POLITIQUE

RDC : critiquée, la Monusco interpelle discrètement les autorités

Récemment épinglée par le président du Sénat, la mission onusienne a adressé une note verbale au gouvernement afin de dénoncer les « discours hostiles » de certains représentants de l’État.

20 juillet 2022 à 16:21

Par Jeune Afrique

Mis à jour le 20 juillet 2022 à 16:21

Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux opérations de paix, en visite en RDC, avec Bintou Keita, cheffe de la MONUSCO, dans le camp de Roe, le 22 février 2022. © UN Photo/Eskinder Debebe

En tournée dans l’est de la RDC, Modeste Bahati Lukwebo, le président du Sénat, a profité d’un meeting le 15 juillet à Goma (Nord-Kivu) pour faire une sortie remarquée dans laquelle il a appelé à mettre un terme à la présence de la mission onusienne au Congo. « La Monusco doit plier bagage », a-t-il lancé aux militants de son parti, l’Alliance des forces démocratique (AFDC), membre de la coalition du président Félix Tshisekedi.À LIRERDC-Rwanda : le casse-tête de Félix Tshisekedi

Ce type de discours n’est pas nouveau – l’ex-président Joseph Kabila en était coutumier – et la présence des contingents onusiens, régulièrement accusés d’inaction face à l’insécurité, fait l’objet de manifestations. Sous pression, la Monusco s’est plainte auprès du ministère des Affaires étrangères dirigé par Christophe Lutundula, dans une note verbale datée du 18 juillet que JA a pu consulter.

« Risque d’actes hostiles »

Dans ce courrier de deux pages, la mission évoque son « inquiétude » face à la recrudescence de « discours hostiles émanant de représentants de l’État ou de ses institutions, de personnalités et de figures publiques, de groupes d’influence ou de personnes présentées comme membres influents de la société civile ».

Elle estime que ces messages « tendent [à la] tenir pour responsable des défis sécuritaires auxquels le pays fait face ou à la présenter comme complices des abus et violences commis par ces groupes armés ». Elle alerte aussi sur « le risque d’actes hostiles contre le personnel et les installations de la Monusco » que génèrent ces « discours publics, accidentels ou délibérés ».À LIRERDC : force régionale, M23… Les coulisses du huis clos tendu de Nairobi

Par ailleurs, la Monusco demande aux autorités de « contribuer activement à faire baisser les tensions et les risques qui se développent à l’encontre de la Monusco ». Présente depuis 1999 au Congo – d’abord sous le nom de Monuc – cette mission a longtemps été l’une des plus coûteuses de l’ONU. Ces dernières semaines, elle s’est trouvée visée non seulement par les critiques de certains officiels congolais, mais aussi par des autorités rwandaises qui l’accusent de collaborer avec les rebelles du FDLR face au M23.

By Habari

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