Mini-sommet Nairobi : vers la création d’une force régionale pour combattre les groupes armés en RDC
21.04.2022,AFRIQUE

La décision était déjà actée au sommet quadripartite d’avril 2022 mais elle sera formalisée à l’issue du mini-sommet quintipartite de Nairobi qui réunit ce jeudi autour dune table les présidents Uhuru Kenyatta ( Kenya), Félix Tshisekedi (RDC), Yoweri Museveni ( Ouganda), Paul Kagame (Rwanda) et Evariste Ndayishimiye (Burundi).
Tina Salama, la porte-parole adjointe du chef de l’État a annoncé sur Twitter qu’avec l’implication des partenaires, les options cruciales sont attendues pour stabiliser la région. Lesquelles, elle n’a pipé mot. De sources recoupées, Ouragan.cd apprend que c’est le retour à la case de départ. L’idée de créer une force régionale avait été émise depuis 2019.
La fameuse création d’un état-major intégré avait suscité un tollé général au sein de l’opinion congolaise avant d’être mise au frigo. Mais aujourd’hui, revient à la surface et bénéficie maintenant de la facilitation kenyane. Kenyatta paraît l’allié sûr de Tshisekedi qui le soutient depuis la campagne électorale jusqu’aujourdhui.
Dans cette nouvelle dynamique, le Burundi a été associé. Pourtant au sommet quadripartite, il n’était pas là. Les dirigeants de la région veulent une solution globale. Les rebelles de la Résistance pour un État de droit au Burundi (RED-Tabara) sont signalés dans les hauts plateaux au Sud-Kivu. A l’analyse du facilitateur kenyan, il devait être aussi impliqué pour résoudre le problème une fois pour toute.
Bref, les armées congolaise, rwandaise, ougandaise et burundaise vont nettoyer au kärcher l’est de la RDC, de tous les groupes armés. Les chefs d’Etat estiment qu’il faut stopper cette spirale qui a des répercussions sur le développement de la région. Plus grave, disent-ils, ces groupes armés endeuillent les paisibles familles congolaises.
Pourquoi cette force régionale ?

Les rebelles qui opèrent dans l’est de la RDC, sont soit nationaux ou étrangers. La brèche trouvée dans la mise en place de cette force est de permettre à ces trois pays voisins de la RDC dont les rebelles opèrent dans l’Est et menacent aussi leur stabilité, d’intervenir au Congo mais dans un cadre de la mutualisation des forces. Ainsi, le Rwanda participera pour neutraliser les FDLR, l’Ouganda les Adf et le Burundi les rebelles RED-Tabara. Sur papier, l’option semble meilleure mais dans la faisabilité en cas d’enlisement, les réponses ne sont pas encore apportées. Pour combien de temps, il y aura ces forces étrangères sur le sol congolais ? , s’interroge un diplomate occidental réservé à cette idée.
Une force régionale, est-ce une solution, se demande un acteur important de la société civile basée dans l’Est congolais. Selon les experts interrogés par Ouragan.cd, l’idée n’est pas si mauvaise mais il y a des doutes qui persistent sur certains aspects. Dans cette coalition, il y a des pays qui sont accusés d’entretenir l’insécurité dans l’Est de la RDC. Alors comment les mêmes qui sont chargés dans le rapport Mapping, peuvent-ils se transformer aujourd’hui en force de maintien de la paix. En plus, les divergences avec la Monusco.
Le Rwanda, par exemple, pointe toujours la Monusco de n’avoir produit aucun résultat plus d’une décennie déjà avec d’énormes moyens financiers. Dans ce cas de figure, la nouvelle force qui doit en principe mettre des passerelles avec la Monusco, comment va-t-elle totalement zapper les casques bleus sur le terrain. Autre question, le M23 qui se vante de détenir des positions à Rutshuru, sera-t-il considéré comme mouvement à éradiquer alors qu’il bénéficie de soutien de quelques pays de la région. La question devient plus complexe. Aux chefs d’État de bien examiner la situation dans tous les détails avant de formaliser cette force qui en cas de succès, sera le meilleur cadeau de Tshisekedi offert au peuple congolais à la fin de son premier quinquennat.
La sensibilisation de la population s’impose
Pareille initiative doit être précédée d’une grande campagne de sensibilisation de la population. Sinon, la société civile crierait à l’idée de l’invasion des troupes étrangères sur le sol congolais. Déjà que l’ONG Acaj a prévenu le président Félix Tshisekedi de ne pas accepter au sommet de Nairobi toute idée d’intégrer le M23 dans les rangs de l’armée congolaise. Pour être conforme à la Constitution, cette proposition qui doit ouvrir nos frontières aux armées étrangères doit impérativement passer par le Parlement pour en obtenir le quitus. Sinon, il y a crainte des constatations de tout genre.Kokolo Jean
OURAGAN / MCP, via mediacongo.net