{"id":798,"date":"2018-05-17T10:44:02","date_gmt":"2018-05-17T10:44:02","guid":{"rendered":"https:\/\/congokin.media\/?p=798"},"modified":"2018-05-17T10:44:02","modified_gmt":"2018-05-17T10:44:02","slug":"rdc-lhistoire-secrete-de-la-chute-de-mobutu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/congokin.blog\/?p=798","title":{"rendered":"RDC : l\u2019histoire secr\u00e8te de la chute de Mobutu"},"content":{"rendered":"<div class=\"art-header\">\n<h1>RDC : l\u2019histoire secr\u00e8te de la chute de Mobutu<\/h1>\n<p><time class=\"art-date\" datetime=\"2017-05-17T10:59:33Z\">17 mai 2017 \u00e0 12h59\u00a0\u2014 Mis \u00e0 jour le\u00a015 mai 2018 \u00e0 14h09<\/time><\/div>\n<article id=\"post-439258\" class=\"art-content\">\n<div class=\"art-author tracking-click-evt-ga\" data-category=\"Corps Article\" data-label=\"Auteur Toolbox\">\n<div class=\"author-desc\">Par\u00a0Fran\u00e7ois Soudan<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"art-toolbox\"><\/div>\n<figure class=\"thumbnail art-thumbnail-lead\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2017\/05\/17\/mobutu_aliforeman-934x472.jpg\" \/><\/figure>\n<div class=\"art-text ja-teads-inread\">\n<p class=\"lead\">Pourquoi l&rsquo;arm\u00e9e za\u00efroise s&rsquo;est effondr\u00e9e ? Quel r\u00f4le a jou\u00e9 exactement la France ? Les causes et les circonstances de l&rsquo;assassinat du g\u00e9n\u00e9ral Mahele, les derni\u00e8res heures du mar\u00e9chal \u00e0 Gbadolite&#8230; Une enqu\u00eate exclusive de Fran\u00e7ois Soudan, publi\u00e9e dans JA n\u00b01910-1911, en ao\u00fbt 1997.<\/p>\n<aside class=\"read-also-block-dossier tracking-click-evt-ga\" data-category=\"Corps Article\" data-label=\"A lire aussi left\">\n<div class=\"read-also-body\"><\/div>\n<\/aside>\n<p>Il fut le dernier commandant en chef de l\u2019arm\u00e9e za\u00efroise, ce g\u00e9n\u00e9ral d\u2019une arm\u00e9e morte entre op\u00e9rette et trag\u00e9die, dont l\u2019effondrement total en moins de six mois bouleversa la carte g\u00e9opolitique de l\u2019Afrique centrale. Il fut, aussi, le dernier ministre de la D\u00e9fense d\u2019un r\u00e9gime aux abois, d\u00e9compos\u00e9 autour de son fondateur grabataire, t\u00e9tanis\u00e9 par l\u2019avanc\u00e9e des \u00ab rebelles \u00bb et de leurs protecteurs.<\/p>\n<p>Lui : Donatien Mahele Lieko Bokungu,Donat pour ses proches, assassin\u00e9 \u00e0 Kinshasa dans la nuit du 16 au 17 mai 1997 alors que les petits hommes verts de Laurent-D\u00e9sir\u00e9 Kabila entraient dans les faubourgs de cette ville offerte et v\u00e9n\u00e9neuse. L\u2019itin\u00e9raire et le destin de cet homme, tra\u00eetre pour les uns, martyr pour les autres, sont exemplaires. Ils \u00e9clairent quelques-uns des aspects inconnus et fournissent des cl\u00e9s essentielles pour comprendre ce que fut une r\u00e9volution majeure au c\u0153ur du continent. A travers l\u2019aventure tragique du g\u00e9n\u00e9ral Mahele, le voile se l\u00e8ve sur une partie de l\u2019histoire secr\u00e8te de\u00a0la chute de Mobutu\u2026<\/p>\n<p>Celui dont certains, dans l\u2019entourage du pr\u00e9sident Kabila, r\u00eavent de faire un h\u00e9ros national au m\u00eame titre que Lumumba et dont les obs\u00e8ques, fin mai \u00e0 Kinshasa, furent quasi officielles, ne fut jamais un mobutiste de c\u0153ur et de sang, m\u00eame si comme tant d\u2019autres, il servit le mar\u00e9chal omnipotent et b\u00e9n\u00e9ficia de ses faveurs. N\u00e9 le 15 avril 1941, dans ce qui s\u2019appelait \u00e0 l\u2019\u00e9poque L\u00e9opoldville, au sein d\u2019une famille mbunza originaire de la province septentrionale de l\u2019Equateur, Donatien Mahele choisit tout naturellement le m\u00e9tier des armes. Tribu guerri\u00e8re, les Mbunzas ont donn\u00e9 nombre d\u2019officiers sup\u00e9rieurs \u00e0 l\u2019arm\u00e9e za\u00efroise.<\/p>\n<figure id=\"attachment_439293\" class=\"thumbnail alignnone\" aria-labelledby=\"figcaption_attachment_439293\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-439293 size-full\" src=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2017\/05\/16\/mobutu1.jpg\" alt=\"\" width=\"1159\" height=\"1718\" \/><\/figure>\n<p>Parmi eux, le g\u00e9n\u00e9ral Eluki, cousin germain et futur ennemi jur\u00e9 de Mahele. Tr\u00e8s jeune \u2013 il a \u00e0 peine 20 ans \u2013 Donatien flirte avec les id\u00e9es lumumbistes et adh\u00e8re, en 1963, \u00e0 l\u2019organisation de jeunesse du Mouvement national congolais. Deux ans plus tard, Mobutu prend le pouvoir. Mahele est envoy\u00e9 en formation au camp de Kitona, o\u00f9 des instructeurs belges le prennent en charge, puis chez les paras commandos de Ndjili o\u00f9 il noue avec les conseillers fran\u00e7ais du g\u00e9n\u00e9ral Jeannou-Lacaze des relations qui ne seront rompues que trente ans plus tard, quelques semaines avant sa mort.<\/p>\n<p>Sous-lieutenant, Mahele int\u00e8gre en 1968 la prestigieuse garde pr\u00e9sidentielle de Mobutu. Le futur conseiller du mar\u00e9chal, Edouard Mokolo wa Mpombo, qui le croise alors, se souvient d\u2019un militaire \u00ab int\u00e8gre et surtout nationaliste \u00bb, dur aussi, voire f\u00e9roce. Surprenant un garde du corps en plein sommeil devant la porte du pr\u00e9sident, il le secoue, le frappe et lui tord le bras au point de le briser.<\/p>\n<p>Un incident qui lui vaut d\u2019\u00eatre mut\u00e9 au Centre de formation des commandos de Kotakoli, en tant qu\u2019instructeur. En ce d\u00e9but des ann\u00e9es soixante-dix, des purges successives frappent les officiers des Forces arm\u00e9es za\u00efroises (FAZ) que leurs id\u00e9es ou leurs origines r\u00e9gionales rendent suspects aux yeux de Mobutu. Parmi eux, le capitaine Joe Ndjoku, un saint-cyrien, qui s\u2019ouvre \u00e0 Mahele \u2013 fra\u00eechement nomm\u00e9 commandant du camp de Kotakoli \u2013 d\u2019un projet de coup d\u2019Etat. \u00ab Ne m\u2019en parles plus jamais ! \u00bb tonne Mahele, qui s\u2019arrange n\u00e9anmoins pour faire exfiltrer vers la France, dans le plus grand secret, l\u2019apprenti putschiste. Donatien est loyaliste, mais il \u00ab comprend \u00bb les frustrations de ses camarades. Certains d\u2019entre eux pensent, d\u00e9j\u00e0, qu\u2019il attend son heure.<\/p>\n<p>La gloire de Mahele \u2013 et sa popularit\u00e9 qui d\u00e9sormais ne se d\u00e9mentira pas survient en mai 1978 lors de la deuxi\u00e8me invasion du Shaba par les ex-gendarmes katangais. Le g\u00e9n\u00e9ral Bumba, un Mbunza, commandant en chef des FAZ et surtout le colonel Ikuku qui commande le th\u00e9\u00e2tre d\u2019op\u00e9rations l\u2019appellent \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s. Nomm\u00e9 major, Mahele saute sur Kolwezi \u00e0 la t\u00eate de la 31e brigade parachutiste et tient l\u2019a\u00e9roport jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des l\u00e9gionnaires fran\u00e7ais et des Marocains du colonel Loubaris.<\/p>\n<blockquote><p>En quelques jours, de Kinshasa \u00e0 Goma, le Za\u00efre tout entier fait de Muhele un h\u00e9ros<\/p><\/blockquote>\n<p>En quelques jours, de Kinshasa \u00e0 Goma, le Za\u00efre tout entier en fait un h\u00e9ros. Ph\u00e9nom\u00e8ne irritant aux yeux de la garde rapproch\u00e9e de Mobutu, qui obtient que Mahele soit enferm\u00e9 dans un placard dor\u00e9 : charg\u00e9 de cours \u00e0 l\u2019Ecole sup\u00e9rieure militaire de Kinshasa Binza. C\u2019est alors que les amis fran\u00e7ais du major, qui se morfond, interviennent. Le g\u00e9n\u00e9ral Lacaze et le colonel Alain Gagneron de Marolles \u2013 alias colonel Saint-Julien -, du SDECE (Services sp\u00e9ciaux), obtiennent l\u2019accord de Mobutu pour un stage de deux ans \u00e0 l\u2019Ecole de guerre de Paris. Log\u00e9 dans un appartement du minist\u00e8re de la D\u00e9fense, porte de Clignancourt, avec son \u00e9pouse, l\u2019avocate Marie-Jean ne Mondo, Mahele appara\u00eet alors de plus en plus comme \u00ab l\u2019homme des Fran\u00e7ais \u00bb.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019il revient au Za\u00efre en 1984, avec le grade de lieutenant-colonel, Donatien Mahele Lieko Bokungu d\u00e9couvre une arm\u00e9e en voie de \u00ab ngbandisation \u00bb acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e. Ce sont les g\u00e9n\u00e9raux ngbandis \u2013 l\u2019ethnie de Mobutu -, Nzimbi et Baramoto, qui dirigent la Division sp\u00e9ciale pr\u00e9sidentielle (DSP) et la Garde civile, deux nouvelles unit\u00e9s particuli\u00e8rement choy\u00e9es au d\u00e9triment des FAZ, laiss\u00e9es en d\u00e9sh\u00e9rence.<\/p>\n<figure id=\"attachment_439307\" class=\"thumbnail aligncenter\" aria-labelledby=\"figcaption_attachment_439307\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-439307\" src=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2017\/05\/16\/mobutu2-1.jpg\" alt=\"\" width=\"1163\" height=\"1723\" \/><\/figure>\n<p>Mahele obtient pourtant un poste de confiance : la direction du SARM, le Service d\u2019action et de renseignement militaires. Mais sa t\u00e2che est de surveiller les fronti\u00e8res, pas de se m\u00ealer de politique int\u00e9rieure. Mahele s\u2019ennuie et, comme tout un chacun, fait quelques affaires, m\u00eame si son enrichissement personnel n\u2019atteindra jamais celui de ses rivaux.<\/p>\n<p>Il acquiert deux vedettes pour remonter le fleuve, l\u2019Akonga Mohela et l\u2019Ave Maria, se fait construire une villa \u00e0 Kinshasa et en ach\u00e8te une autre \u00e0 Waterloo, dans la banlieue de Bruxelles. A c\u00f4t\u00e9 des g\u00e9n\u00e9raux Nzimbi, Baramoto et Eluki, ou encore du contre-amiral Mavua, dont les biens se multiplient ces ann\u00e9es-l\u00e0 \u00e0 une vitesse vertigineuse, Mahele est un \u00ab petit \u00bb. Catholique pratiquant, amateur de tennis, il passe alors pour un personnage discret et apolitique.<\/p>\n<blockquote><p>Pour le petit peuple de Kinshasa, c\u2019est \u00ab la guerre des \u00e9toiles \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Fin 1990, c\u2019est \u00e0 nouveau l\u2019appel du baroud. Le colonel Mahele est nomm\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du contingent za\u00efrois envoy\u00e9 par Mobutu \u00e0 la rescousse de son ami, le pr\u00e9sident rwandais Juv\u00e9nal Habyarimana. Avec ses m\u00e9thodes, parfois exp\u00e9ditives, Mahele contribue \u00e0 repousser la premi\u00e8re offensive du Front patriotique rwandais (FPR) sur Kigali, et c\u2019est au cours d\u2019un combat contre les FAZ que le premier chef militaire du FPR, le commandant Fred Rwigyema, trouve la mort. D\u2019o\u00f9 la m\u00e9fiance, pour ne pas dire plus, que manifesteront plus tard \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Mahele les protecteurs rwandais de Kabila, en particulier le g\u00e9n\u00e9ral Kagame. Pour l\u2019instant, une nouvelle fois, Mahele revient en h\u00e9ros \u00e0 Kinshasa. Il gagne dans l\u2019affaire ses deux \u00e9toiles de g\u00e9n\u00e9ral de brigade et reprend son poste. Pour quelques mois.<\/p>\n<p>En septembre 1991 \u00e9clate en effet le premier \u00ab grand pillage \u00bb de Kinshasa par l\u2019arm\u00e9e. Sous-pay\u00e9s, mal command\u00e9s, les soldats des FAZ ratissent villas et commerces du centre-ville pendant deux journ\u00e9es de folie. Furieux, Mobutu limoge le chef d\u2019\u00e9tat-major, le g\u00e9n\u00e9ral Mazembe, et nomme \u00e0 sa place Mahele, le seul \u00e0 m\u00eame, par son prestige, de r\u00e9tablir un semblant d\u2019ordre. G\u00e9n\u00e9ral de division, puis g\u00e9n\u00e9ral de corps d\u2019arm\u00e9e en un temps record, Donatien Mahele ne cache pas son m\u00e9pris, lui l\u2019homme de terrain, pour les \u00ab g\u00e9n\u00e9raux d\u2019ordonnance \u00bb repus. Pour le petit peuple de Kinshasa, qui, ravi, compte les points, c\u2019est \u00ab la guerre des \u00e9toiles \u00bb.<\/p>\n<p>Janvier 1993 : bis repetita. Cette fois, c\u2019est la DSP du g\u00e9n\u00e9ral Nzimbi Ngbale Kongo wa Bassa qui pille la capitale. Mahele r\u00e9agit imm\u00e9diatement. A la t\u00eate de ses commandos, toujours flanqu\u00e9 de son ins\u00e9parable \u00ab Rambo \u00bb \u2013 cousin et garde du corps, \u2013 le chef d\u2019\u00e9tat-major \u00e9crase lui-m\u00eame la r\u00e9bellion, \u00e0 coups de grenades et sans sommations. La DSP ne le lui pardonnera pas, son chef, Nzimbi, encore moins, d\u00e9sormais \u00e0 l\u2019aff\u00fbt du moindre faux pas. Quelques semaines plus tard, Nzimbi tient sa revanche. Dans le cadre d\u2019une conf\u00e9rence nationale qui agonise, Mahele fait en effet parvenir \u00e0 l\u2019archev\u00eaque de Kisangani, Laurent Monsengwo, une communication qui sera lue \u00e0 la tribune. \u00ab Au nom de l\u2019arm\u00e9e za\u00efroise \u00bb, le g\u00e9n\u00e9ral Mahele y proclame que les FAZ ne sont pas la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un individu ou d\u2019un clan mais \u00ab de la nation tout enti\u00e8re \u00bb. Trois jours plus tard, il est limog\u00e9 et remplac\u00e9 par Eluki.<\/p>\n<h4>Une travers\u00e9e du d\u00e9sert de quatre ans pour Muhele<\/h4>\n<p>Commence alors, pour Mahele, une travers\u00e9e du d\u00e9sert qui durera quatre ans. Nomm\u00e9 conseiller militaire de Mobutu \u2013 ce poste est une coquille vide, d\u2019autant que le mar\u00e9chal se m\u00e9fie terriblement de lui -, il se retire dans sa plantation d\u2019Ebonda, non loin de Bumba, province de l\u2019Equateur, sur ses terres en quelque sorte. La Plantation et Elevage de la Mongala (PEM), c\u2019est le petit royaume de Mahele : une huilerie pour palmistes, un h\u00f4pital, une \u00e9glise, plusieurs villas et 350 ouvriers agricoles. Le g\u00e9n\u00e9ral y r\u00e9gente en f\u00e9odal une production qui rapporte gros puisque la multinationale Unilever, ancien propri\u00e9taire de la PEM, la commercialise et paie rubis sur l\u2019ongle.<\/p>\n<p>Comment Mahele, dont on sait qu\u2019il n\u2019a pas la r\u00e9putation d\u2019un capteur de fonds, a-t-il pu r\u00e9unir la somme n\u00e9cessaire pour acqu\u00e9rir ce domaine de 1 million de dollars ? Ambigu\u00eft\u00e9s za\u00efroises : c\u2019est Mobutu lui-m\u00eame qui, via le gouverneur Nyembo Shabani, a offert au g\u00e9n\u00e9ral l\u2019argent n\u00e9cessaire. Le b\u00e9n\u00e9ficiaire, selon ses proches, \u00ab estimait que cela lui \u00e9tait d\u00fb \u00bb apr\u00e8s tant d\u2019ann\u00e9es pass\u00e9es dans l\u2019arm\u00e9e sans s\u2019enrichir. Il n\u2019a donc pas refus\u00e9. Quant au mar\u00e9chal, il trouvait sans doute judicieux de maintenir ainsi, dans le confort et \u00e0 distance, un homme qu\u2019il consid\u00e9rait depuis l\u2019incident de la conf\u00e9rence nationale comme un rival potentiel.<\/p>\n<p>Anesth\u00e9si\u00e9, Mahele dispara\u00eet alors de l\u2019avant-sc\u00e8ne za\u00efroise. Il passe l\u2019essentiel de son temps \u00e0 Ebonda et voyage beaucoup. On le voit en Chine, \u00e0 Hong Kong, en Afrique du Sud, mais aussi \u00e0 Paris o\u00f9 il maintient le contact avec ses amis militaires et responsables de la DGSE. On le sonde, parfois, sur ses intentions. Lui r\u00e9pond invariablement que, depuis la dispersion entre diff\u00e9rents corps des \u00e9l\u00e9ments de la 31e brigade et du Centre de commandos de Kotakoli, il ne dispose plus d\u2019aucune base sur laquelle s\u2019appuyer. \u00ab Il n\u2019y a qu\u2019une seule arm\u00e9e qui vaille, c\u2019est la DSP. Et elle est monoethnique. Toute tentative est donc vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chec. \u00bb<\/p>\n<p>De plus en plus, il songe \u00e0 d\u00e9missionner et \u00e0 se lancer une fois pour toutes dans les affaires. Ses proches, notamment les Fran\u00e7ais qui commencent \u00e0 songer \u00e0 lui comme carte de rechange, ont du mal \u00e0 l\u2019en dissuader. Lorsqu\u2019en ao\u00fbt 1996, Mobutu se fait op\u00e9rer \u00e0 Lausanne d\u2019un cancer de la prostate, ils reviennent \u00e0 la charge : \u00ab Tu dois attendre, te tenir en r\u00e9serve. \u00bb Mahele acquiesce, presque \u00e0 contrec\u0153ur. C\u2019est alors que l\u2019orage qui se l\u00e8ve \u00e0 l\u2019est va tout changer\u2026<\/p>\n<p>En octobre, de violents combats \u00e9clatent \u00e0 Uvira, dans le Sud-Kivu, entre une myst\u00e9rieuse Alliance des forces de lib\u00e9ration du Congo et l\u2019arm\u00e9e za\u00efroise. En novembre, Goma et Bukavu tombent. Depuis sa r\u00e9sidence de Roquebrune-Cap-Martin, Mobutu limoge Eluki de son poste de chef d\u2019\u00e9tat-major et le remplace par le g\u00e9n\u00e9ral Baramoto Kpara. Inexorablement, comme un ch\u00e2teau de cartes, les positions des FAZ s\u2019effondrent les unes apr\u00e8s les autres. Pis : les \u00e9l\u00e9ments de la Division sp\u00e9ciale pr\u00e9sidentielle envoy\u00e9s sur le front passent le plus clair de leur temps \u00e0 se battre contre les autres unit\u00e9s de l\u2019arm\u00e9e za\u00efroise, afin de pouvoir \u00eatre les premiers \u00e0 piller.<\/p>\n<blockquote><p>Mobutu\u00a0a longuement h\u00e9sit\u00e9 face \u00e0 la perspective d\u2019un tandem Mahele-Kengo wa Dondo (le Premier ministre), qu\u2019il juge peu s\u00fbr. Mais il n\u2019a pas le choix : Paris est la seule capitale qui le soutienne encore<\/p><\/blockquote>\n<p>Le 17 d\u00e9cembre, apr\u00e8s quatre mois d\u2019absence, Mobutu rentre \u00e0 Kinshasa avec en poche, sur l\u2019insistance pressante des Fran\u00e7ais, le d\u00e9cret qui nomme \u00e0 nouveau Mahele \u00e0 la t\u00eate de l\u2019\u00e9tat-major. \u00ab C\u2019est votre seule chance \u00bb, lui a-t-on dit. Le mar\u00e9chal a longuement h\u00e9sit\u00e9 face \u00e0 la perspective d\u2019un tandem Mahele-Kengo wa Dondo (le Premier ministre), qu\u2019il juge peu s\u00fbr. Mais il n\u2019a pas le choix : Paris est la seule capitale qui le soutienne encore.<\/p>\n<p>Descendu de sa plantation d\u2019Ebonda le 18 d\u00e9cembre, le g\u00e9n\u00e9ral Mahele est aussit\u00f4t pris en charge par les militaires fran\u00e7ais de l\u2019ambassade. Soucieux de sa s\u00e9curit\u00e9, ces derniers lui donnent trois conseils pressants : quitter sa villa du quartier de Mbinza, trop proche du camp Tshatshi de la DSP ; travailler ailleurs qu\u2019au quartier g\u00e9n\u00e9ral, situ\u00e9 lui aussi \u00e0 Mbinza ; et limiter autant que possible ses d\u00e9placements sur le front. Ce ne sont pas les hommes de Kabila que redoutent les amis du g\u00e9n\u00e9ral, mais bien une tentative d\u2019assassinat par des \u00e9l\u00e9ments \u00ab incontr\u00f4l\u00e9s \u00bb de la Division sp\u00e9ciale pr\u00e9sidentielle ou de la Garde civile. Ambiance\u2026 Pendant deux mois, jusqu\u2019 \u00e0 la fin f\u00e9vrier 1997, Mahele et les Fran\u00e7ais \u0153uvrent main dans la main.<\/p>\n<p>Avec l\u2019appui, \u00e0 Paris, de Fernand Wibaux et de Dominique de Villepin, le g\u00e9n\u00e9ral met en place un plan de sauvetage politico-militaire qui \u00e9quivaut en fait \u00e0 un coup d\u2019Etat en douceur. Un plan d\u2019urgence en quatre \u00e9tapes : reconstitution, avec l\u2019aide de mat\u00e9riel et d\u2019instructeurs fran\u00e7ais, de la 31e brigade parachutiste ; r\u00e9duction des effectifs \u00ab inutiles \u00bb des FAZ \u2013 de 80 000 \u00e0 30 000 hommes ; d\u00e9mant\u00e8lement, au besoin par la force, de la DSP ; mise en place d\u2019un tandem Mahele-Kengo capable de n\u00e9gocier \u00ab la t\u00eate haute \u00bb avec Kabila, le mar\u00e9chal \u00e9tant contraint de r\u00e9gner sans gouverner.<\/p>\n<figure id=\"attachment_439299\" class=\"thumbnail aligncenter\" aria-labelledby=\"figcaption_attachment_439299\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-439299\" src=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2017\/05\/16\/mahele1.jpg\" alt=\"\" width=\"1163\" height=\"1726\" \/><\/figure>\n<p>Ce programme n\u00e9cessite \u00e9videmment une forte implication fran\u00e7aise. Le pr\u00e9sident Chirac, \u00e0 qui le projet est soumis, h\u00e9site. II n\u2019est pas hostile \u00e0 l\u2019envoi de vivres et de m\u00e9dicaments pour la brigade et n\u2019\u00e9carte pas a priori quelques livraisons discr\u00e8tes de mat\u00e9riel. Mais il est hors de question que des militaires fran\u00e7ais aillent se fourrer dans ce gu\u00eapier.<\/p>\n<p>Consult\u00e9, le Premier ministre Alain Jupp\u00e9 est, lui, farouchement hostile \u00e0 toute intervention directe ou indirecte de la France. Fin f\u00e9vrier, alors que les villes de Watsa, Kalemie, Isiro, Kalima et Kindu sont d\u00e9j\u00e0 tomb\u00e9es entre les mains des rebelles, une note de la DGSE fait la diff\u00e9rence : si Mahele et Kengo prenaient le pouvoir, les g\u00e9n\u00e9raux Nzimbi et Baramoto tenteraient \u00e0 coup s\u00fbr un contre-putsch. Trop risqu\u00e9. Chirac tranche : l\u2019op\u00e9ration de soutien au g\u00e9n\u00e9ral Mahele n\u2019aura pas lieu.<\/p>\n<p>Donatien Mahele est effondr\u00e9. \u00ab Les Fran\u00e7ais m\u2019ont trahi \u00bb, confie-t-il \u00e0 un proche. Le g\u00e9n\u00e9ral, qui sait que des consignes secr\u00e8tes ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es aux hommes de la DSP et de la Garde civile de ne pas ob\u00e9ir \u00e0 ses ordres, est d\u00e9sormais convaincu que la bataille est perdue. Lui faut-il une preuve suppl\u00e9mentaire ? Il est \u00e0 Kisangani, trois jours avant la chute de la ville, le 15 mars. Devant le dernier carr\u00e9 des d\u00e9fenseurs, il exhorte ses troupes \u00e0 \u00ab sauver l\u2019honneur \u00bb et conclut : \u00ab Ceux qui veulent se battre, \u00e0 ma gauche ; ceux qui veulent se rendre, \u00e0 ma droite ! \u00bb Sans mot dire, la quasi-totalit\u00e9 des soldats se rangent \u00e0 sa droite. Ne demeurent, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, que les Rwandais des ex-FAR et les mercenaires serbes.<\/p>\n<blockquote><p>Cette arm\u00e9e en d\u00e9route n\u2019est pas la mienne, c\u2019est celle d\u2019un clan<\/p><\/blockquote>\n<p>De retour \u00e0 Kinshasa, Mahele est amer : \u00ab Cette arm\u00e9e en d\u00e9route n\u2019est pas la mienne, c\u2019est celle d\u2019un clan ; ce que fait Kabila, j\u2019aurais d\u00fb le faire depuis longtemps. \u00bb En fait, alors que le Premier ministre Kengo, rendu responsable de la perte de Kisangani, est \u00ab limog\u00e9 \u00bb le 18 mars par le Parlement de transition, le g\u00e9n\u00e9ral Mahele estime qu\u2019il ne lui reste plus qu\u2019\u00e0 anticiper l\u2019arriv\u00e9e in\u00e9luctable \u00e0 Kinshasa des troupes de Laurent D\u00e9sir\u00e9 Kabila. De quelle mani\u00e8re ?<\/p>\n<p>C\u2019est alors qu\u2019entrent en sc\u00e8ne, sur les talons des Fran\u00e7ais qui ont l\u00e2ch\u00e9 leur prot\u00e9g\u00e9 sans plus d\u2019\u00e9gards, les Am\u00e9ricains\u2026 L\u2019ambassadeur Daniel Simpson, en ce mois de mars, a une id\u00e9e fixe : \u00e9viter que la lib\u00e9ration de Kinshasa soit l\u2019occasion d\u2019un bain de sang sous l\u2019\u0153il indiscret des cam\u00e9ras de CNN.<\/p>\n<p>Lui-m\u00eame et le n\u00e9gociateur d\u00e9p\u00each\u00e9 par Washington dans la r\u00e9gion, Bill Richardson, souhaitent donc une solution de compromis dans laquelle Kabila, Etienne Tshisekedi et les \u00ab \u00e9l\u00e9ments sains \u00bb de l\u2019arm\u00e9e aient leur place. Elle implique, bien s\u00fbr, que Mobutu soit mis \u00e0 l\u2019\u00e9cart et que la DSP soit d\u00e9mantel\u00e9e. Pour cela, Mahele a un r\u00f4le central \u00e0 jouer et les Am\u00e9ricains le lui font savoir.<\/p>\n<figure id=\"attachment_439306\" class=\"thumbnail aligncenter\" aria-labelledby=\"figcaption_attachment_439306\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-439306\" src=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/medias\/2017\/05\/16\/mobutu-reagan.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"750\" \/><\/figure>\n<p>Tr\u00e8s vite, le chef d\u2019\u00e9tat-major se donne \u00e0 eux comme il s\u2019est donn\u00e9 aux Fran\u00e7ais, c\u2019est-\u00e0-dire avec une \u00e9vidente na\u00efvet\u00e9. G\u00e9n\u00e9ralissime sans arm\u00e9e, il se persuade que Kabila a \u00ab besoin \u00bb de lui \u00ab s\u2019ilne veut pas \u00eatre le prisonnier de Kagame \u00bb. Il se prend aussi \u00e0 r\u00eaver d\u2019une \u00e9lection pr\u00e9sidentielle prochaine \u00e0 laquelle il se pr\u00e9senterait sous une \u00e9tiquette lumumbiste. Encourag\u00e9 par les Am\u00e9ricains et dans le plus grand secret, Mahele se r\u00e9sout enfin \u00e0 franchir le Rubicon : en pleine guerre, et de lui-m\u00eame, lui le chef d\u2019\u00e9tat-major des FAZ prend contact avec l\u2019ennemi.<\/p>\n<h4>Trahison ou patriotisme ?<\/h4>\n<p>Ce contact est d\u2019abord indirect. L\u2019un de ses proches amis, Wilson Omanga, homme d\u2019affaires kabiliste et neveu de Patrice Lumumba, le met en rapport avec Juliana Lumumba, la fille du leader d\u00e9funt. Juliana, qui r\u00e9side \u00e0 Kinshasa o\u00f9 elle sympathise secr\u00e8tement avec l\u2019AFDL (elle est, aujourd\u2019hui, vice-ministre de l\u2019Information dans le gouvernement Kabila), fait parvenir au QG des rebelles \u00e0 Goma ce qui appara\u00eet comme une offre de dialogue. En retour, Mahele est contact\u00e9, tout aussi discr\u00e8tement sur son t\u00e9l\u00e9phone cellulaire, par l\u2019un de ses amis d\u2019enfance, Jean-Baptiste Mulemba.<\/p>\n<p>Ce Mulemba est une figure de l\u2019antimobutisme : ancien porte-parole des gendarmes katangais, ex-propri\u00e9taire d\u2019un dancing \u00e0 Bruxelles (le Cocody) et ancien g\u00e9rant d\u2019un restaurant africain \u00e0 Paris, celui qui se fait appeler \u00ab Man Elijah \u00bb est un militant professionnel, lumumbiste dans l\u2019\u00e2me, intelligent et homme de confiance de Kabila. Il a rejoint l\u2019AFDL d\u00e8s sa formation et cumule les fonctions de conseiller politique du pr\u00e9sident et de chef des services de renseignement.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la chute de Kinshasa, il sera nomm\u00e9 par Kabila \u00e0 la t\u00eate de la Commission charg\u00e9e d\u2019enqu\u00eater sur les \u00ab biens mal acquis \u00bb, l\u2019un des postes cl\u00e9s dans l\u2019administration du \u00ab nouveau Congo \u00bb. Mulemba convainc Mahele de passer, \u00ab pour le bien de tous \u00bb, du dialogue \u00e0 la collaboration. Mais le g\u00e9n\u00e9ral est inquiet : la ligne t\u00e9l\u00e9phonique de son Cyrtel n\u2019est pas s\u00fbre. Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne. Les Am\u00e9ricains, que Mahele tient inform\u00e9s, lui procurent une valise satellitaire \u00ab prot\u00e9g\u00e9e \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire audible par eux seuls. Un jour, le 3 avril tr\u00e8s exactement, la sonnerie retentit. A l\u2019autre bout du fil : Laurent-D\u00e9sir\u00e9 Kabila.<\/p>\n<p>En ce mois d\u2019avril, Lubumbashi et Mbuji Mayi tombent \u00e0 leur tour. Le 12, Likulia Bolongo, arch\u00e9type du g\u00e9n\u00e9ral d\u2019ordonnance, est nomm\u00e9 Premier ministre en lieu et place de Kengo wa Dondo. Les Fran\u00e7ais, qui ont chang\u00e9 de cheval au milieu du gu\u00e9, soutiennent d\u00e9sormais cet ancien professeur de droit de la facult\u00e9 d\u2019Aix-en-Provence, proche de certains membres des \u00ab r\u00e9seaux Pasqua \u00bb. Cinq semaines plus tard, apr\u00e8s la chute de Kinshasa, ils l\u2019accueilleront dans leur ambassade et le feront fuir discr\u00e8tement sur Brazzaville puis, lorsque les troubles \u00e9clateront dans la capitale congolaise, vers Paris, via l\u2019op\u00e9ration P\u00e9lican.<\/p>\n<blockquote><p>Soudain, c\u2019est la surprise : pour la premi\u00e8re fois depuis le d\u00e9but de leur offensive, sept mois auparavant, les troupes de Kabila et leurs conseillers ougandais, rwandais et angolais sont tr\u00e8s s\u00e9rieusement accroch\u00e9s<\/p><\/blockquote>\n<p>Pour l\u2019instant, Likulia Bolongo croit encore pouvoir jouer sa carte. Il maintient Mahele \u00e0 son poste et lui confie en outre le portefeuille de la D\u00e9fense, malgr\u00e9 l\u2019hostilit\u00e9 de Mobutu. Il sait fort bien que la guerre est perdue et sans doute estime-t-il qu\u2019il vaut mieux, en cas de n\u00e9gociations, avoir Mahele avec soi que contre soi. Inexorablement, alors qu\u2019\u00e9chouent \u00e0 bord du navire sud-africain l\u2019Outeniqa les pourparlers de la derni\u00e8re chance, l\u2019AFDL progresse vers Kinshasa.<\/p>\n<p>A deux cent cinquante kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019est de la capitale, la Division sp\u00e9ciale pr\u00e9sidentielle tente un baroud d\u2019honneur autour du verrou de Kenge. La DSP a touch\u00e9 de nouvelles armes, achet\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 un don du chef rebelle angolais Jonas Savimbi \u2013 on parle de 20 millions de dollars, dont la moiti\u00e9 aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9e par l\u2019entourage de Mobutu -, et b\u00e9n\u00e9ficie du renfort d\u2019environ trois mille combattants de l\u2019Union nationale pour l\u2019ind\u00e9pendance totale de l\u2019Angola (UNITA).<\/p>\n<p>Soudain, c\u2019est la surprise : pour la premi\u00e8re fois depuis le d\u00e9but de leur offensive, sept mois auparavant, les troupes de Kabila et leurs conseillers ougandais, rwandais et angolais sont tr\u00e8s s\u00e9rieusement accroch\u00e9s. Post\u00e9s sur la barri\u00e8re naturelle offerte par les rivi\u00e8res Wamba et Bakali, les Za\u00efrois et leurs alli\u00e9s d\u00e9ciment des colonnes enti\u00e8res de l\u2019AFDL. Au camp Tshatshi, la famille du mar\u00e9chal se prend \u00e0 r\u00eaver d\u2019un retournement de situation.<\/p>\n<h4>M\u00e9connaissance totale du terrain<\/h4>\n<p>En fait, le handicap majeur des hommes de Kabila est leur m\u00e9connaissance totale du terrain : ils ne disposent pas de cartes d\u2019\u00e9tat-major et ignorent tout du dispositif de l\u2019ennemi. Le seul moyen de contourner les positions de la DS P et de l\u2019UNITA est qu\u2019une \u00ab cinqui\u00e8me colonne \u00bb tapie dans le camp d\u2019en face les renseigne. En deux ou trois appels sur sa ligne prot\u00e9g\u00e9e, le g\u00e9n\u00e9ral Mahele fournit aux chefs militaires de l\u2019AFD L les informations pr\u00e9cises qui leur permettent de prendre \u00e0 revers le dernier carr\u00e9 des mobutistes. D\u00e9sormais, en ce d\u00e9but de mois de mai 1997, Kinshasa est une ville ouverte.<\/p>\n<p>Ce qui peut appara\u00eetre comme une trahison majeure en temps de guerre \u2013 un commandant en chef fournissant \u00e0 l\u2019ennemi des renseignements militaires sur son propre dispositif ! \u2013 est en fait parfaitement logique et louable aux yeux de Mahele. \u00ab Cette arm\u00e9e n\u2019est pas la mienne \u00bb, a-t-il dit, parlant de la DSP, et dans l\u2019\u00e9tat de d\u00e9liquescence que conna\u00eet alors le Za\u00efre, o\u00f9 plus personne ne sait tr\u00e8s bien qui est avec qui, l\u2019entourage de Mobutu et les g\u00e9n\u00e9raux ngbandis sont pour lui beaucoup plus dangereux que l\u2019AFDL.<\/p>\n<p>D\u00e9fendre un clan signifie-t-il d\u00e9fendre la patrie ? Donatien Mahele a tranch\u00e9 : il faut composer avec Kabila, lui faciliter la t\u00e2che afin que l\u2019issue soit la plus rapide et la moins sanglante possible. Afin, aussi, de conserver ses propres chances d\u2019influer sur l\u2019apr\u00e8s-Mobutu. Jeudi 15 mai au soir, alors que les troupes vaincues \u00e0 Kenge refluent sur Kinshasa, se joue le dernier acte du r\u00e8gne de Mobutu Sese Seko. Au camp Tshatshi, autour du mar\u00e9chal \u00e9puis\u00e9, se tient une premi\u00e8re r\u00e9union. Il y a l\u00e0 les g\u00e9n\u00e9raux Likulia Bolongo, Mahele, Nzimbi, Ilunga (ministre de l\u2019Int\u00e9rieur) et Vungbo (Garde civile).<\/p>\n<p>Mahele, Likulia et Ilunga pressent Mobutu de quitter Kinshasa et de se rendre \u00e0 Gbadolite : \u00ab Nous ne pouvons plus garantir votre s\u00e9curit\u00e9. \u00bb Persuad\u00e9 que le vieux dictateur allait se d\u00e9mettre, le Premier ministre avait fait pr\u00e9venir la radiot\u00e9l\u00e9vision qu\u2019une importante communication du gouvernement serait transmise dans la nuit. Or Mobutu r\u00e9siste : \u00ab Quand on est un militaire, dit-il, ou bien on se rend, ou bien on vous tue, mais on ne fuit pas. \u00bb On se s\u00e9pare sans qu\u2019une d\u00e9cision soit prise. Un peu plus tard, Mobutu convoque une deuxi\u00e8me r\u00e9union.<\/p>\n<p>Cette fois, ne sont pr\u00e9sents que les g\u00e9n\u00e9raux ngbandis : Bolozi (gendarmerie), Vungbo, Nzimbi, Wezago, l\u2019adjoint de ce dernier \u00e0 la t\u00eate de la DSP, et, au t\u00e9l\u00e9phone, Baramoto. \u00ab Il y a des tra\u00eetres, il faut les \u00e9liminer, constituons une liste \u00bb, s\u2019emporte l\u2019un des participants. Le mar\u00e9chal calme le jeu : \u00ab J\u2019irai \u00e0 Gbadolite demain, confie-t-il, prenez vos dispositions. \u00bb Il est minuit. Les g\u00e9n\u00e9raux sortent du camp Tshatshi et se rendent directement au domicile de Baramoto Kpara o\u00f9 une troisi\u00e8me r\u00e9union, en pr\u00e9sence de la plupart des officiers ngbandis de Kinshasa, se tient jusqu\u2019 \u00e0 5 heures du matin. On y peaufine la liste des \u00ab tra\u00eetres \u00bb sur laquelle figure, en t\u00eate, le g\u00e9n\u00e9ral Mahele. Certains s\u2019inqui\u00e8tent des intentions de Mobutu \u2013 \u00ab il nous abandonne ! \u00bb -, la plupart pr\u00e9parent leur propre fuite vers Brazzaville, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du fleuve.<\/p>\n<p>Vendredi 16 mai, 8 heures. Le mar\u00e9chal et sa famille sont sur l\u2019a\u00e9roport de Ndjili o\u00f9 un Boeing 737 de la pr\u00e9sidence, pilot\u00e9 par le commandant Mukandela, les attend. Mobutu est impatient et furieux. \u00ab O\u00f9 est l\u2019argent ? \u00bb tonne-t-il. Depuis la veille une gigantesque op\u00e9ration de ramassage des devises disponibles dans Kinshasa a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e. Entre la Banque centrale, la primature et le si\u00e8ge local de la Belgolaise, o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 entrepos\u00e9s les fonds r\u00e9unis dans le cadre de la participation forc\u00e9e des soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 l\u2019effort de guerre, une quarantaine de millions de dollars sont ainsi rafl\u00e9s en quelques heures. Le probl\u00e8me est que chacun a pris sa part au passage et que la somme remise en liquide au pr\u00e9sident est tr\u00e8s loin de correspondre \u00e0 ce qu\u2019il attendait. D\u2019o\u00f9 son courroux.<\/p>\n<blockquote><p>Donat, c\u2019est comme \u00e7a que vous remerciez Papa !<\/p><\/blockquote>\n<p>Mais il faut partir. Au moment de grimper l\u2019\u00e9chelle de coup\u00e9e, Bodi Ladawa, l\u2019\u00e9pouse de Mobutu, se tourne vers Mahele qui, avec d\u2019autres, est pr\u00e9sent pour ce dernier d\u00e9part : \u00ab Donat, nous savons ce que vous avez fait ; c\u2019est comme cela que vous remerciez Papa, apr\u00e8s tout ce qu\u2019il a fait pour vous ! \u00bb Mahele se tait. Mobutu, qui a entendu l\u2019interpellation, se contente de hocher la t\u00eate. Il est 9 h 30. Sur ordre du colonel Mutoko, chef de la s\u00e9curit\u00e9 rapproch\u00e9e du mar\u00e9chal, le commandant Mukandela fait prendre \u00e0 l\u2019avion une trajectoire de d\u00e9collage diff\u00e9rente de l\u2019ordinaire. On craint un attentat.<\/p>\n<h4>Meurtre au camp Tshatshi<\/h4>\n<p>En cette journ\u00e9e fatidique, alors que le Boeing n\u2019est plus qu\u2019un point dans le ciel, chacun rentre chez soi. Objectif : fuir. Les avant-gardes de Kabila ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9es \u00e0 quarante kilom\u00e8tres, sur la route de Kenge. Le g\u00e9n\u00e9ral Mahele regagne son domicile \u00e0 La Gombe. A 10 heures, il se rend chez le Premier ministre Likulia. Les deux hommes discutent de la fa\u00e7on de faire parvenir de l\u2019argent aux soldats, afin d\u2019\u00e9viter un pillage g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. A 11 h 30, il est \u00e0 nouveau chez lui.<\/p>\n<p>Le t\u00e9l\u00e9phone satellitaire sonne : l\u2019un de ses contacts au sein de l\u2019AFDL l\u2019appelle. Longue conversation. Il s\u2019agit de mettre au point le plan de reddition des FAZ. Mahele, apr\u00e8s avoir h\u00e9sit\u00e9, convient de gagner Lusaka en Zambie, dans la journ\u00e9e du 17, o\u00f9 il annoncera solennellement \u00e0 Laurent-D\u00e9sir\u00e9 Kabila le ralliement de l\u2019arm\u00e9e za\u00efroise. Son plan de voyage est \u00e9labor\u00e9 : Brazzaville-Luanda-Lusaka. En milieu d\u2019apr\u00e8s-midi, le chef d\u2019\u00e9tat-major se rend une nouvelle fois chez le Premier ministre. Puis revient \u00e0 La Gombe, d\u2019o\u00f9 il appelle, \u00e0 Bruxelles, son ami Wilson Omanga : \u00ab Je te t\u00e9l\u00e9phonerai samedi soir de Lusaka, tout sera fini. \u00bb D\u00e9j\u00e0, Nzimbi et Baramoto ont fui. Kinshasa s\u2019offre aux hommes de Kabila.<\/p>\n<p>Il est 23 heures, en ce jeudi 16 mai 1997, lorsque Likulia Bolongo appelle Mahele. Le Premier ministre, qui s\u2019appr\u00eate \u00e0 trouver refuge \u00e0 l\u2019ambassade de France, signale au g\u00e9n\u00e9ral un d\u00e9but de soul\u00e8vement au camp Tshatshi. \u00ab La DSP veut sortir et tout piller ! \u00bb \u00ab J\u2019y vais \u00bb, r\u00e9pond Mahele. Folie ? Le g\u00e9n\u00e9ral se sent investi d\u2019une mission : emp\u00eacher la destruction de Kinshasa, \u00e9viter un bain de sang. C\u2019est l\u00e0-dessus, il en est persuad\u00e9, qu\u2019il joue son avenir politique. Sans doute pense-t-il aussi que, priv\u00e9s de leur chef, le g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<h4>La fin d\u2019un monde<\/h4>\n<p>Nzimbi, les Ngbandis de la DSP sauront l\u2019\u00e9couter. N\u2019est-ce pas pour eux la derni\u00e8re chance de sauver leur peau ? Mahele saute dans un 4\u00d74 avec son chauffeur et un garde du corps. Un pick-up d\u2019escorte, avec dix militaires \u00e0 son bord, le pr\u00e9c\u00e8de. Aux abords du camp, premier barrage : l\u2019escorte reste sur place. Mahele continue seul, avec ses deux compagnons. Le 4\u00d74 p\u00e9n\u00e8tre dans l\u2019enceinte. L\u00e0, le chef d\u2019\u00e9tat-major se retrouve face \u00e0 une centaine d\u2019hommes surexcit\u00e9s, entre drogue, alcool et sorcellerie, qui refusent de lui rendre les honneurs.<\/p>\n<p>Parmi eux, le g\u00e9n\u00e9ral Wezago, l\u2019adjoint de Nzimbi, celui-l\u00e0 m\u00eame qui participa la veille au soir \u00e0 la deuxi\u00e8me r\u00e9union chez Mobutu, au cours de laquelle on \u00e9voqua les \u00ab tra\u00eetres \u00bb \u00e0 \u00e9liminer. \u00ab Que viens-tu faire ici ? Tu as trahi ! Tu n\u2019as pas fait la guerre ! \u00bb hurle Wezago. \u00ab Calme-toi, r\u00e9pond Mahele, l\u2019AFDL est dans les faubourgs, demain ils seront l\u00e0, vous n\u2019avez aucune chance, d\u00e9posez les armes ! \u00bb<\/p>\n<p>Wezago devient fou : \u00ab Comment ! Toi qui as laiss\u00e9 mourir la DSP, tu nous donnes des ordres ! \u00bb Il sort son pistolet et tire sur Mahele, l\u2019atteignant \u00e0 la jambe. Le garde du corps, qui veut intervenir, est abattu. Le chauffeur a d\u00e9j\u00e0 fui. En un bond, Donat s\u2019est projet\u00e9 sur le c\u00f4t\u00e9. Il fait une nuit d\u2019encre. On le cherche, on ne le trouve pas. Un soldat dit : \u00ab C\u2019est toujours comme \u00e7a avec lui, il a de bons f\u00e9tiches, il sait se rendre invisible. \u00bb Mais Wezago ne veut pas l\u00e2cher sa proie. A la lumi\u00e8re d\u2019une lampe torche, on finit par le rep\u00e9rer, tapi sous le 4\u00d74. On l\u2019extirpe de force, on le remet debout malgr\u00e9 sa jambe bris\u00e9e.<\/p>\n<p>Un major de la DSP s\u2019approche par derri\u00e8re et d\u2019un coup de pistolet \u00e0 silencieux lui loge une balle dans la nuque. Mahele s\u2019effondre, foudroy\u00e9. Entre temps, les soldats de l\u2019escorte sont all\u00e9s pr\u00e9venir Kongolu, alias \u00ab Saddam \u00bb, l\u2019un des fils de Mobutu, qui fait de la r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019h\u00f4tel Intercontinental. A bord d\u2019un petit blind\u00e9, Kongolu se rend au camp Tshatshi. Des rafales de Kalachnikov l\u2019accueillent. Les soldats perdus de la DSP, dont beaucoup seront abattus le lendemain par les \u00ab lib\u00e9rateurs \u00ab de l\u2019AFDL ou lynch\u00e9s par les Kinois, ont perdu la raison.<\/p>\n<p>Vendredi 17 mai. A Kinshasa, c\u2019est la fin d\u2019un monde et le d\u00e9but d\u2019un nouvel ordre. A Gbadolite, c\u2019est la panique. Lorsqu\u2019ils apprennent la nouvelle de l\u2019assassinat de Mahele, les militaires mbunzas de la garnison toute proche de Kotakoli se soul\u00e8vent. Leur objectif : s\u2019emparer de Mobutu et de sa famille et leur faire \u00ab payer \u00bb l\u2019outrage. Le colonel Mutoko en informe le mar\u00e9chal : \u00ab Il faut partir au plus vite. \u00bb \u00ab Je suis un militaire, je me battrai jusqu\u2019au bout \u00bb, r\u00e9torque Mobutu. Mutoko lui fait valoir qu\u2019ils n\u2019ont pas d\u2019armes. \u00ab Et celles de Savimbi ? \u00bb interroge celui qui n\u2019est d\u00e9j\u00e0 plus chef de l\u2019Etat, faisant allusion \u00e0 l\u2019impressionnant stock constitu\u00e9 par le chef de l\u2019UNITA \u00e0 Gbadolite afin d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019op\u00e9ration de d\u00e9sarmement men\u00e9e en Angola sous les auspices de l\u2019ONU.<\/p>\n<div class=\"embed-container-sifija embed-video embed-dailymotion Dailymotion\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.dailymotion.com\/embed\/video\/x5mmc06\" width=\"500\" height=\"280\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" data-mce-fragment=\"1\"><\/iframe><\/div>\n<p>\u00ab Depuis que votre neveu, le major Movoto Sese, les a planqu\u00e9es quelque part en Afrique de l\u2019Ouest avec votre accord, il n\u2019y a plus rien \u00bb, explique Mutoko. \u00ab Alors, c\u2019est la fin \u00bb, murmure Mobutu. Fuir, mais comment ? Le commandant Mukandela, que le mar\u00e9chal a envoy\u00e9 \u00e0 Brazzaville avec ordre d\u2019en ramener son fils Kongolu, refuse en effet de red\u00e9coller de la capitale congolaise pour Gbadolite. Il est, dit-il, lui et son Boeing, \u00e0 la disposition des nouvelles autorit\u00e9s de son pays. Encore un tra\u00eetre ! Il faudra donc se r\u00e9soudre \u00e0 embarquer dans un vieil Antonov cargo, pilot\u00e9 par des Ukrainiens.<\/p>\n<p>Le temps presse : la colonne des mutins venus de Kotakoli approche. Le colonel Mutoko veut faire grimper toute la famille dans un blind\u00e9, direction l\u2019a\u00e9roport. En pleurs, Bodi Ladawa refuse : \u00ab Nous ne partirons pas ! \u00bb \u00ab Avec tout le respect que je vous dois, r\u00e9pond Mutoko, celui qui s\u2019oppose, je l\u2019abats. \u00bb L\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, Bodi, sa s\u0153ur jumelle Kosia, leur fr\u00e8re Fangbi \u2013 le mauvais g\u00e9nie des derni\u00e8res ann\u00e9es du mobutisme et quelques autres s\u2019engouffrent dans le v\u00e9hicule. Reste Mobutu, que son fils Nzanga et Mutoko doivent litt\u00e9ralement tra\u00eener.<\/p>\n<p>Le blind\u00e9 roule \u00e0 tombeau ouvert dans les rues d\u00e9sertes de Gbadolite, puis sur la piste o\u00f9 l\u2019Antonov chauffe ses r\u00e9acteurs. Par la passerelle ouverte, il entre directement dans le ventre de l\u2019avion. Soudain, quelqu\u2019un crie : \u00ab Les voil\u00e0 ! \u00bb Eux, ce sont les Mbunzas de Kotakoli, dont les premiers \u00e9l\u00e9ments ont d\u00e9j\u00e0 atteint le b\u00e2timent de l\u2019a\u00e9roport. Les pilotes font d\u00e9coller l\u2019Antonov, la peur aux tripes. Des coups de feu claquent. On tire \u00e0 la Kalachnikov sur l\u2019appareil qui a bien du mal \u00e0 prendre de l\u2019altitude.<\/p>\n<p>Des impacts de balles d\u00e9chirent un petit morceau d\u2019aile. En un virage audacieux, l\u2019avion met brusquement cap \u00e0 l\u2019ouest direction Lom\u00e9, Togo. Comme momifi\u00e9, Mobutu ne dit rien. Puis il murmure une phrase. Son m\u00e9decin personnel, le docteur Diomi, se penche : \u00ab M\u00eame les miens me tirent dessus, lui dit le dictateur d\u00e9chu, je n\u2019ai plus rien \u00e0 faire dans ce pays, ce n\u2019est plus mon Za\u00efre. \u00bb Puis, le L\u00e9opard vaincu se replonge dans son mutisme. Peut-\u00eatre songe-t-il \u00e0 Agathe, la veuve de son ami Habyarimana, le pr\u00e9sident rwandais disparu. Il y a un an exactement, elle \u00e9tait venue le voir \u00e0 Gbadolite pour, disait-elle, lui confier un secret : selon ses informations, quelque chose d\u2019important se tramait \u00e0 la fronti\u00e8re est du Za\u00efre, des pr\u00e9paratifs, des mouvements d\u2019armes et de troupes, comme si une offensive se pr\u00e9parait. En rapportant cette confidence \u00e0 ses proches, Mobutu avait souri : \u00ab Depuis la mort de son mari, cette pauvre Agathe n\u2019a plus toute sa t\u00eate\u2026 \u00bb<\/p>\n<\/div>\n<\/article>\n<div style=\"text-align:center\" class=\"wps-pgfw-pdf-generate-icon__wrapper-frontend\">\n\t\t<a href=\"https:\/\/congokin.blog?action=genpdf&amp;id=798\" class=\"pgfw-single-pdf-download-button\" ><img src=\"https:\/\/congokin.blog\/wp-content\/plugins\/pdf-generator-for-wp\/admin\/src\/images\/PDF_Tray.svg\" title=\"G\u00e9n\u00e9rer un PDF\" style=\"width:auto; height:45px;\"><\/a>\n\t\t<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RDC : l\u2019histoire secr\u00e8te de la chute de Mobutu 17 mai 2017 \u00e0 12h59\u00a0\u2014 Mis \u00e0 jour le\u00a015 mai 2018 \u00e0 14h09 Par\u00a0Fran\u00e7ois Soudan Pourquoi l&rsquo;arm\u00e9e za\u00efroise s&rsquo;est effondr\u00e9e ? Quel r\u00f4le a jou\u00e9 exactement la France ? Les causes et les circonstances de l&rsquo;assassinat du g\u00e9n\u00e9ral Mahele, les derni\u00e8res heures du mar\u00e9chal \u00e0 Gbadolite&#8230; [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-798","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/798","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=798"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/798\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=798"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=798"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/congokin.blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=798"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}