Objet : Remerciements au Professeur Jean Omasombo Tshonda  et poursuite de notre réflexion sur l’héritage souverainiste du Congo

Monsieur le Professeur,

Nous tenions à vous adresser nos plus vifs remerciements pour la précision historique de grande valeur que vous avez apportée à l’article du CET diffusé sur notre plateforme CONGOKIN. Avec le regretté Benoît Verhaegen, vous incarnez la rigueur de l’historiographie congolaise ; vos ouvrages demeurent pour nous des boussoles que nous lisons assidûment et dont nous recommandons continuellement la lecture à nos compatriotes.

Votre intervention tombe à point nommé. Il est en effet affligeant de constater la virulence avec laquelle certains cadres congolais actuels s’attaquent encore à la figure de Patrice Lumumba, se faisant les relais volontaires d’une propagande coloniale délétère pourtant vieille de plus de soixante ans. Pour une frange de notre élite, seuls les acteurs pro-occidentaux ou réformistes (les Kasa-Vubu, Ileo, Tshombe, Kalonji, ou Mobutu) trouveraient grâce à leurs yeux, perçus à tort comme les seuls « gestionnaires » aptes à gouverner l’État postcolonial. L’histoire objective démontre pourtant que leur approche du compromis a posé les jalons de la faillite institutionnelle que notre pays subit aujourd’hui.

À l’inverse, la lecture rigoureuse de vos travaux nous rappelle qui était véritablement Lumumba : un esprit d’une brillance telle que le système colonial a d’abord tenté de le domestiquer. Journaliste acéré, président d’une section d’un parti politique belge avant l’indépendance, et même pressenti pour devenir l’assistant du Ministre des Colonies (Auguste Buisseret), Lumumba avait tous les mérites pour être confortablement coopté par le système. Son génie réside précisément dans le fait qu’il s’est montré fondamentalement opposé à cette compromission, choisissant la voie de la rupture.

Aujourd’hui, le recul du temps nous prouve que cette perspective de rupture institutionnelle était — et demeure — la seule voie viable. Nous estimons que la tragédie congolaise repose sur une confusion persistante entre deux concepts : la simple émancipation (aménager le système de l’intérieur, la voie des réformistes) et la véritable indépendance (la refondation souveraine de l’État). L’histoire globale nous enseigne que toutes les nations qui se sont développées ont impérativement emprunté cette seconde voie.

C’est précisément parce que la bataille de la mémoire dicte l’avenir de nos institutions que nous souhaiterions vous inciter à faire davantage entendre votre voix. Le débat public actuel souffre cruellement de ce manque de perspective historique.

Nous vous invitons formellement, Monsieur le Professeur, à prolonger cet échange en publiant une tribune libre ou une analyse approfondie sur nos canaux. Votre éclairage sur ce clivage historique entre réformisme complaisant et rupture souverainiste serait un apport inestimable pour éduquer la nouvelle génération et accompagner le travail de refondation stratégique que mène le Corps Exécutif de Transition (CET).

Dans l’attente du plaisir de vous lire et, nous l’espérons, de collaborer plus étroitement avec vous, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Professeur, l’expression de notre très haute considération.

La Direction stratégique du CET

By admin

S’abonner
Notification pour
guest

0 Comments
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x