DU DEFICIT BUDGETAIRE CHRONIQUE A L’ ECLOSION DES MAUX SOCIAUX

Rien ne sert de toujours vouloir contredire ou s’illustrer par des insolences dans un débat. Ce n’est pas en qualifiant sans preuve les membres du CET de pro-Rwandais (voire de Rwandais) que l’on apportera une quelconque solution aux problèmes du pays. Le CET n’est pas au pouvoir, mais le sera.

Être convaincu de la vision de l’intégration nationale telle que l’avait préconisée Patrice Lumumba pour stabiliser le pays et s’engager dans l’édification nationale et le développement ne signifie pas être de mèche avec les ennemis de notre pays. Comportons-nous en adultes, et adoptons le sens de la nuance.

Par ailleurs, comme nous l’avons déjà dit, bien lire et mieux comprendre les sujets discutés permettrait d’éviter de faire montre d’une analyse superficielle des sujets auxquels on voudrait réagir. Ainsi, il faudrait prendre le temps de lire correctement.

Statistiques historiques à l’appui, il a été démontré que, à partir de 1960, les instruments budgétaires étaient devenus les moyens par excellence pour les personnes au pouvoir de s’enrichir légalement au détriment des masses et d’acheter des loyautés des personnes . Mais pourquoi doit-on persister en se basant seulement sur le mythe pour nier l’existence du tribalisme de la corruption ainsi que des détournements durant la Première République ?

Faut-il répéter pour la énième fois que l’instabilité, l’accélération de la corruption, le tribalisme et le clientélisme ne sont que les conséquences de l’accaparement des ressources publiques par la bourgeoisie bureaucratique ? D’autres nations les avaient vécus aussi, mais à une moindre échelle.

Ainsi, la continuité des déficits s’accompagne d’une dépréciation monétaire, de l’inflation et de la décroissance du pouvoir d’achat, qui entraînent des mécontentements. Et l’effondrement de l’économie fut un des facteurs de l’insurrection de 1964 (l’autre facteur étant politique)

Par ailleurs la continuelle dépréciation monétaire et l’insuffisance des devises à la banque centrale n’obligent-elles pas les producteurs locaux à recourir [pou le meilleur revenu],  à la contrebande du café, de l’or, diamant et autres produits pouvant être écoulés aux frontières sans payer les redevances à l’État congolais?.

Avec la culture de la confusion du bien public et du privé, les « désignés » aux fonctions de l’Etat occuperont des postes bureaucratiques moins pour garantir la qualité du service public que pour s’enrichir illicitement et/ou acquérir un statut personnel ; et ce, même s’ils perçoivent un revenu décent par rapport aux travailleurs du secteur privé : ils vendront le service de l’État à ceux qui leur proposent en contrepartie de l’argent ou un quelconque autre bénéfice. Ils partageront le fruit de leur rapine avec ceux qui les ont désignés à leurs fonctions afin d’entretenir de relations verticales « patron-client » et/ou basées sur des liens de parenté ou d’appartenance ethnique. Ainsi, le clientélisme systémique et le tribalisme qui s’étendent du sommet à la base de l’Etat  empêchent  toute performance bureaucratique.

Ce sont là les quelques informations élémentaires que tout un chacun, même n’étant pas du domaine économique, devrait connaître avant de s’adonner à une insolence outrageuse contre le nom de Patrice Lumumba.

D’ailleurs, pour justifier sa prise de pouvoir en novembre 1965, Mobutu avait reconnu l’existence de la corruption et de la déchéance économique au Congo sous le regime anti-lumumbiste ; et ce, même si, au lieu d’apporter une solution au problème, il l’aggravera. 

Ci-dessous un extrait du discours-programme du President Mobutu prononce au stade de Leopoldville le 12 decembre 1965 : 

« Je vous ai déjà dit que l’Administration publique tant nationale que provinciale est corrompue et déficiente. J’ajoute que la justice est rendue de façon déplorable et je constate enfin que la situation sociale, économique et financière du pays est catastrophique.

Le Congo est malade économiquement et si on n’y prend garde, il ne se relèvera plus jamais. Le peuple congolais sera plongé définitivement dans la misère et le sous-développement.

Le retard du Congo relativement aux autres nations va s’accentuer et se creuser d’une manière irréparable » (cf. Brochure Haut Commissariat a l’Information (1965) ,p.16).

Il faut donc cesser d’entretenir le mythe que la Première République a été bien gouvernée politiquement et économiquement. Les maux que nous décrions aujourd’hui trouvent leur origine dans la destruction des institutions de la jeune République en 1960 par la Balgiques et  ses pions congolais.

Pour sortir de cette trajectoire, les cadres congolais se caractérisant par leur amour de la patrie, des connaissances certaines et une expertise avérée sont invités à se regrouper pour diriger l’Etat dans le cadre d’une période de transition technocratique. C’est le leitmotiv du CET. Les cadres qui se reconnaissent dans cette description sont priés de nous rejoindre incessamment, et ceux qui ne s’y retrouvent pas voudront bien prendre le temps de se former solidement, sans perturber les débats.

Pierre Sula

Coordonnateur du CET

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