En RDC, Félix Tshisekedi va-t-il bientôt nommer son Premier ministre ?
Deux mois après l’investiture de Félix Tshisekedi, le nouvel exécutif peine à se mettre en place. Augustin Kabuya, chargé de mener les consultations avec les alliés du président, affirme pourtant avoir terminé.

Publié le 29 mars 2024Lecture : 3 minutes.
Deux mois se sont bientôt écoulés depuis que le chef de l’État congolais a chargé le secrétaire général de son parti, Augustin Kabuya, d’identifier les contours de sa future majorité. Deux mois, et toujours pas de fumée blanche. Largement victorieux de la présidentielle du 20 décembre dernier, Félix Tshisekedi n’a toujours pas nommé son nouveau Premier ministre – Sama Lukonde Kyenge se contentant de traiter les affaires courantes –, ni annoncé la composition de son gouvernement.
Trouver un accord de gouvernement
En début de semaine, Augustin Kabuya a annoncé avoir bouclé le deuxième et dernier round de consultations avec, cette fois-ci, les partis et regroupements politiques revendiquant formellement leur appartenance à l’Union sacrée. Au terme du premier round, qui avait lui concerné toutes les forces politiques représentées à l’Assemblée, Félix Tshisekedi lui avait plus largement demandé d’apporter des « éléments structurants, destinés à faciliter la conclusion d’un accord de gouvernement, entre les membres de la coalition majoritaire, sur la composition du gouvernement et sur les objectifs programmatiques ».
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Augustin Kabuya attendait les résultats définitifs des législatives – communiqués le 12 mars par la Cour constitutionnelle, qui a redistribué près de 10 % des sièges à l’Assemblée nationale – avant de finaliser les discussions. Son entourage affirme qu’un accord a été trouvé sur le format du futur gouvernement, sur le parti dont sera issu le Premier ministre, et sur la manière dont seront attribués les portefeuilles, mais aucun détail n’a pour l’instant été dévoilé. Un cadre de l’Union sacrée affirme néanmoins que c’est le principe de détenir dix sièges de député pour prétendre à un poste ministériel qui a prévalu au bout des échanges.
Vers un Premier ministre UDPS
Sur l’échiquier politique de l’Assemblée nationale, c’est bien le parti présidentiel qui devrait se tailler la part du lion. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) est, en effet, arrivée en tête des législatives, organisées également le 20 décembre, avec 70 députés nationaux. Si l’on inclut les fameuses formations politiques dites mosaïques, créées la veille des élections pour contourner le système ô combien complexe de la proportionnelle, le camp présidentiel devrait pouvoir revendiquer 149 députés et donc plus d’une dizaine de postes ministériels.
Tony Kanku, le cousin de Félix Tshisekedi qui titille l’Union sacrée
Il devance de loin son poursuivant direct, l’Action des alliés et Union pour la nation congolaise (AA-UNC) de Vital Kamerhe, avec ses 33 députés. L’Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A) de Modeste Bahati Lukwebo, qui a perdu six sièges au terme de l’examen des contentieux par la Cour constitutionnelle, doit se contenter de 30 élus (en comptant celui de son « parti mosaïque »).
Suivent ensuite les regroupements emmenés par la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka (27 sièges), et par Dany Banza et Sama Lukonde Kyenge (26 députés). Quant au Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, et à la formation de Tony Kanku, le cousin du chef de l’État, ils obtiennent chacun 22 sièges.
Trois favoris
Sauf grande surprise, le successeur de Sama Lukonde Kyenge devrait donc être issu des rangs de l’UDPS, ainsi que l’avait affirmé, le 10 mars dernier devant les cadres et militants du parti, Augustin Kabuya.
Trois noms reviennent avec insistance dans les couloirs de la cité de l’Union africaine. Ceux du codirecteur de campagne de Félix Tshisekedi, Jacquemain Shabani, du directeur général de la Société nationale de chemin de fer du Congo (SNCC), Fabien Mutombo Kan Kato, et du directeur de cabinet adjoint du chef de l’État chargé des questions économiques et financières, André Wameso.
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Le nom de l’heureux élu ne devrait plus tarder à être connu. Une source à la présidence congolaise a affirmé à Jeune Afrique que tout devrait se décider dans les prochains jours. Le 22 février devant la presse à Kinshasa, Félix Tshisekedi avait promis de nommer un Premier ministre dès que le rapport de l’informateur lui serait transmis.