DC : La justice belge perquisitionne dans les demeures de la famille Tshisekedi

Des opérations menées dans un dossier de blanchiment.

Le président congolais Félix Tshisekedi pourrait être tenté de paraphraser le président français Jacques Chirac : “Les emmerdes, c’est comme la patrouille de France, ça vole toujours en escadrille”.

Un peu plus de 24 heures après l’annonce, par son prédécesseur Joseph Kabila, de la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) à Goma et l’annonce d’un raidissement militaire sur le front de l’est du Congo, le président congolais est confronté en Belgique à une salve de perquisitions menées par des dizaines d’enquêteurs dans le Brabant wallon (Waterloo) et dans le Brabant flamand (Leuven), une information confirmée ce mercredi après-midi à La Libre Belgique.

Selon le communiqué, ces perquisitions sont menées “dans le cadre d’une instruction judiciaire ouverte sur réquisition du parquet fédéral du chef de blanchiment suite à la réception de plaintes déposées par des organisations non gouvernementales en juillet 2025”.

Cette plainte a été déposée par l’avocat bruxellois Bernard Maingain. Neuf membres de la famille du président congolais (son épouse, ses frères, un cousin et deux de ses enfants), tous de nationalité belge, sont cités dans cette plainte. La plupart de leurs domiciles ont été visités mardi soir et pendant une bonne partie de la journée de mercredi.

Selon diverses sources, plusieurs cartons ont été emportés et des voitures saisies.

La justice belge s’intéresse notamment aux comptes bancaires belges des membres de cette famille présidentielle qui, jusqu’à la campagne électorale de décembre 2018 et la “victoire” de Félix Tshisekedi (en réalité installé au pouvoir par Joseph Kabila), vivaient chichement en Belgique. Les enquêteurs ont notamment envoyé un courrier aux différentes institutions belges pour leur demander le détail des opérations bancaires sur ces comptes entre janvier 2018 et janvier 2025.

Contacté, l’avocat Bernard Maingain se contente de souligner “le travail exemplaire de la justice belge et du parquet fédéral”.

Les milliards du Katanga

La plainte déposée en Belgique par différentes structures de la société civile katangaise porte sur des accusations de corruption et de détournement des richesses de sites miniers par la famille présidentielle essentiellement dans les provinces du Lualaba (Kolwezi) et du Haut-Katanga (Lubumbashi), comme l’avait expliqué en juillet 2025 Jean-Pierre Muteba, activiste et syndicaliste katangais.

Monsieur Muteba a été entendu à plusieurs reprises par les enquêteurs. De nombreux autres Congolais ont aussi pris le risque de venir témoigner à Bruxelles, souvent au terme de voyages rocambolesques marqués par de multiples étapes pour tenter de dissimuler leur point de chute final. “Si le pouvoir congolais sait que nous sommes venus témoigner en Belgique, nous ne pourrons pas rentrer chez nous”, expliquait un de ces témoins à La Libre. Jean-Pierre Muteba, lui, a accepté de vivre en exil pour mener son combat.

Tous ces témoins ont dénoncé “les dizaines de millions de dollars détournés par la famille présidentielle aidée par des entrepreneurs, souvent chinois ou libanais. Le système est simple. Ils expulsent les opérateurs des sites miniers et installent leurs hommes, encadrés par la garde républicaine, l’armée personnelle du président. Ils continuent d’exploiter le site, mais ils mettent tout le bénéfice dans leur poche. Le fisc belge, qui semble avoir besoin d’argent, devrait être attentif à ce qui se passe chez nous.”

By Habari

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