RDC : ce qui surpend dans le mandat d’arrêt international contre le « fugitif Katumbi »
- 17 août 2018
Le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, a révélé lors d’un point presse de la coalition du pouvoir Front commun du Congo qu’un mandat d’arrêt international avait été émis contre Moïse Katumbi. Et d’ajouter que ce mandat d’arrêt avait été envoyé à certains pays africains et européens, avant de poursuivre : « Pour nous, on ne l’a pas empêché d’entrer. Pour la justice congolaise, M. Katumbi est un fugitif et il doit être arrêté dès qu’il sera sur le territoire national. Cette position-là n’a pas changé. Le déploiement de la police à la frontière de Kasumbalesa avait été fait pour l’arrêter. M. Katumbi savait très bien qu’en arrivant sur le territoire congolais, il serait immédiatement arrêté« .
Cette déclaration du ministre Thambwe a de quoi surpendre.
1. Pour les événements à Kasumbalesa, en contradiction avec les propos du ministre Thambwe, les autorités zambiennes ont expliqué que leurs homologues congolaises leur avaient demandé de ne pas autoriser le passage de Moïse Katumbi. Si on en croit le ministre congolais, les autorités zambiennes mentent. Pourquoi auraient-elles pris fait et cause pour Moïse Katumbi ? Les autorités zambiennes, bien au contraire, ont été très diplomates dans ce dossier. Pas un mot ainsi sur certaines arrestations de Congolais, armés et en civil sur la frontière, côté zambien, le vendredi 3 août.
2. Comment expliquer encore la note de la DGM, le 4 août, envoyée à toutes les compagnies aériennes qui opèrent en RDC. Une note dans laquelle on peut lire : « il est strictement interdit d’embarquer à bord de vos aéronefs, jusqu’à nouvel ordre, tout détenteur d’ancien passeport congolais semi-biométrique ». Kinshasa sait pertinemment que Moïse Katumbi dispose d’un de ces passeports semi-biométriques. L’ancien gouverneur s’était présenté, l’hiver dernier, à l’ambassade de la RDC à Bruxelles pour introduire une demande de passeport biométrique. La demande n’a jamais reçu de réponse. Encore une occasion ratée de laisser rentrer le fugitif au pays. Une disposition qui cible un homme et qui embarrasse pas mal de Congolais rentrés au pays avec un passeport semi-biométrique et qui ont été priés de changer rapidement de passeport et donc de débourser près de 300 dollars pour pouvoir prendre le vol du retour.
