Kinshasa: des généraux et François Beya, le «grand maître du renseignement », sont aux arrêts.
Les raisons de son arrestation sont encore inconnues pour le moment. Article réservé aux abonnés


Journaliste au service MondePar Colette BraeckmanPublié le 5/02/2022 à 23:16 Temps de lecture: 2 min
A Kinshasa, François Beya, le très puissant conseiller du président en matière de sécurité a été interpellé chez lui et mis aux arrêts et interrogé par les hommes des services de renseignement militaire. Selon certaines sources, des généraux auraient également été mis aux arrêts. On ignore jusqu’à présent les raisons de cette arrestation.À lire aussiRD Congo: un an après l’apparition d’une nouvelle majorité, le «bal des chauves» se termine à Kinshasa
François Beya était l’un des « survivants » du régime Kabila, où il avait également dirigé les services de l’ANR et cet homme discret, aux relations nombreuses, était en quelque sorte l’un des derniers liens entre le nouveau pouvoir de Félix Tshisekedi et les « hommes de Kabila » qui, pour la plupart, ont été mis à l’écart ou ont quitté le pays au cours des mois écoulés. On se souvient que le Katangais Kalev Mutomb, l’homme fort des services de Kabila, qui dirigeait la très puissante ANR (agence nationale de renseignement) a quitté le pays pour trouver asile dans un pays africain à la veille d’une probable arrestation et que le général John Numbi, accusé dans le cas de l’assassinat de Floribert Chebeya, a lui aussi réussi à quitter la RDC, avant sa probable arrestation.
Homme des services, discret et super informé, disposant d’un important réseau dans les capitales voisines, entre autres au Rwanda et en France, François Beya, après avoir loyalement servi Joseph Kabila, avait réussi à se rendre indispensable au nouveau pouvoir, mais les compagnons de route du chef de l’Etat se méfiaient de lui, car malgré son carnet d’adresses et ses talents, ils le considéraient comme un homme de l’ancien régime.
La vague de coups d’Etat militaires qui secoue l’Afrique francophone, du Mali jusqu’au Burkina Faso a peut-être donné des sueurs froides en RDC également, les mêmes causes (les échecs de l’armée dans sa lutte contre les groupes armés et en particulier les jihadistes de l’Ituri), la corruption, les failles de la démocratie parlementaire et la lassitude d’une population dont le sort ne s’améliore guère) pouvant, même dans des contextes très différents, produire des effets comparables…