ÉCONOMIE

RDC – Congo Airways : Chérubin Okende fustige une compagnie « en faillite »

« Mauvais choix de modèle économique », « gestion non transparente », « structures tarifaires inadéquates »… Le ministre des Transports a présenté au gouvernement un rapport au vitriol sur le plan de restructuration proposé par le patron de Congo Airways. Une exclusivité Jeune Afrique.

14 septembre 2022 à 17:43

Par Jeune Afrique

Mis à jour le 14 septembre 2022 à 17:43

Chérubin Okende, ministre des Transports, des Voies de communication et de désenclavement, le 21 août 2022. © Transports RDC

« Une faillite qui ne dit pas son nom. » Les mots de Chérubin Okende sont forts lorsqu’il décrit, devant le conseil des ministres du 9 septembre, la situation de Congo Airways.

Alors que le chef de l’État, Félix Tshisekedi, s’est fait l’écho, le 26 août, du risque de cessation des vols de la compagnie, faute d’avions opérationnels, son ministre des Transports pointe dans son rapport le « manque de cohérence » et les « paradoxes » du plan de restructuration présenté par le directeur général de la compagnie, Pascal Kasongo Mwema. Le 16 août, ce dernier avait sollicité une aide gouvernementale de plus de 92,7 millions de dollars « à très court terme » : dans un délai de soixante jours.

« Faiblesses chroniques »

Cette manne doit servir à entretenir les avions de la compagnie, à en acheter sept autres d’occasion, et à constituer un fonds de roulement pour l’entreprise. À cela s’ajouteraient le doublement de la subvention en stock stratégique de carburant (de 750 000 dollars actuellement) et l’annulation des pénalités de la dette fiscale de la compagnie, estimée à 50 millions de dollars par Pascal Kasongo Mwema.À LIRERDC : Félix Tshisekedi et Ethiopian Airlines prêts à lancer Air Congo

Dans sa présentation en six points, Chérubin Okende dénonce les « faiblesses chroniques » d’une société dont la gestion n’est « ni collégiale ni transparente ». Il critique tour à tour « l’inadéquation du modèle économique de la compagnie » avec les réalités du secteur et du pays, son « manque d’orthodoxie dans les ressources humaines »… – en passant par les « facteurs exogènes » qu’ont constitué le Covid-19 et l’exigence gouvernementale de baisse du prix des billets. Ce qui conduit, assène-t-il, à « des pertes récurrentes et significatives », au « délabrement de l’outil de production », ou encore à une « mauvaise qualité des services offerts ».

Nouvelles propositions

Pour « éviter une interruption intempestive des activités de desserte aérienne sur le territoire national », le ministre propose cependant au gouvernement d’adopter des « mesures conjoncturelles » de soutien à la compagnie. Il s’agit de débloquer un montant total d’un peu plus de 50 millions de dollars : 15,7 millions pour entretenir et redéployer les quatre aéronefs que possède Congo Airways, 22,6 millions pour régler le solde d’un Embraer 190 neuf toujours bloqué au Brésil faute de paiement, et 12,5 millions destinés à la mise en place d’un fonds de roulement.À LIRERDC : duel entre ministres sur le projet Air Congo

Pour Chérubin Okende, évoquer le dossier Congo Airways est aussi l’occasion de rappeler à Félix Tshisekedi son projet de lancer en partenariat avec Ethiopian Airlines une nouvelle compagnie, Air Congo. Un projet « aujourd’hui mis en veilleuse pour des motifs difficiles à soutenir raisonnablement au vu de la situation, insiste-t-il. Plus de sept mois après l’approbation de ce projet en conseil des ministres, j’estime humblement qu’il est temps de nous déterminer définitivement là-dessus ».

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