RDC : Chocolat « made in Goma »

 RÉSERVÉ AUX ABONNÉS21 janvier 2022 à 12:06Par Muriel Devey Malu-MaluMis à jour le 21 janvier 2022 à 14:38

Alexis Kalinda, fondateur de la Chocolaterie Lowa. © CASTOFAS

À la tête de la chocolaterie Lowa, l’entrepreneur congolais installé dans le Nord-Kivu et dont les installations ont une capacité de production de 200 kg de chocolat par mois alimente le marché local. Prochaines étapes : produire plus et exporter en Europe.

Fils d’exploitants, Alexis Kalinda a fait de l’agriculture sa vie, principalement dans la filière café. Jusqu’à ce qu’il décide d’investir dans le cacao. »J’ai constaté que les boutiques d’alimentation vendaient des tablettes de chocolat et je me suis dit qu’il y avait des choses à faire de ce côté-là », explique-t-il. Il se lance alors dans la filière, avec, dès le départ, l’idée de « faire du chocolat ».À LIRECafé-cacao : la RDC sur la piste de la Côte d’Ivoire ?

À Walikale, dans son Nord-Kivu natal, il reprend des terres plantées en 1950 par des Belges et abandonnées par la suite. Il forme les paysans de la région à la cacaoculture, les aide à se structurer en coopératives et leur apprend les bonnes pratiques culturales. Sans pesticides ! « Pour avoir un produit de qualité et obtenir la certification bio pour notre cacao et notre chocolat », souligne l’entrepreneur.

Exporter en Allemagne

C’est dans la cuisine familiale, à Goma, qu’Alexis Kalinda fait en 2013 ses premiers essais de transformation. Des analyses aux États-Unis confirment que les fèves sont de bonne qualité et l’encouragent à poursuivre l’aventure. Il crée alors sa société, la chocolaterie Lowa, du nom de la rivière qui traverse les deux Kivus et le Maniema avant de se jeter dans le fleuve Congo.À LIRECôte d’Ivoire : pourquoi le chocolat est-il si peu commun chez le premier producteur mondial de cacao ?

L’entreprise s’approvisionne auprès des 500 planteurs, qu’il a aidés à se structurer en trois coopératives, et de 130 planteurs indépendants, chacun d’entre eux disposant d’environ 1 hectare de plantation. Sa production est limitée à 200 kilos de chocolat par mois. « Nos trois machines ne peuvent produire que 2,5 kg de chocolat par jour », précise Alexis Kalinda, avant d’ajouter que trois machines supplémentaires de 50 kilos par jour permettraient d’augmenter la production au niveau qu’il souhaite.

La Chocolaterie Lowa produit des tablettes de chocolat noir, blanc ou au lait, de 20, 45 ou 80 grammes, avec des pointes de piment, de gingembre, de café, de poivre…
La Chocolaterie Lowa produit des tablettes de chocolat noir, blanc ou au lait, de 20, 45 ou 80 grammes, avec des pointes de piment, de gingembre, de café, de poivre… © CASTOFAS

La Chocolaterie Lowa confectionne du beurre de cacao et des tablettes de chocolat noir, blanc ou au lait, de 20, 45 ou 80 grammes, avec des pointes de piment, de gingembre, d’arachide, de café, de poivre noir, d’éclats de fèves grillées… Ses marchés ? « Goma, Kinshasa et Lubumbashi », répond le chocolatier qui compte exporter prochainement vers l’Allemagne.À LIREGastronomie : « Le Béaba de la cuisine RDcienne » s’invite sur la toile

Accroître l’approvisionnement en cacao sans détruire la forêt n’est pas un problème, la matière première est disponible. « Je fais de la conservation communautaire. Je protège les gorilles. Je ne peux donc pas détruire la forêt avec mes activités ! » assure Alexis Kalinda. Sur les emballages du chocolat figurent d’ailleurs un crabe, un okapi, un gorille ou un motif de pagne. « On a voulu lier notre chocolat à l’histoire et à la biodiversité de la RDC et montrer que l’on en fabrique avec des produits congolais, pour des Congolais. »

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