POLITIQUE

Ce que l’on reproche à Fortunat Biselele, l’ex-conseiller de Félix Tshisekedi

En RDC, après sept jours d’interrogatoire dans les locaux de l’ANR, Fortunat Biselele a été placé sous mandat d’arrêt provisoire. Il vient de passer sa première nuit à Makala. Jeune Afrique vous révèle les motifs de son inculpation.

21 janvier 2023 à 10:47

Par Jeune Afrique

Mis à jour le 21 janvier 2023 à 11:02

Fortunat Biselele, l’ex-conseiller privé de Félix Tshisekedi, a été arrêté le 14 janvier à Kinshasa, en RDC. © DR

C’est habillé d’un simple tee-shirt vert, casquette rouge sur la tête et sandales aux pieds, que Fortunat Biselele a été transféré à la prison centrale de Makala, dans la soirée du vendredi 20 janvier, après avoir passé plusieurs heures au Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa.

Selon le mandat d’arrêt provisoire auquel Jeune Afrique a eu accès, il a en effet été inculpé de « trahison, atteinte à la sureté extérieure de l’État et propagation de fausses nouvelles ».À LIREDix choses à savoir sur Fortunat Biselele, l’ex-conseiller privé de Félix Tshisekedi

Il y a une semaine, celui qui était encore le puissant conseiller privé de Félix Tshisekedi a été interpellé avec Pacifique Kahasha, chargé de mission du président qui, lui, a été libéré rapidement. Il a ensuite passé une semaine dans les locaux de l’Agence nationale de renseignements (ANR), dirigée par Jean-Hervé Mbelu Biosha, et seule sa femme, Sarah Agnelli, a eu accès à lui.

Rôle trouble avec le Rwanda

D’après les premiers éléments de l’enquête, c’est bien l’émission réalisée le 6 janvier par le producteur camerounais Alain Foka qui a été le déclencheur de la chute de Fortunat Biselele. L’ex-conseiller privé est accusé d’avoir voulu nuire au président en révélant la teneur de négociations avec le Rwanda. Dans cette vidéo, il expliquait que Félix Tshisekedi avait proposé à Paul Kagame de travailler ensemble pour trouver des investisseurs intéressés par les minerais congolais.

Au-delà de ces révélations, « Bifort » est désormais accusé d’avoir joué un rôle trouble avec le Rwanda, contre les intérêts de la RDC. Il est notamment soupçonné d’avoir eu des contacts avec des officiers rwandais, à l’insu de Félix Tshisekedi.

Ancien du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), il a de solides réseaux dans l’appareil sécuritaire rwandais et a longtemps été chargé par le chef de l’État congolais d’être l’un de ses émissaires auprès du régime de Kigali. Enfin, il lui est reproché de s’être enrichi illégalement grâce à ses fonctions.

« Humiliation »

Selon les informations de Jeune Afrique, Fortunat Biselele a rejeté toutes les accusations au cours de ses différents interrogatoires. Il s’est montré « combattif », assure un membre de son entourage qui regrette « l’humiliation » que représente pour lui cette épreuve.À LIRERDC : Beya, Biselele, Nangaa… Discrète guerre de palais dans le premier cercle de Tshisekedi

Nommé conseiller privé de Félix Tshisekedi en février 2019, « Bifort » était considéré comme l’un des hommes les plus influents auprès du chef de l’État, mais aussi comme un proche de la première dame Denise Nyakeru Tshisekedi. Dimanche 15 janvier, au lendemain de son interpellation, il a été démis de ses fonctions tout comme deux de ses proches au sein du cabinet du président, Taupin Kabongo, ex-secrétaire particulier, et Jean-Claude Kabongo, ex-conseiller en matière d’investissements.

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