Assemblée générale de l’ONU: «Il faut se déconnecter au plus vite du gaz et du pétrole russes», déclare Alexander De Croo

Arrivé mercredi midi à New York, le Premier ministre a rencontré le secrétaire général de l’ONU. Ils ont parlé de la guerre en Ukraine et du futur de la Monusco au Congo.

Le Premier ministre Alexander De Croo et le Secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres se serrent la main lors d'une séance de photos, à l'occasion d'une réunion bilatérale entre la délégation belge et le Secrétaire général de l'ONU, en marge de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, à New York, États-Unis d'Amérique, mercredi 21 septembre 2022.
Le Premier ministre Alexander De Croo et le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres se serrent la main lors d’une séance de photos, à l’occasion d’une réunion bilatérale entre la délégation belge et le Secrétaire général de l’ONU, en marge de la 77e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, États-Unis d’Amérique, mercredi 21 septembre 2022. – Belga
Philippe de Boeck

Chef du service MondePar Philippe de BoeckPublié le 22/09/2022 à 00:00 Temps de lecture: 4 min

Apeine arrivé à New York, le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) a rencontré le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres dans son bureau. A l’issue de cet entretien, il a répondu aux questions de la presse belge.

« Nous sommes au cœur du multilatéralisme mondial, au moment où un de ses membres fondateurs attaque une de ses anciennes colonies. Pour un pays comme la Belgique, il n’y a pas de situation plus menaçante… D’où l’importance d’être ici en ce moment », a entamé Alexander De Croo. « Le secrétaire général fait de son mieux dans une situation où, malheureusement, on ne peut que constater qu’un accord de paix n’est pas dans ce schéma-là ».

« Nous devons aussi montrer à l’Assemblée générale que nous ne sommes pas obsédés que par l’Ukraine et la Russie. Ce serait une grossière erreur », poursuit le Premier ministre. « Le principal problème que nous avons en Europe, c’est notre dépendance aux énergies fossiles. Cela rend l’agenda ONU des Objectifs de développement durable d’autant plus pertinent et d’actualité. Nos démocraties sont vulnérables et dans certains cas, pas suffisamment fortes ».À lire aussiLa Belgique peut-elle se passer du gaz russe ?

« Continuer à aider l’Ukraine »

Alexander De Croo estime que le seul levier dont dispose la Belgique pour aider l’Ukraine à gagner la guerre consiste à continuer à lui apporter son soutien. « Au niveau militaire, nous avons déjà fourni pour plus de 45 millions d’euros de matériel. Sur le plan humanitaire et médical, nous en sommes à plus de 110 millions ».

A la question de savoir s’il comptait se rendre prochainement à Kiev, le Premier ministre a répondu qu’il n’y avait rien de planifié pour le moment… « On n’est pas dans le contexte d’en faire une visite touristique. Si on va à Kiev, c’est pour une bonne raison. On continue à aider l’Ukraine et on était un des premiers à le faire, mais j’irai à Kiev si ça peut apporter de la valeur ajoutée. Pour l’instant, je n’en vois pas. On peut les aider autrement qu’en allant simplement à Kiev. »

« Du jamais vu depuis la Guerre froide »

Pour Alexander De Croo, ce qu’on vit aujourd’hui est « du jamais vu ». « Même durant la période la plus difficile de la guerre froide, on n’a jamais eu de menaces tellement directes par rapport à l’utilisation d’armes nucléaires par exemple… On ne doit pas se laisser intimider. On doit rester calmes et ne pas mettre de l’huile sur le feu. Ce n’est pas la première fois que la Russie brandit cette menace. La réaction de l’Otan de ne pas répondre par l’escalade est la bonne ».

Par rapport à l’appel de la Chine en faveur d’un cessez-le-feu, le Premier ministre estime qu’il ne pourra y en avoir un que quand la Russie le décidera. « Si la Chine essaye de se positionner ces derniers mois comme un pays qui a de bonnes relations avec la Russie, elle doit les utiliser dans ce sens… Et c’est évidemment à l’Ukraine de fixer ses conditions, notamment la souveraineté sur les territoires conquis par la Russie depuis 2014 ».

Au niveau européen, la Belgique va-t-elle plaider pour davantage de sanctions contre la Russie. « Les paquets de sanctions vont loin. Pour moi il y a une priorité, c’est de se déconnecter le plus vite possible de notre dépendance aux énergies fossiles russes. C’est ça qui aura un impact. On pensait qu’on aurait besoin d’années pour y arriver. Aujourd’hui, je ne pense plus en termes d’années mais de mois. C’est nécessaire pour stabiliser le continent européen. On n’a pas le choix, il faut se déconnecter à la source… Deux tiers des pays européens sont d’accord pour un plafonnement des prix de l’énergie. Le Premier ministre norvégien a dit à New York qu’il ne s’y opposera pas ».À lire aussiGuerre en Ukraine: quand la Russie impose sa propagande au Conseil de sécurité de l’ONU

« Il faut remplacer la Monusco »

Autre sujet évoqué avec Antonio Guterres, le Congo et la Monusco. « Il faut mettre un terme à la configuration actuelle et la remplacer par quelque chose d’autre. « Son efficacité n’est pas celle qu’elle devrait être. Une mission des Nations doit protéger la population congolaise et pouvoir mettre un terme aux conflits dans la région. Le mandat de la Monusco n’est manifestement pas approprié », explique Alexander De Croo.

Toujours autour du Congo, notre Premier ministre rencontrera longuement le président Félix Tshisekedi. « Je vais évoquer avec lui le fait qu’il n’y a pas assez de progrès au niveau de l’Etat de droit, de la lutte contre la corruption et pas de progrès suffisants au niveau du développement en général. La RDC se prépare pour des élections à la fin de l’année prochaine et il faut qu’elle fasse des progrès d’ici là ».

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