La RDC enregistre une contre-performance de 5 milliards USD dans l’exécution du budget 2023

Ph/actualite.cd

  • Économie
  • Vendredi 22 mars 2024 – 12:03

Dans un communiqué ce jeudi 21 mars 2023, le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL) dresse un bilan alarmant de l’exécution de la Loi des finances 2023 en République démocratique du Congo (RDC). L’organisation dénonce une contre-performance de 5 milliards USD des recettes et un déficit budgétaire de 1,2 milliard $, une première depuis 2011.

Le CREFDL révèle que le Gouvernement n’a mobilisé que 9,8 milliards USD sur les 14,8 milliards USD prévus, soit un taux de réalisation de 65,9%. Selon cette structure, cette contre-performance est imputée à la mauvaise gestion  des régies financières, dont les responsables sont passibles de sanctions, conformément  à l’article 129 de la loi n°11/011 DU 13 Juillet 2011 relative aux finances publiques.

Au  regard des dépenses effectuées (11 milliards USD), le déficit budgétaire de 1,2 milliard USD est le résultat d’une mauvaise gestion financière. Ce déficit a entraîné une hausse vertigineuse des emprunts sur le marché intérieur, fragilisant davantage l’économie congolaise.

Le CREFDL dénonce dans le même communiqué, l’explosion des dépenses exceptionnelles, atteignant 2,4 milliards USD contre 601,7 millions USD prévus. Cette violation flagrante de la loi, notamment des articles 39, 40 et 41 de la loi relative aux finances publiques, est justifiée par le financement des élections, de l’armée et des dépenses humanitaires. Selon ce centre de recherche, les élections ne peuvent être considérées comme des dépenses exceptionnelles, car prévues par la Constitution.

Pour le CREFDL,  la mauvaise gestion des finances publiques a eu des conséquences encore plus désastreuses sur l’économie de la RDC. Parmi elles, il évoque  la  dépréciation du Franc Congolais et l’instabilité du taux de change. L’absence d’un collectif budgétaire aggrave la situation et jette un discrédit sur la gouvernance financière  du pays, à en croire le CREFDL.

Cette  mauvaise gestion affecte même les finances publiques de 2024, note le CREFDL.  « Au 1er mars 2024, les recettes de l’État se sont chiffrées à 3 893,1 milliards de CDF (1,53 milliard USD) et les dépenses ont atteint 3.839,2 milliards de CDF (1,51 milliard USD) », lit-on dans ce communiqué.

Et d’ajouter : 

« Les prévisions linéaires renseignent que les recettes et les dépenses attendues au cours de cette période devraient se situer à hauteur de 2,4 milliards USD. Il convient de noter qu’au départ, le principe de la sincérité insiste sur le fait que les comptes du pouvoir central, de la province et de l’Entité Territoriale Décentralisée doivent être réguliers, sincères et refléter une image fidèle de la situation financière et patrimoniale (Art 11 de la LOFIP) ».

Pour  une meilleure gestion et mobilisation des recettes publiques, Le CREFDL propose plusieurs recommandations au gouvernement de la RDC et à la Cour des comptes. Le gouvernement doit par exemple rationaliser les dépenses publiques et prioriser les besoins de la population, recouvrer les recettes non réalisées de 2023, éviter de gonfler les chiffres et présenter une image fidèle de la situation financière. La Cour des comptes doit pour sa part effectuer un audit complet des recettes réalisées en 2023. 

Bruno Nsaka

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