\u00e9es dans la roche, jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e8s de 400 m\u00e8tres de profondeur. Dans les premiers m\u00e8tres, il y a le sol, puis viennent la lat\u00e9rite, les schistes\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Erick Nkulu wa Kabamba, g\u00e9ologue, montre ensuite la \u00ab&nbsp;pegmatite&nbsp;\u00bb (roche magmatique) renfermant les \u00ab&nbsp;spodum\u00e8nes&nbsp;\u00bb, le min\u00e9ral du lithium. Des \u00e9chantillons sont pr\u00e9lev\u00e9s et envoy\u00e9s pour analyse \u00e0 Perth, en Australie.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;&nbsp;\u00bb\u00e9tude de faisabilit\u00e9 d\u00e9finitive&nbsp;\u00bb est boucl\u00e9e et a \u00e9t\u00e9 transmise il y a plusieurs mois au gouvernement, dont la soci\u00e9t\u00e9 attend maintenant qu\u2019il lui d\u00e9livre un permis d\u2019exploitation.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019elle l\u2019aura obtenu, AVZ \u00ab&nbsp;pr\u00e9voit de consacrer 600 millions de dollars \u00e0 la construction d\u2019une usine&nbsp;\u00bb, qui devrait produire environ 700.000 tonnes de produit fini par an, utilisable surtout dans les batteries, pr\u00e9cise son patron.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle r\u00e9habilitera par ailleurs la vieille centrale hydro\u00e9lectrique, dont elle augmentera la capacit\u00e9, et emploiera des centaines de travailleurs locaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Si le permis arrive rapidement, la production pourrait commencer en 2023.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Les gens souffrent\u2026 AVZ va nous aider&nbsp;\u00bb, esp\u00e8re l\u2019administrateur du territoire, Pierre Mukamba Kaseya qui, comme tout le monde \u00ab&nbsp;attend le permis&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le cahier des charges pr\u00e9voit \u00e9galement des actions sur les routes, les \u00e9coles, les h\u00f4pitaux\u2026&nbsp;\u00bb, anticipe aussi Baccam Banza Cazadi, directeur d\u2019\u00e9cole secondaire. \u00ab&nbsp;Nous voulons qu\u2019ils puissent r\u00e9ussir, pour la province et pour le pays. Il y a l\u2019espoir&nbsp;\u00bb, assure-t-il.<\/p>\n<div style=\"text-align:center\" class=\"wps-pgfw-pdf-generate-icon__wrapper-frontend\">\n\t\t<a href=\"https:\/\/congokin.blog?action=genpdf&amp;id=7324\" class=\"pgfw-single-pdf-download-button\" ><img src=\"https:\/\/congokin.blog\/wp-content\/plugins\/pdf-generator-for-wp\/admin\/src\/images\/PDF_Tray.svg\" title=\"G\u00e9n\u00e9rer un PDF\" style=\"width:auto; height:45px;\"><\/a>\n\t\t<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RD\u00a0Congo: un si\u00e8cle apr\u00e8s l\u2019\u00e9tain, le lithium fait r\u00eaver Manono Dans\u00a0R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo 25 f\u00e9vrier 2022 Constance Fr\u00e8re 166 Vues Pr\u00e8s de la carcasse rouill\u00e9e de l\u2019ancienne fonderie d\u2019\u00e9tain, hommes et femmes, pieds nus, fouillent le sol \u00e0 la recherche de cassit\u00e9rite, tout en esp\u00e9rant la renaissance de leur ville de Manono, en RD&nbsp;Congo, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7324","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7324","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7324"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7324\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7325,"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7324\/revisions\/7325"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7324"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7324"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7324"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}