RDC: Kinshasa au ralenti à l’occasion de la journée «ville morte»

En République démocratique du Congo, une partie de l’opposition appelle à une journée ville morte ce mercredi à Kinshasa. Une initiative portée par la plateforme C64 qui regroupe plusieurs partis afin de s’opposer à toute modification de la Constitution voulu par le pouvoir en place et qui pourrait permettre au président Tshisekedi de rester à la tête du pays après son deuxième mandat. Cette journée « ville morte » est la première action de la C64 et elle vue comme un test sur la capacité à mobiliser des opposants.

Publié le : 03/06/2026 – 07:22Modifié le : 03/06/2026 – 20:21

3 minTemps de lectureÉcouter – 01:21

Circulation timide dans le centre-ville de Kinshasa en RDC, le 3 juin 2026
Circulation timide dans le centre-ville de Kinshasa en RDC, le 3 juin 2026 © Paulina Zidi / RFI

Par :RFI

Avec notre correspondante à Kinshasa, Paulina Zidi

Ce mercredi matin, Kinshasa s’est réveillée au ralenti. Peu de circulation, ce qui n’est pas habituel dans les rues et pas d’embouteillages, notamment sur les grands axes pour sortir de la ville.

Certains magasins sont restés fermés et plusieurs écoles ont signalé des absences du côtés des élèves, mais aussi des professeurs. Dans certains quartiers visités ce matin et réputés proches de l’opposition, on se réjouissait de ce calme apparent, estimant que le mot d’ordre avait été suivi. Pour d’autres Kinois, ce ralentissement il est aussi dû à une inquiétude concernant d’éventuels heurts possible dans les rues. Plusieurs parents notamment nous ont confié avoir préféré garder leurs enfants chez eux aujourd’hui.

Une ville au ralenti, mais pas à l’arrêt. Dans les rues ce mercredi, il y a des transports : des bus des services publics, mais aussi des mini-bus jaunes appelés 207. On peut aussi voir des vendeurs de rue, des cambistes, les stations-essence sont ouverts comme la plupart des supermarchés. À signaler aussi, une présence sécuritaire plus importante que d’habitude aussi, même si jusqu’à présent il n’y a pas eu d’incident reporté.

Les activités ont tourné au ralenti à Kinshasa, le 3 juin 2026, alors que l'opposition appelait à une journée ville morte.
Les activités ont tourné au ralenti à Kinshasa, le 3 juin 2026, alors que l’opposition appelait à une journée ville morte. © Paulina Zidi / RFI

Une « obligation d’assiduité »

« Chacun reste chez soi » : c’était le mot d’ordre choisi par les opposants à toute modification de la Constitution réunis autour de la bannière C64. Pour cette journée, pas de manifestation, pas de rassemblement au programme, mais un test pour mesurer leur capacité de mobilisation. « On n’en doute pas, on sait ce que le peuple veut », confient plusieurs responsables militants.

En face, la coalition au pouvoir ne partage pas la même confiance et ne s’attend pas à une forte mobilisation. D’ailleurs, « nous n’avons pas prévu de contre-manifestation », confie un cadre de l’UDPS, mais « nous serons vigilants pour que les Kinois et les Kinoises puissent aller travailler normalement. »

Les autorités de RDC ont, elles, multiplié les appels à aller travailler pour les fonctionnaires. Le ministre de la Fonction publique a même publié un communiqué pour rappeler aux agents « la neutralité et l’apolitisme de l’administration » ainsi que « l’obligation d’assiduité ». « Le succès ou l’échec d’un appel à une ville morte se joue dans les premières heures de la journée », estime un acteur de la vie politique qui ajoute : « Le seul indicateur fiable d’une éventuelle mobilisation, ce sera la présence ou non d’embouteillages ».

By admin

S’abonner
Notification pour
guest

0 Comments
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x