VI. La coopération internationale et le panafricanisme : une souveraineté ouverte sur le monde
Sans respect mutuel entre les nations, la coopération perd sa légitimité.
Mes chers compatriotes,
L’une des plus grandes méprises concernant la pensée de Patrice Émery Lumumba consiste à réduire son combat à une opposition entre blocs idéologiques. En réalité, Lumumba ne défendait ni l’isolement du Congo ni la rupture avec le reste du monde. Il défendait un principe beaucoup plus exigeant : celui d’une coopération librement consentie entre des États souverains, fondée sur le respect mutuel, l’égalité des nations et la réciprocité des intérêts.
Le Congo indépendant n’avait pas vocation à vivre replié sur lui-même. Il avait vocation à participer pleinement à la communauté internationale, à développer des partenariats avec tous les peuples et à contribuer à la paix, au progrès scientifique, au commerce international et au développement de l’Afrique.
Cette vision demeure pleinement actuelle. Dans un monde marqué par une interdépendance croissante, aucune Nation ne peut prétendre relever seule les défis de son temps. Les changements climatiques, les pandémies, les mutations technologiques, la sécurité régionale, les échanges commerciaux et les investissements exigent une coopération internationale toujours plus étroite.
Mais cette coopération ne peut produire des résultats durables que si elle repose sur un principe fondamental : le respect de la souveraineté des États.
La République Démocratique du Congo ne doit ni s’isoler ni s’aligner aveuglément sur quelque puissance que ce soit. Elle doit développer une diplomatie fondée sur ses intérêts nationaux, ouverte à tous les partenariats qui contribuent à la paix, au développement, au transfert des connaissances, à la création d’emplois et à la valorisation de ses ressources humaines et naturelles. Notre politique étrangère doit être guidée non par les rivalités des autres, mais par les besoins de notre peuple.
Cette coopération doit également commencer sur notre propre continent. Le destin du Congo est indissociable de celui de l’Afrique. La stabilité de notre pays contribue à la stabilité de la région des Grands Lacs. Son développement économique participe au développement du continent. Sa jeunesse constitue une richesse pour toute l’Afrique.
C’est ici que s’enracine l’idéal panafricain, indissociable de la vision de Patrice Lumumba. Pour lui, le panafricanisme n’était pas une simple utopie ; c’était une nécessité stratégique et politique. Il avait profondément conscience qu’aucun État de notre continent ne pourrait préserver durablement son indépendance si l’Afrique demeurait fragmentée et vulnérable.
Aujourd’hui, cet héritage panafricain doit se traduire par des actes : une intégration économique continentale, des infrastructures partagées, une sécurité collective et l’émergence d’une voix africaine forte et unie sur la scène mondiale. Par sa position géographique au cœur de l’Afrique, par l’immensité de ses ressources et par la force de son histoire, la République Démocratique du Congo n’a pas seulement vocation à participer à cette dynamique : elle a le devoir historique d’en être l’un des principaux moteurs.