RDC : Des experts de l’ONU affirment que le Rwanda est intervenu militairement dans l’Est du pays

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Un groupe d’experts des Nations Unies a déclaré qu’il disposait de preuves solides que les troupes rwandaises ont mené des opérations militaires dans l’est de la République démocratique du Congo entre novembre 2021 et juillet 2022.

Manager le moral des troupes ?

DAKAR, 4 août (Reuters) – Un groupe d’experts des Nations unies a déclaré qu’il disposait de « preuves solides » que les troupes rwandaises combattaient aux côtés du groupe rebelle M23 dans l’est de la République démocratique du Congo et lui fournissaient des armes et un soutien.

Les conclusions ont été contenues dans un rapport confidentiel consulté par Reuters jeudi.

Le Rwanda a déjà nié les accusations du gouvernement congolais selon lesquelles il soutient le M23 et qu’il a envoyé des troupes dans le pays. Le M23 a nié avoir reçu le soutien du Rwanda.

Le groupe de l’ONU « a obtenu des preuves solides de la présence et des opérations militaires menées par des membres des RDF (Forces de défense rwandaises) dans le territoire de Rutshuru entre novembre 2021 et juillet 2022 », indique le rapport.

Des membres des RDF ont mené des attaques conjointes avec des combattants du M23 contre l’armée congolaise et des groupes armés congolais, et ont fourni aux rebelles des armes, des munitions et des uniformes, a-t-il ajouté.

Les autorités rwandaises n’ont pas immédiatement répondu à une demande de commentaires sur les conclusions de l’ONU.

Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a déclaré qu’il saluait le travail du groupe de l’ONU.

« La vérité triomphe toujours à la fin. Nous espérons que des conclusions seront tirées rapidement pour mettre fin à l’ingérence du Rwanda et ramener une paix durable », a-t-il écrit sur Twitter.

L’insurrection du M23 découle des longues retombées du génocide de 1994 au Rwanda. Le groupe a été formé en 2012 en prétendant défendre les intérêts des Tutsis congolais, le groupe ethnique partagé par le président rwandais Paul Kagame, contre les milices hutues.

Depuis mai, le M23 a mené son offensive la plus soutenue depuis des années, tuant des dizaines de personnes et déplaçant des dizaines de milliers de personnes. En juillet, il contrôlait un territoire presque trois fois plus grand qu’en mars, a déclaré le groupe de l’ONU.

La résurgence du M23 a attisé les tensions régionales et provoqué des manifestations meurtrières contre la mission de maintien de la paix de l’ONU en RD Congo, que les civils accusent de ne pas les protéger. lire la suite

Le groupe de l’ONU a détaillé des preuves, notamment des photos de soldats rwandais dans un camp M23, des images de drones montrant des colonnes de centaines de soldats marchant près de la frontière rwandaise, et des photos et des vidéos montrant des combattants M23 avec de nouveaux uniformes et équipements similaires à ceux de l’armée rwandaise.

Les troupes rwandaises et le M23 ont attaqué conjointement le camp de l’armée congolaise à Rumangabo en mai, a-t-il ajouté. Lorsque le M23 a pris le contrôle de la ville frontalière stratégique de Bunagana en juin, des soldats rwandais étaient présents ou avaient fourni du matériel aux rebelles, selon le rapport. lire la suite

Le Rwanda et l’Ouganda voisin ont une longue histoire d’intervention militaire à l’intérieur du Congo. Les deux pays ont envahi en 1996, puis à nouveau en 1998, affirmant qu’ils se défendaient contre les milices locales.

Une cible des opérations du M23 et du Rwanda en RD Congo a été les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), une milice hutue que le Rwanda accuse la RD Congo d’utiliser comme mandataire. Le gouvernement congolais a nié cela.

Certains membres de l’armée congolaise ont soutenu et combattu aux côtés d’une coalition de groupes armés, dont les FDLR, selon le rapport de l’ONU.

Reportage de Nellie Peyton et Hereward Holland; Édité par Estelle Shirbon et Toby Chopra N

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