L’HYPOTHÈQUE DES USA À ÉTIENNE TSHISEKEDI UN ÉTAT-MAJOR : ENDA
Par Djamba Yohé,
Étienne Tshisekedi en 1966 peu après avoir quitté l’ENDA pour travailler avec Mobutu. Son excellence est âgé alors de 34 années.

Étant donné que « Étienne Tshisekedi » n’est pas inféodé à une reconnaissance d’obligé comme il en a été pour « Justin-Marie Bomboko » envers la Belgique, principalement vers la société « Solvay » qui a parrainé son émancipation et ses études en Belgique, celui-ci n’était pas la meilleure personne pour les Américains d’en faire un ami. Mobutu était ambivalent quant au choix que les Américains ont porté sur lui mais, contrairement aux autres que les Américains n’invitent pas à leur influence, « Mobutu est l’homme qui peut facilement livrer Lumumba dans leurs mains ». C’est cela que veulent aussi les Belges opposés au Premier Ministre congolais. Partant, peu importe ce que cet ancien sergent de la Force Publique représente ou peut représenter, il est l’homme de toutes les attentions américaines et donc, c’est par lui que tout le plan a ses chances d’aboutir à sa finalité, celle de neutraliser « Patrice Emery Lumumba ». quant à « Étienne Tshisekedi », celui-ci est le prototype qu’il faille enrôler et le rendre responsable d’une branche qui le tienne à être l’ami des États-Unis d’Amérique dans ce qui se passe au Congo du sommet à la base.
Le travail qui va être fait aussitôt qu’Étienne Tshisekedi est enrôlé sous l’influence américaine, celui-ci est fait aussitôt « Recteur d’un Collège Universitaire » du nom de « École Nationale de Droit et d’Administration » en sigle « ENDA ». Mais dans les filières de l’établissement narrant l’origine de cette École, le maître d’ouvrage est le « Nations-Unies » que l’on signale comme l’Instigatrice à la base de la création de l’ENDA. L’exutoire valait son pesant mais les Américains avaient dans Mobutu et Tshisekedi, les vrais alliés avec qui ils devaient collaborer pendant longtemps pour consolider leur position en au Congo et en Afrique. En 1965, « George Bush » père viendra à Kinshasa inaugurer le bureau Afrique de la CIA. Mais dans cette escale qui fait de Léopoldville son deuxième lieu de résidence, celui-ci est aussi un « Inspecteur général » sur les initiatives américaines dans la formation des cadres administratifs. George Bush père visitera une fois l’ENDA à cet effet. Cette École envoyait ses étudiants faire des stages aux États-Unis à Philadelphie et en Californie.
En fait dans cette formation des cadres administratifs et fonctionnaires du Congo-Léopoldville, la France qui s’était offerte pour participer à ce programme, elle recevait sur son territoire d’autres stagiaires de l’ENDA dans on « Institut des Hautes Études d’Outre-Mer » mais le Congo était opposé à l’équivalence des diplômes entre l’ENDA et l’IHEOM (Institut des Hautes Études d’Outre-Mer). La vérité n’est pas le fait que l’équivalence était impossible, les États-Unis connaissaient les ambitions françaises sur le Congo et s’opposaient par le gouvernement congolais à ce que ladite équivalence entre l’ENDA et l’IHEOM soit établies. Car, le faire, serait permettre à la France de recommander ses lauréats stagiaires dans le système dirigeant dont Washington était en train de prendre possession du terrain de l’Administration du Congo-Léopoldville sous couvert de ses deux cadres recrutés du sein de l’État congolais et déployés l’un dans l’ANC, « Joseph-Désiré Mobutu » et « Étienne Tshisekedi » à l’ENDA. À eux deux, Mobutu et Tshisekedi, ils formaient le tandem de la pénétration des États-Unis au Congo.
Cela étant, il eut fallu pour que les deux concitoyens travaillent bien que ceux-ci eussent été doté chacun d’un État-Major Général. Il s’agit d’une plate-forme approprié qui facilite à Étienne Tshisekedi (ENDA) et à Joseph-Désiré Mobutu (ANC) afin de bien travailler dans le sens des attentes américaines en lien avec leur politique étrangère au Congo et en Afrique centrale. Aussi, par ricochet, faire de Léopoldville et ses agents, un point de chute avec le reste de l’Afrique en fonction des interconnexions de la Maison Blanche et du Pentagone qui étaient préoccupés par l’espionnage imposé par la nécessité stratégique découlant de la guerre froide. Ces États-Majors schématiquement présentés les voici :
| Mobutu et Tshisekedi sont deux États-Majors | |
| État-Major de Mobutu – l’ANC/Martiale | État-Major de Tshisekedi – l’ENDA/Rationalité |
| ANC : Centre névralgique de la Sécurité Nationalepar les Forces Armées Congolaises · J.D. Mobutu : Commandant Suprême des troupes de l’ANC et comme Stratège des politiques de la Défense Nationale indépendant de la mainmise du gouvernement central ;· ANC : Force Militaro-Stratégique du Congo dont les États-Unis sont leur allié, leur pourvoyeur en armes, leur Centre de d’information et de documentation stratégique et tactique en tout temps. Donc de paix et de conflit ;· Militaires : Membre de la troupe sous la gouverne de Mobutu et à qui il doivent allégeance et serment avant d’être incorporé comme soldats au sein de l’Armée Nationale Congolaise. C’est une Armée qui fait table-rase de l’héritage de la Force Publique ;· Domaine : Faire partie des Armées associées à la « guerre froide » et participer aux opérations militaires qui demandent une convergence des troupes vers un seul et même front. C’était cela déjà lors de « l’Opération Dragon » qui a été le parachutage des commandos congolais et belges sur Stanleyville, en septembre 1964 pour libérer les otages Belges, Français et Américains. Le recours mémoriel aux photos d’alors reflètent cette évidence rappelée. | ENDA : Centre névralgique de l’unité de l’Administration de l’Élite congolaise en formation · Étienne Tshisekedi : Directeur Générale de la planification des programmes devant déboucher à l’installation d’une élite nouvelle tendance en vue de remplacer progressivement les fonctionnaires de l’ex-Congo-Belge ;· ENDA : Centre permanent de formation du personnel de documentation socio-administratif et socio-politique de la République ;· Étudiant : Force politique capable de bousculer les établis d’un enseignement universitaire d’obédience européenne et de contre balancement des prétentions des Universités et Instituts Supérieurs condescendants comme Lovanium, Université Officielle d’Élisabethville, Université Libre de Stanleyville et l’IPN. En fait, il fut question de relancer la notion de l’Administration avec un vocabulaire nouveau et différent des degrés d’échelons aux postes de responsabilités ;· Domaine : se spécialiser dans les questions juridiques de Droit et d’Administration pour être la réponse aux lacunes d’une « Fonction Publique » mal préparée à s’assumer comme une Instance Nationale du Conseil d’État aux côtés du gouvernement et des Instances rattachées à l’Administration publique du pays. |
| Ce schéma montre comment, l’Ambassade des États-Unis et l’ONU travaillaient en étroite collaboration pour pourvoir à l’actuelle RDC la formation de son personnel administratif et son personnel de l’Armée Nationale Congolaise. Étienne Tshisekedi fut souvent convoqué en réunion avec Joseph-Désiré Mobutu. Sur eux deux que les grands espoirs des Américains reposaient pour s’installer au Congo différemment de la manière dont les « Belges étaient ancrés ». Évidemment, les Français aussi. La difficulté pour réussir cette perspective ne venait pas des Belges mais des Français. Aux lendemains de l’indépendance du Congo, le Général De Gaulle avait chargé « Pierre Messner » d’ouvrir un dossier sur le Congo et d’envisager l’envoi des commandos par lesquels, la France pouvait faire sentir sa présence dans l’ancien Congo-Belge. Et qu’au demeurant, si les Américains s’y installent à demeure, la France devra faire de même. Cette chance, paris l’a eue avec la Sécession Katangaise. De Gaulle a permis le recrutement des mercenaires pour le Congo sur son territoire et trouva, par la même occasion sous les auspices de « Jacques Foccart », l’homme pour les missions secrètes de la France. Ce fut cet affreux mercenaires « Bob Denard ». Celui-ci se signala au Katanga par divers crimes contre l’humanité et ensuite par des sabotages intentionnelles des infrastructures dans tout le Congo. Pour chasser cet homme de la RDC, en 1967, il a fallu plus qu’un bataillon pour le déloger, ce mercenaire était préparé à faire un long siège de combat au Congo. La France ne s’excusa jamais de cette perversion de la RDC par l’un de ses fils, elle s’en était même félicitée. Il faut voir cela sur internet des sites français dédiés à ce tueurs des Noirs. Configuration schématique et présentation des données : Djamba Yohé, Gaston-Marie F. Ottawa, le 11 mai 2019, Canada. |
Les Américains étaient conscients de tous les dangers qu’ils pouvaient encourir. L’ennemi principal de Washington était Paris. Car, en créant l’ENDA avec les paravent des Nations-Unis, le 13 juillet 1961, les États-Unis avaient créé un Collège avec un programme américain comparable à celui en cours sur son territoire. Bien que l’ENDA ne fut pas une « École associée » à tel ou tel Collège ou Université américaine, Washington ne voulait pas que les diplômés de l’ENDA puissent être l’objet d’une reconnaissance d’équivalence avec les hautes écoles de France. Car, permettre cela allait dévaloriser le degré de formation que les États-Unis donnait aux Congolais. En effet, « l’IHEOM » n’est pas l’équivalent de l’ « ENA » (École Nationale de l’Administration) et encore moins de la « Polytechnique ». Partant, si l’ENDA avait été contextualisée à l’équivalence de l’IHEOM, les « Collèges américains » auraient été inférieurs en formation par rapport aux Établissements d’enseignement supérieurs français qui passerait dès lors comme des véritables citadelles de la formation des cadres en France et dans le monde. L’on aura d’ailleurs constaté que la France, jusqu’en 1966, le Ministère de l’Éducation Nationale dirigé par l’Abbé « Athanase Ndjadi » (le père des Examens d’État) recevait régulièrement des demandes du Ministère français de l’Enseignement supérieur dans le but d’établir une reconnaissance d’équivalence entre l’ENDA et le IHEOM. Voici un extrait de l’un des courriers du genre en provenance de France :
| Documents diplomatiques français « ÉCOLE NATIONALE DE DROITET D’ADMINISTRATION » « Commission des Archives diplomatiques »(Formation des cadres) |
| École Nationale de Droit et de l’Administration Depuis près de quatre ans, la Direction des études de l’ENDA est confiée à un expert français, actuellement Mr. Jean Fourré, Maître des Requêtes au Conseil d’État. Neuf professeurs sont placés auprès de lui. Cette action de formation sur place est complétée par l’accueil des boursiers congolais à l’Institut des « Hautes Études d’Outre-Mer ». En outre, tous les ans, un certain nombre d’étudiants de l’ENDA viennent accomplir leur stage de fin d’études auprès de l’Institut. Trente-quatre élèves de l’ENDA ont suivi un stage en 1966. Il convient de noter que l’équivalence des diplômes délivrés par l’IHEOM n’est pas toujours reconnue par les autorités congolaises en dépit des demandes répétées de notre ambassade. Source : Documents diplomatiques français 1966. Tome 2 du 1er juin au 31 décembre 1966. République Française, Quai d’Orsay. |
L’on remarque dans cet extrait du rapport des Archives diplomatiques de France, le souci de l’État français à passer à une vitesse supérieure de comparativité. En somme, celle d’établir unilatéralement une équivalence entre « l’ENDA et l’IHEOM ». Ce ne fut points là des démarches fortuites et faites de bonne volonté. L’idée était de passer au crible le programme américain de formation des cadres congolais en instance d’enseignement à l’ENDA. Le but caché fut de faire valoir l’enseignement français au nom très prétentieux de « Outre-Mer » (sous-entendu territoire ex-coloniaux), lequel terme est tout simplement abaissant. De là, il n’est pas difficile de comprendre que la formation des cadres de l’ENDA n’est pas à la hauteur de l’ENA (France) et encore moins de la Polytechnique (France). Dès lors, il aura été facile pour la Coopération française de se moquer de la qualité moindre de formation en Administration que les Américains, via l’ENDA par le programme de l’ONU alors PNUD, donnaient aux Congolais. Et de là à passer à la conclusion que les États-Unis ne connaissent pas l’Afrique, le raccourci est là très vite emprunté par le langage critique et dénigrant.

«
Étienne Tshisekedi, autant que « Joseph-Désiré Mobutu », avait l’obligation de veiller à ce que la « France » n’empiète pas sur les plates-bandes des États-Unis. Le fait que les demandes d’équivalences de l’enseignement que la France donnait aux Étudiants de l’ENDA n’aient été pris en compte, il faut voir dans ce refus les objections des États-Unis d’Amérique dans son précarré de l’ENDA. L’Amérique s’était donné un défi de former des fonctionnaires congolais à l’image de ceux des États-Unis. Car, de la profusion d’une élite détachée de l’itinéraire académique occidentale, il sera plus facile dans l’avenir que Washington fasse affaire avec le Congo à travers une élite qui comprend le sens de sa philosophie politique. Et donc de sa démocratie et de son système économique comme le « Capitalisme à l’Américaine ». C’est une garantie sans équivoque contre la poussée du monde communiste et une nouvelle configuration du Continent noir, plus spécifiquement du Congo, de se démarquer des procédures administratives on ne peut point de l’ex-Congo-Belge.
En somme, la chrême des étudiants de l’ENDA à la fin de sa formation allait en stage à Philadelphie et dans les grandes administrations institutionnelles de Californie aux États-Unis. Pour réussir ce projet endéans une décennie, ce fut Mobutu qui fut pressenti du côté des Forces Armées pour contenir les mutineries, les tensions citoyennes et les révoltes intercongolaises. Et du côté des interlocuteurs politico-administratifs des USA, c’est Étienne Tshisekedi. Et en conséquence de leur engagement, les deux compatriotes en odeur d’estime des Américains étaient promus à un avenir brillant. Mais cela, c’était sans savoir que « Joseph-Désiré Mobutu » redoutait farouchement l’amitié proximité d’Étienne Tshisekedi. Mais comme celui-ci sait se taire et attendre son heure, Mobutu a évolué avec Étienne Tshisekedi dans une parfaite amitié ponctuée des moments mémorables dans leurs relations réciproques. Notons en passant qu’Étienne Tshisekedi, via le passage du Collège des Commissaires à l’ENDA, s’était fixé l’objectif de la Présidence de la République Démocratique du Congo pour 1970. Or, le coup d’État du 24 novembre 1965 était de soi un obstacle à ce dessein de libre arbitre et de droit pour tout citoyen d’envisager la postulation de la Présidence de la République.
(À suivre)
Prochain sujet :
« LE PACTE MOBUTU-TSHISEKEDI »
De 1961-1965 et de 1967 à 1970.
Djamba Yohé,
Gaston-Marie F.
Le Congolais de l’Atlantique Nord.
Président du Panthéon de la Démocratie
Et du Dialogue Citoyen.
Ottawa, le 11 mai 2019
Canada.