- Expansion du control lumumbiste au Nord Katanga
Dès la proclamation de la sécession katangaise, au nord Katanga, de larges couches de la population sous le leadership du Cartel Balubakat et du MNC-L refusent de se soumettre au diktat du régime sécessionniste de Tshombe. Des mercenaires et des anciens nazis sont recrutés pour encadrer la milice armée de Tshombe afin de tenter de soumettre ces couches de population à l’État sécessionniste.
Ci-dessous un extrait de cette interview tirée du Livre Katanga l’enjeu du monde :

Le 6 septembre, au lendemain de la révocation de Lumumba, une colonne de la Gendarmerie Katangaise tomba dans une embuscade de « jeunesses » Balubakat dans la région de Malemba-Nkulu. Une dizaine de membres de la Gendarmerie parmi lesquels un capitaine et un adjudant belges furent tués. En représailles les avions mitraillèrent et bombardèrent des villages !
Des missions furent envoyées en Belgique, en France et en Grande-Bretagne pour recruter des mercenaires. Des centaines d’Européens dont certains avaient participé aux guerres de Corée, d’Indochine et d’Algérie furent recrutés pour venir massacrer les Congolais. Les descriptions suivantes tirées des articles de deux journaux belges dénotent le degré de sauvagerie de ceux qui voulaient imposer l’ordre sécessionniste au Katanga
« En Indochine et en Corée, c’était la guerre, m’a dit un « affreux ». Ici cela tourne au carnage mutuel. Nos pertes en effectifs sont faibles mais on ne compte plus les villageois assassinés par les raids… » (La libre Belgique )
En décembre .1960, on évaluait à 7.000 environ le nombre de « rebelles » tués depuis le début des opérations de représailles de l’armée katangaise dans le Nord-Katanga. On sait ce que des chiffres de ce genre signifient en Afrique. Généralement. Il faut les multiplier par deux, par trois, par dix et on ne sait encore si le résultat obtenu n’est pas loin en deçà de la vérité. À Élisabethville, on ne cache pas que la gendarmerie katangaise a dû recourir à « la manière forte pour venir à bout de certains nids de rebelles. Des villages entiers ont été rasés et les armes automatiques ont fauché littéralement des rangs entiers de « jeunesses- ».[i] ET Pourquoi-pas ?).
Une répression telle que ci-dessus décrite, ne pouvait qu’inciter la population à accueillir à bras ouvert les forces du gouvernement de Gizenga venant de Stanleyville en passant par le Maniema. Il s’agit ici du 12eme bataillon d’Infanteries formé seulement d’environ 600 militaires de Stanleyville auxquels se sont joints des membres des Jeunesses Balubakat et du MNC-L. Le bataillon a investi Manono, ville minière située à seulement 300 km d’Élisabethville, le 8 janvier 1961. Eustache Kakudji sera choisi comme capitaine Commandant de cette unité qui réussira à s’imposer face aussi aux forces de l’ONU avec lesquelles elle a eu des accrochages violents.
Quelques jours plus tard Prosper Mwamba Ilunga y arrivera et formera une administration de la Province de Lualaba. C’est ici où l’on entendra parler pour la première fois du jeune Laurent Desire Kabila, un des dirigeants de la Jeunesse de Balubakat de Ankoro.
[i] Ibid,p.149