COMPLEMENT D’INFORMATION
Le PIB est un des indicateurs économiques le plus important. Une façon d’analyser le PIB est de comparer le PIB d’une année à celui d’une autre et de voir comment il évolue dans le temps. Cette façon conduit parfois aux conclusions erronées. Il est recommandée plutôt de procéder a une analyse de l’évolution de la structure de PIB.
L’auteur n’a pas ignore les statistiques de la Banque Mondiale mais a choisi de procéder à une analyse de l’évolution de la structure du PIB, telle que recommandée notamment par Jean Philipe PEEMANS ( Pr. Emerite de l’Universite Louvain -la neuve) dans Le Congo-Zaire Au Gre du XXe siecle (p.243).
L’examen de la table de PIB révèle que le premier secteur de l’économie [l’agriculture] s’est effondré durant la première République. Par ailleurs, en examinant la seconde table dédiée au nombre d’emplois [en millier], on constate que l’agriculture a perdu plus d’un quart de million d’emplois. En revanche le secteur public s’est gonflé davantage de 100 mille emplois.
C’est en combinant les deux tables que l’on a la quintessence de l’analyse socio-économique permettant de constater comment la gouvernance économique héritée de la première république a été très non seulement piètre mais destructive pour le Congo. Et nous mettons au défi quiconque pourrait prouver le contraire.
ci-dessous la description des faits historiques :
Un examen sérieux de la situation financière de notre pays révèle les méfaits d’une petite bourgeoisie bureaucratique très gourmande, qui accapare les richesses du pays et a développé la culture de la kleptocratie. En effet, Hugues Leclercq (1966), dans son analyse de la situation monétaire durant la période 1960-1965 (cf. « L’inflation, sa cause : le désordre des finances publiques » in IRES (éd.), Indépendance, inflation, développement. L’économie congolaise de 1960 à 1965), explique que « la cause motrice unique de ce désordre monétaire est à rechercher dans le déficit permanent et important des finances publiques ». Ce déficit augmentera de 500 % entre 1960 et fin 1964. C’est ce déficit, financé par les avances du système bancaire, qui fut à la base de l’expansion monétaire (passant de 8,8 milliards de FC en 1960 à 71 milliards de FC en 1965). Et ce, alors que « le PIB régressait en volume d’environ 10 %. » Le résultat global sera une très forte inflation de 350 % durant une période de quatre ans.
Cette inflation est bien moins due aux conséquences non maîtrisables du changement de régime qu’à l’augmentation des charges de personnel de l’État, conséquence à la fois de l’augmentation du nombre de fonctionnaires et du niveau de leurs rémunérations. Selon J.P. Peemans, dans …………….., c’est la conséquence des « tentatives de la petite bourgeoisie politique et bureaucratique d’utiliser les structures institutionnelles pour améliorer ses revenus et sa position dans l’espace économique et social. » La tradition est demeurée jusqu’à nos jours…

Dès le cinquième jour de l’indépendance, malgré les informations sur l’état désastreux de la trésorerie héritée du pouvoir colonial, et ignorant les protestations du Premier Ministre Patrice Lumumba, le parlement vote les salaires les plus généreux de la planète pour, principalement, le personnel politique : 1 400.000 pour le chef de l’État ; de 700.000 à 1.000.000 pour les ministres ; 300.000 pour les parlementaires et 35.000 à 190.000 pour les agents ordinaires de l’administration (cf. Ministère des finances, barèmes de rémunérations et indemnités des membres des gouvernements central et provinciaux, des membres de cabinet ministériel, des parlementaires et des membres des assemblées provinciales, juillet 1960, in J. C. Willame (1993 :211)). Remarquons ici, qu’alors que le premier Ministre a proteste, le Chef de l’Etat s’était tu comme une carpe. Ainsi il bénéficiera d’un salaire cinq fois égal a celui du Roi Baudouin Ier.
Depuis lors, cette tendance de la bourgeoisie bureaucratique compradore de se partager les revenus de l’État au détriment de la santé économique du pays, provoquant déficit sur déficit, est demeurée constante.
Ainsi, de 1960 à 1965, deux dévaluations du franc congolais ont été enregistrées : la première, le 6 novembre 1961, réduisait de 24 % la valeur officielle de la monnaie ; la seconde, le 9 novembre 1963, constatait officiellement la perte de 63 % du pouvoir d’achat du franc ! (cf….. )
Par Pierre Sula.