RDC: l’ONU offre son aide logistique pour les scrutins de décembre

Plusieurs membres du Conseil de sécurité, dont les Etats-Unis, la France ou les Pays-Bas, ont affirmé lundi la disponibilité de l’ONU à fournir une aide logistique pour les élections prévues en décembre en République démocratique du Congo, refusée par le gouvernement.
« Est-ce qu’il y aura suffisamment de machines à voter? Ou est-ce que les autorités vont prolonger le vote sur des jours ou semaines supplémentaires? Est-ce qu’il est possible de recharger les machines de vote dont les batteries tiennent 12 heures? Est-ce que les machines ont été dûment testées? », a égrené l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.
Lors d’une réunion de suivi du processus électoral, la diplomate, hostile depuis plus d’un an au recours inédit en RDCongo à des machines électroniques pour voter, a aussi demandé si des bulletins de vote papier ont été prévus au cas où ces machines ne fonctionneraient pas.
« Pour la Ceni (Commission électorale), accepter un soutien logistique de la Monusco ne revient pas à rogner la souveraineté de la RDCongo« , a-t-elle ajouté, en regrettant que ce pays « gaspille des ressources précieuses à se doter de capacités mises à sa disposition ».
« Les autorités congolaises devraient permettre à la Monusco (mission de l’ONU dans le pays) d’apporter un appui logistique et au transport », a insisté Nikki Haley.
Ambassadeur de la RDCongo, Ignace Gata Mavita a pris la défense de la Ceni. « Les résultats obtenus jusqu’ici par la Ceni doivent nous inciter à faire confiance à cette institution et à la laisser poursuivre sa mission jusqu’au bout en évitant d’interférer dans son travail par des considérations qui relèvent beaucoup plus de la spéculation que de la réalité« .
La RDCongo « reste ouverte aux apports d’autres partenaires, pourvu que ceux-ci soient sans conditionnalités et se fassent dans le respect de sa souveraineté », a-t-il précisé, en rejetant les « nombreuses ingérences et interférences de l’extérieur » qui se poursuivent, selon lui, aujourd’hui.
« Le respect du calendrier électoral est indispensable« , a estimé pour sa part l’ambassadrice française adjointe à l’ONU, Anne Gueguen, en affirmant aussi la disponibilité de la Monusco « à fournir un appui logistique » à la tenue d' »élections libres, crédibles, transparentes et inclusives ».
La diplomate a appelé à l’instauration d’un « climat de confiance et pacifique » pour les scrutins présidentiel, législatif et provincial programmés le 23 décembre.
« La crédibilité du processus électoral demeure une préoccupation majeure« , a reconnu lors d’une liaison vidéo Leila Zerrougui, émissaire de l’ONU en RDCongo.
Ancienne colonie belge, la RDCongo n’a jamais connu de transition pacifique depuis son indépendance en 1960.