DÉCLARATION OFFICIELLE DU CET

Face au chaos constitutionnel à Kinshasa : L’heure n’est plus à la réforme, mais à la Rupture Technocratique.

Les troubles qui secouent actuellement les rues de Kinshasa face à la tentative de modification de la Constitution ne sont pas de simples remous politiques : ils marquent l’effondrement moral et institutionnel final d’un système aux abois. Ce projet de tripatouillage constitutionnel n’est que l’arme ultime d’une dérive néopatrimoniale qui a choisi de confisquer la République plutôt que de perdre ses privilèges. Face à cette forfaiture, l’indignation populaire est non seulement légitime, elle est un devoir patriotique.

Cependant, le Corps Exécutif de Transition (CET) lance un avertissement solennel à la Nation : la colère ne doit pas nous aveugler au point de nous précipiter dans un faux choix.

Nous affirmons avec une intransigeance absolue que nous ne sommes ni pour la pérennisation de ce régime prédateur, ni pour la restauration du régime précédent. L’administration d’hier et le pouvoir d’aujourd’hui ne sont que les deux visages d’une même matrice de la faillite. Penser qu’il suffirait de chasser les uns pour ramener les autres relève de l’aveuglement. On ne réforme pas un régime néopatrimonial de l’intérieur pour espérer aboutir, par l’opération du Saint-Esprit, à une démocratie fonctionnelle. Un système fondé sur le clientélisme ne cèdera jamais au dialogue ; il cherchera toujours à manipuler les lois pour sa propre survie.

La vérité que nous devons affronter est implacable : il n’y a plus d’État à diriger, il y a un État à rebâtir.

Pour passer de cet État en ruine à une Nation souveraine, il faut impérativement instaurer un régime de rupture. Le CET exige l’installation d’une tutelle technocratique, agissant comme un véritable « sas institutionnel » de décontamination. L’unique vocation de ce sas apolitique est de suspendre le jeu politique mafieux afin de reconstruire froidement l’appareil régalien : recenser la population, purger l’armée des milices tribales, et instaurer une justice financière impitoyable. Il faut arracher les leviers de l’État des mains de ceux qui s’en nourrissent. Et pour garantir cette pureté d’action, les animateurs de cette transition technocratique seront frappés d’une inéligibilité absolue.

Dès lors, l’attentisme actuel est suicidaire. Il est absolument vain d’encaisser les coups de ce régime en attendant passivement le mirage électoral de 2028. Ce qui se joue aujourd’hui à Kinshasa prouve que le temps des élections sans État est définitivement révolu.

Nous appelons les intellectuels, la jeunesse et toutes les forces vives à rejeter les compromissions de l’opposition classique qui ne réclame que des miettes de pouvoir. Le changement de Constitution ne passera pas, et le recyclage de l’ancienne classe politique non plus. Il faut engager la mécanique de la refondation technocratique dès aujourd’hui. Refuser de subir l’agenda de 2028, c’est poser le premier acte souverain de notre véritable indépendance.

Pour la République, le nouveau départ commence maintenant.

Dr. Nyembo Kitenge Chargé de la Stratégie, Corps Exécutif de Transition (CET)

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