POLITIQUE

RDC : comment Joseph Kabila envisage la présidentielle de 2023

Retranché depuis plusieurs semaines à Lubumbashi, l’ancien président tente d’organiser son camp politique en vue des élections générales prévues en 2023. Et trace une ligne rouge vis-à-vis de son successeur, Félix Tshisekedi. 

15 juillet 2022 à 16:57

Par Jeune Afrique

Mis à jour le 15 juillet 2022 à 16:57

Joseph Kabila, lors des élections générales de 2018. © Luis TATO/AFP

Installé dans la province du Haut-Katanga, Joseph Kabila a vécu ces derniers mois entre ses différentes fermes. D’abord dans celle de Kashamata, où il a déjà séjourné plusieurs mois en 2021. Puis dans deux grands domaines agricoles, situés sur les routes Kasumbalesa et Likasi, où il a célébré son anniversaire le 4 juin 2022. Et enfin, dans le parc de Kundelungu, qui s’apparente à une autre de ses propriétés, située cette fois dans la vallée de N’sele, à Kinshasa. L’ex-chef de l’État n’en scrute pas moins de près la situation politique, économique et sécuritaire du pays.À LIRERDC : Joseph Kabila, le gentleman-farmer

« Déclaration de guerre »

À moins de 18 mois des prochaines élections générales, les ambitions se dévoilent progressivement. Dernier candidat déclaré en date, Martin Fayulu a rejoint deux autres prétendants : l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, et le président sortant, Félix Tshisekedi. De son côté, Joseph Kabila entretient pour l’heure le suspense concernant ses propres intentions et tente, pour le moment, d’organiser ses troupes.

Fin juin, les membres de son parti, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), se sont montrés très durs à l’égard du régime actuel lors d’une session extraordinaire du bureau politique. Kabila lui-même campe sur une position claire.

Aux diplomates, sécurocrates ou politiques qu’il reçoit dans ses différentes fermes, ou encore lors de ses déplacements dans les pays de la SADC comme l’Afrique du Sud, l’ancien président tient le même discours. Comme le PPRD, et les membres de sa famille politique, le Front Commun pour le Congo (FCC), il considère qu’il n’est pas possible d’organiser le scrutin dans le contexte actuel : la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), la Cour constitutionnelle et la loi électorale sont en effet contestés aussi bien par l’opposition que par certains membre de la majorité, comme Moïse Katumbi.À LIRERDC : Joseph Kabila et Moïse Katumbi se sont-ils vraiment réconciliés ?

Selon Joseph Kabila, tenir des élections dans ces conditions permettrait à Félix Tshisekedi de légitimer ce que l’ancien président qualifie, auprès de ses différents interlocuteurs, de « dictature. » Selon plusieurs sources, cela constituerait pour lui « une déclaration de guerre. » Tout comme le fait de ne pas respecter le délai prévu par la Constitution, en reportant les élections, ou d’exclure certains des candidats à la présidentielle. Donc, selon lui, une réforme est indispensable et non-négociable.

À l’issue de son second mandat, Joseph Kabila n’avait lui-même pas respecté les délais, puisque les élections prévues en 2016 s’étaient finalement déroulées en décembre 2018.

By Habari

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