La RDC n’est pas sous embargo d’armes mais sous un régime de notification. Un éventuel déficit en armes pour la défense du pays ne résulte pas d’un embargo mais des priorités du gouvernement congolais dans ses dépenses. Il est tout à fait immoral et irresponsable d’offrir aux députés 500 jeeps dont la valeur totale est estimée à $30 millions alors que l’armée manque d’hélicoptères de combats. Le coût de ces jeeps représente celui de 10 redoutables hélicoptères de combat Mi-28.

L’ONU précise: l’embargo sur les armes en RDC ne concerne que les groupes armés, pas les FARDC

Mercredi 9 mars 2022 – 14:40

Les armes dans un camp militaire dans le territoire de Beni

Les armes dans un camp militaire dans le territoire de Beni

La MONUSCO a réagi ce mercredi à la suite de certains articles de presse concernant l’embargo sur les armes qui s’applique en RDC. La mission onusienne précise que l’idée selon laquelle l’embargo du Conseil de Sécurité des Nations Unies empêche les autorités de la RDC de se doter en matériels pour appuyer l’effort de guerre dans les provinces de l’Est du pays est erronée. Les autorités de la RDC peuvent s’approvisionner librement en matériel de guerre.

« Le régime d’embargo qui prévaut actuellement interdit, de manière évidente, toute forme d’appui aux groupes armés sévissant sur le territoire de la RDC, mais autorise les autorités du pays à faire l’acquisition de tout matériel nécessaire pour le maintien de l’ordre et la sécurisation des populations et ce sans aucune restriction », dit une note de la MONUSCO.

Et d’ajouter:

« Seul le pays exportateur est tenu de notifier le Comité de Sanctions établit par le Conseil de sécurité d’une livraison aux autorités, sans nécessité de recevoir son approbation. Ces notifications permettent de s’assurer que des matériels de guerre acheminés vers la RDC seront bien remis au seul destinataire autorisé, à savoir le Gouvernement de la RDC, et non pas à une milice ou une force déstabilisatrice ». 

La MONUSCO précise aussi que l’objectif de l’embargo n’est « certainement pas de priver d’accès les autorités du pays aux matériels nécessaires au rétablissement de l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire et au retour de la paix. L’embargo est au contraire bien une mesure qui vise à protéger les autorités congolaises, avec une interdiction formelle de tout soutien aux groupes armés ».

En mars 2008, le Conseil de sécurité avait ajusté et reconduit les sanctions imposées à la RDC.  L’embargo pour les armes à destination du gouvernement avait été levé.

RDCongo: armes et formations de multiples pays sans notification, accuse l’Onu

Par Le Figaro avec AFP

Publié le 19/06/2020 à 01:05

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) bénéficient d’armes et de formations venant de multiples pays sans notification de l’Onu comme l’impose une résolution de 2004, dénonce un rapport remis récemment au Conseil de sécurité. Obtenu jeudi par l’AFP, ce document encore confidentiel des experts de l’Onu chargés de contrôler les sanctions en RDCongo, indique que certaines des armes recensées sont tombées aux mains de groupes armés dans l’est du pays. Les experts, dont le mandat comme le régime de sanctions expire fin juin, citent des instructeurs et du matériel venus, entre autres, d’Albanie, de Roumanie, de Turquie, d’Afrique du Sud, d’Israël, de Chine, d’Iran, du Royaume Uni, de Chine, de Corée du Nord, du Soudan ou des Etats-Unis.

La RDCongo et les FARDC ne sont plus visées depuis 2008 par un embargo sur les armes instauré en 2003 mais ce dernier continue de s’appliquer à l’égard des groupes armés. La formation des FARDC ou une livraison d’armement à leur intention reste toutefois sujette à une notification. Les sanctions onusiennes peuvent aussi porter sur des interdictions de voyager et des gels d’avoirs. «Concernant l’embargo sur les armes, plusieurs pays fournissent un entrainement militaire et livrent des quantités significatives d’armes, de munitions, d’équipement et de véhicules militaires aux FARDC sans notification préalable au Conseil de sécurité en application de la résolution 1533 de 2004», dénoncent les experts dans leur rapport.

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Des hélicoptères civils de fabrication américaine ont été transférés aux FARDC qui les utilisent pour des opérations militaires, précisent les experts dont les investigations portent sur une dizaine d’années. «Depuis une décennie, une grande partie du soutien logistique aérien des FARDC s’appuie sur des transporteurs civils opérant en contradiction avec les normes de l’aviation civile internationale et nationale», soulignent-ils.

Parmi les multiples exemples décrits, le rapport relève la présence entre décembre 2019 et janvier 2020 d’instructeurs israéliens auprès des forces spéciales des FARDC dans la région de Goma, frontalière avec le Rwanda. D’autres formateurs militaires venus d’Afrique du Sud ont dispensé un enseignement en 2011, 2014 et 2016. Entre 2010 et aujourd’hui, des instructeurs chinois sont aussi intervenus auprès de l’armée congolaise, indique le rapport.

Toujours sans notification, plusieurs tonnes d’armements destinées aux FARDC ont été livrées depuis janvier 2018. Des camions militaires ont aussi été acheminés entre 2016 et 2018, année au cours de laquelle sept hélicoptères civils ont été repeints à leur arrivée avant de recevoir une immatriculation militaire. «Une partie du matériel livré aux FARDC a ensuite été détournée vers des groupes armés dans l’est de la RDCongo», précisent les experts.

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Entre 2015 et 2019, huit transferts d’armement ont été effectués par l’armée chinoise et d’autres matériels trouvés en RDCongo ont des similarités avec des fabrications chinoises (jeeps, camions militaires, blindés, bateaux, armes), selon le rapport. «Aucune notification chinoise n’a été reçue par l’Onu depuis avril 2009 et les autorités chinoises ont indiqué enquêter pour répondre aux questions du groupe d’experts», précise le document. Les enquêteurs disent aussi avoir trouvé en possession des forces armées congolaises des fusils d’assaut fabriqués par l’Albanie, des lance-grenades d’origine brésilienne et des roquettes de fabrication bulgare. Aucune notification n’a été faite à leur sujet, pas plus que pour de l’armement ayant des similarités avec une production roumaine et turque.

Des roquettes ressemblant à du matériel fabriqué en Iran et ayant servi lors d’une attaque en juillet 2019 contre la mission de l’Onu (Monusco) a aussi été repéré. Interrogées, les autorités iraniennes ont assuré qu’il ne s’agissait «pas d’armes fabriquées en Iran et que ce pays n’avait jamais transféré aucun matériel vers la RDCongo». Le groupe d’experts fait part dans le rapport de son inquiétude face à la possibilité «que du matériel iranien ait pu être transféré en RDCongo par une tierce partie».

Des véhicules militaires Land Rover conçus par le Royaume Uni et possédés par les forces armées congolaises font l’objet d’une enquête par les autorités britanniques, d’après le rapport.

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By Habari

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