8 milliards d’êtres humains sur la Terre: qui a tort, qui a raison? (infographies)

Serait-on 8 milliards d’êtres humains sur la planète comme le prétendent certains ? Alors que d’autres estiment que le curseur ne sera franchi qu’en 2023. Qui a raison, qui a tort ? Article réservé aux abonnés

La ville de Lagos, au Nigeria: d’ici 2050, la population du continent africain passera de 1,3 milliard à 2,5 milliards.
La ville de Lagos, au Nigeria: d’ici 2050, la population du continent africain passera de 1,3 milliard à 2,5 milliards. – Reuters
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Par Guillaume DerclayePublié le 26/01/2022 à 19:31 Temps de lecture: 3 min

Le mercredi 19 janvier, à 15 heures, la planète Terre aurait atteint 8 milliards d’habitants. C’est du moins ce que montre le compteur démographique de Neodemos, site pour lequel collaborent plusieurs démographes italiens reconnus. Les projections des Nations unies, auxquelles se raccrochent la plupart des démographes annoncent, elles, le passage du cap emblématique au début de l’année 2023. C’est à ce moment-là que sera officiellement célébré, en grande pompe, le franchissement symbolique.

« Même dans un pays comme la Belgique, on a des incertitudes sur la taille de la population », commente Bruno Schoumaker, démographe à l’UCLouvain. A l’échelle mondiale, ce degré d’incertitude est encore plus important car certains pays n’ont pas eu de recensement depuis des années. » Le cas extrême ? La République démocratique du Congo, dont le dernier recensement date de 1984. « Il y a bien sûr des estimations, mais elles résultent d’approches indirectes. De ce fait, on a une marge de 5 à 10 millions de personnes pour la RDC. Au niveau mondial, avoir un écart de 100 à 200 millions de personnes est donc tout à fait normal ». Alors, 7,9 ou 8 milliards ? Qui a raison, qui a tort ? Tout le monde et personne, tant il est impossible de fixer un chiffre précis sur la population mondiale.

Une croissance qui ralentit

De manière générale, la population mondiale n’arrête pas de croître. La tendance, qui s’est accélérée fin du 18e siècle, commence tout de même à perdre en vitesse. On estime qu’il y avait 1 milliard d’habitants sur terre en 1800, on se trouverait aujourd’hui aux alentours de 7,9 milliards (voire 8 milliards selon certains). De 4 milliards en 1974, nous sommes passés à près de 8 milliards en 2022, soit un doublement en 48 ans. Tous les 12 ans, un milliard de petits humains s’ajoutent au compteur (près de 100 fois la population belge). A ce rythme, nous serons 10 milliards à nous partager la planète bleue en 2050.

« On a parfois l’impression qu’on peut agir sur la croissance démographique de manière très simple, en interdisant aux gens d’avoir plus d’un enfant, en distribuant des contraceptifs, etc. Cependant, même si les comportements changent drastiquement du jour au lendemain, la population va continuer à croître. C’est ce qu’on nomme l’inertie démographique, ce sont des changements prévisibles, qu’on sait prévoir à long terme et difficilement modifier à court terme », rappelle le démographe.

Le continent africain, cœur de la croissance à venir

En règle générale, la croissance démographique est plus faible dans les pays développés, suite à une plus faible natalité (elle-même étant à l’origine du vieillissement généralisé de la population). Certains pays d’Europe connaissent même une décroissance de population.

À l’opposé du spectre, se trouve l’Afrique subsaharienne, « où on fait face à une natalité très élevée. C’est là-bas que la croissance démographique du siècle aura lieu. La population y double tous les 25 à 30 ans. » D’ici 2050, la population du continent africain passera donc de 1,3 milliard à 2,5 milliards.

Et en Belgique ?

Ni un pays où la natalité est très faible comme dans le sud de l’Europe, ni un pays comme la France où elle est un peu plus élevée : la Belgique se situe dans la moyenne européenne. « Ce qui a été exceptionnel en 2020, c’est la surmortalité (il s’agit de l’année la plus meurtrière que la Belgique ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale, NDLR). Suite à la crise du covid, il y a eu plus de décès que de naissances et un solde migratoire moins important. Aujourd’hui, 80 % de la croissance démographique provient de la migration et 20 % du solde naturel », conclut Bruno Schoumaker.

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