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Je voudrais ici parler de Matata Ponyo, arraché de la RDC par l’invitation du Secrétaire général de l’ONU et plus précisément de la création par sa fondation, à Kindu, de l’Université polytechnique, bilingue axée sur la haute technologie.
Mon message répondra aux deux questions suivantes: (1) peut-on affirmer rationnellement que Matata a volé l’argent du contribuable congolais pour construire l’Université chez-lui au Maniema?; (2) L’Université MAPON serait-elle seulement une Université pour le Maniema?
PRIMO:
Sans vouloir commenter l’affaire Bukangalonzo et d’autres, au sujet desquelles la justice s’est dite incompétente pour juger Matata malgré les pressions du pouvoir en place, et ce, après deux années d’enquête, il me paraît irrationnel que certains Congolais désignent la construction de l’Université technologique de Kindu comme une preuve de détournement de fonds de la République par Matata Ponyo.
Certes, la vision de la création de cette université, ainsi que des écoles primaires et du centre hospitalier de Lumbu-Lumbu, est de Matata Ponyo. Toutefois, bien qu’étant essentielle, une vision n’est pas suffisante pour la concrétisation d’un projet. Il faut aussi réunir les ressources qui permettront de concrétiser la vision. En parlant de ressources, est-il sensé de prétendre que Matata Ponyo aurait utilisé les ressources financières publiques de la République pour construire cette université alors que depuis l’inauguration de celle-ci en 2017, il a été précisé qu’elle est l’œuvre de la fondation publique MAPON (qui est distincte de la personne de Matata Ponyo)?
Les fondations publiques sont des organismes de mécénat, c’est-à-dire des organismes qui peuvent bénéficier de financements ou autres dons de la part de tiers (des particuliers, des gouvernements, des entreprises et des fondations privées) afin de les véhiculer pour la concrétisation de projets philanthropiques du vivant de leurs fondateurs, dans l’optique de laisser un héritage aux générations futures et de perpétuer la vision du fondateur. Toutefois, les donateurs sont très regardants.
Depuis sa création en 2017, les principaux donateurs du Fonds MAPON sont donc connus. Il s’agit de : des fondations Rachel Forrest, Banro, Kibali Gold, Rawji de Rawbank et Sofibanque, et nombre de personnes anonymes. A-t-on au moins fait des enquêtes dont les résultats nous permettraient de douter de l’authenticité de cette liste ? Je connais des donateurs Congolais de la diaspora qui ont apporté leur modeste contribution – et dont les noms sont gardés anonymes de peur d’être calomniés – pour la réalisation de ce projet. Dire que ces contributions ont pour origine les caisses de l’État congolais est une absurdité !
Ci-dessous les déclarations de quelques donateurs de l’université MAPON:
Rachel Forest Fondation :
« L’éducation est une priorité pour la Fondation Rachel Forrest. Par ses initiatives, la Fondation contribue à permettre l’accès à une éducation de qualité pour des milliers d’enfants congolais. La Fondation Rachel Forrest finance régulièrement certaines écoles. […]Ces projets sont développés dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo (RDC), au Katanga et dans le Bas-Congo principalement. »
Gouvernement du Japon :
En 2018, le Japon a financé le projet « Équipement de blocs opératoires du Centre hospitalier Lumbu-Lumbu » ainsi que celui d’«Acquisition et installation des Laboratoires (chimie, physique, biologie et informatique) de l’Université Mapon », projet également financé par le Japon à hauteur de près d’un million de dollars – c’était en 2019, donc deux ans après le passage de Matata Ponyo à la primature. [ Est-ce là l’argent qui aurait été détourné des caisses de la République ?] https://www.digitalcongo.net/article/5cbf42c028a8ce0004f5ffc4/
Gouvernement Suédois :
Depuis la visite de l’ambassadeur de Suède a l’Université MAPON, la fondation Mapon reçoit aussi l’assistance de l’agence suédoise de coopération internationale. L’assistance de [la Suede serait-elle engagée dans pour couvrir Matata ]?
RawBank
Dans le rapport de la RawBank 2021, on peut lire que cette banque s’est engagée non seulement à accompagner financièrement les travaux de l’Université de Béni, à fournir des ordinateurs pour faciliter l’apprentissage des métiers du numérique et à octroyer des bourses d’études aux lauréats de l’établissement, mais aussi à prendre en charge les frais académiques des meilleurs étudiants de l’Université Mapon de Kindu. Est-ce là l’argent détourné par Matata de la primature ?
SECUNDO:
Il est important aussi de noter qu’en désignant faussement les habitants du Maniema comme les seuls bénéficiaires de la création de l’Université Mapon, les pourfendeurs de Matata sont en train de dresser les habitant des autres provinces contre ceux du Maniema. Pourtant, contrairement aux mauvaises langues, le recrutement des étudiant de l’Université MAPON n’est pas limité seulement au Maniema mais s’étend sur toutes les provinces de la RDC et même au-delà de nos frontières, comme vous le témoigne la vidéo au bas de ce message.
La haine aveugle que certains cadres congolais rependent continuellement n’est pas de nature à raffermir la cohésion nationale. « Que celui qui incite à la haine […] ne s’étonne pas qu’à la fin on brûle un bébé dans la nuit », disait Shimon Peres.
Il existe quantité d’exemples où certains, à cause de leur opposition au régime Kabila, rejettent toute action, aussi bonne soit-elle, entreprise par un dignitaire de l’ancien régime. À titre d’exemple, le 24 novembre 2019, les bâtiments de l’internat du lycée Notre-Dame de l’Espérance à Kindu (comprenant dortoir, bibliothèque, et quelques salles de cours), dont la construction avait été financée par la fondation de Mme Olive Lembe Kabila, ont été réduits en cendres par un incendie criminel ; les pyromanes (non recherchés par la police) seraient des membres connus de la coalition présidentielle. Est-ce là une façon de promouvoir la cohésion nationale et prouver que l’on aime notre pays ? Bien au contraire.