Alors que depuis le 19 novembre, l’enquête Congo Hold-up révèle les dessous du détournement de 138 millions de dollars à la BGFI Bank RDC par l’ancien président Joseph Kabila et ses proches, le patron du groupe, Henri-Claude Oyima, a choisi Kinshasa pour y répondre et pas n’importe quel journaliste, Jean-Marie Kassamba, patron d’une télévision proche de l’ancien régime de Joseph Kabila, Tele 50. Henri-Claude Oyima l’assure en tout cas : son groupe respecte toutes les règles.

Le journaliste congolais Jean-Marie Kassamba l’annonce dans son discours introductif. Henri-Claude Oyima est venu à Kinshasa pour « rétablir la vérité sur sa banque ». Le PDG du Groupe BGFI assure que toutes les procédures sont respectées. « Vous savez, on ne fait pas 50 ans par hasard, on fait 50 parce qu’on est sérieux, parce qu’on suit la réglementation », explique-t-il.

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« Le métier qui est le notre est un métier qui est soumis à des obligations, à un respect scrupuleux en termes des indications en termes de politique, en termes de stratégie, en termes d’organisation, donc pendant cinq ans, nous faisons ça, insiste aujourd’hui depuis le patron du  BGFI. Notre groupe est soumis aujourd’hui à plus de 8 régulateurs. » Il les énumère, le régulateur français en tête, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

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Depuis le 19 novembre 2021, les activités de la BGFI et de sa filiale en République démocratique du Congo (RDC) sont analysées par un consortium de 19 médias internationaux dont Radio France Internationale et cinq ONG, sur la base de plus de 3,5 millions de documents bancaires et des millions de transactions. Les conclusions de cette enquête sont accablantes pour la filiale congolaise du groupe BGFI qui aurait servi à transférer au moins 138 millions de dollars d’argent public sur des comptes de l’ancien président Joseph Kabila et de ses proches.

Au fil de l’intérview avec le patron de Télé 50, le PDG du Groupe BGFI finit par reconnaître qu’il y a pu y avoir quelques agissements « reprochables » mais il laisse à la justice le soin de déterminer les responsabilités.

Pour Henri-Claude Oyima surtout, c’est du passé. « Ce qui s’est passé, c’est une histoire très ancienne », assure le patron du groupe BGFI, assurant avoir pris des mesures. Il dément que « l’institution » BGFI ait pu participer aux détournements dénoncés par l’enquête Congo Hold-Up et pointe le rôle de « certains individus pour des raisons qui leur sont propres », ajoutant « souvent, on a tendance à mêler l’institution, c’est-à-dire la banque, la personne morale, avec les agissements qui peuvent être reprochables à des individus. La justice déterminera les responsabilités le jour venu. L’institution reste vertueuse […] avec un bilan total de 7 milliards de dollars. »

Henri-Claude Oyima dit être venu à Kinshasa pour rassurer les épargnants sur le soutien du groupe à sa filiale en RDC. Il l’assure aux Congolais: « L’institution reste vertueuse. »

(rfi)

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