“La RD Congo est en péril”: ce qu’a dit Joseph Kabila dans un discours contre le pouvoir de Félix Tshisekedi
En RD Congo, l’ancien président Joseph Kabila a dénoncé vendredi 9 octobre le retour de “la dictature” sous Félix Tshisekedi, sans le nommer. Dans une nouvelle adresse à la nation, il plaide pour un dialogue national inclusif.

L’ancien président de la RD Congo, Joseph Kabila a publié sur les réseaux sociaux une allocution vidéo, ce vendredi 9 octobre 2026;
Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, au titre sans ambiguïté, “Le pays est en péril : ne pas agir c’est être complice”, l’ancien président Joseph Kabila fait le constat d’échec de sa précédente intervention, prononcée le 23 mai 2025, nous informe Actualité CD. “Près d’un an et demi après mon adresse du 23 mai 2025, force est de constater que mes propositions, mises en garde et conseils ont été superbement ignorés par ceux qui nous gouvernent, ne suscitant pas de ce fait le moindre changement de politiques publiques. La situation générale du pays n’a donc cessé d’empirer, sans qu’aucune perspective crédible d’amélioration ne se dessine” a-t-il déclaré.
« Ivan le Terrible »
L’ancien chef de l’État a dressé un réquisitoire contre la gouvernance de son successeur, Félix Tshisekedi, sans jamais le nommer. Il accuse le pouvoir qu’il qualifie de « dictature » d’institutionnaliser le tribalisme et le népotisme et de discriminer certaines minorités. , selon Actualité CD. Il fustige aussi une “gestion patrimoniale de l’État et des biens publics”.
Le quatrième président de l’histoire de la RDC oppose son bilan à celui de son successeur. Il affirme avoir hérité en 2001 d’un pays en “état de déliquescence totale” et l’avoir transmis en janvier 2019 “réunifié, largement pacifié”, d’après Actualité CD. Depuis, la RDC “n’est plus une république, encore moins démocratique”, estime-t-il, gouvernée selon “la seule volonté” d’un chef de l’État qu’il compare à “Ivan le Terrible”. “Conséquences logiques, mais aussi tragiques, de cette gouvernance irresponsable et surannée, la cohésion nationale a volé en éclats, tandis que la paix et le vivre ensemble ont fait de nouveau place à des conflits identitaires, à l’insécurité et à la guerre”, a-t-il dénoncé.
“Ni la volonté ni les moyens de gagner” la guerre
Sur le front de l’Est, l’ancien président accuse les autorités congolaises de mener une guerre qu’elles n’auraient “ni la volonté ni les moyens de gagner”, selon Radio Okapi. Il évoque des revers militaires des Forces armées de la RDC (FARDC), le non-respect du cessez-le-feu conclu à Doha et la collaboration présumée de l’armée avec des groupes armés, dont les Wazalendo et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Il dénonce aussi l’approvisionnement de ces groupes en armes et munitions, ainsi que des bombardements qui toucheraient, selon lui, des civils.Lire la vidéo
L’ancien chef de l’État reproche également au pouvoir d’avoir écarté toutes les initiatives de paix, de celles de l’EAC, de la SADC, de la CEEAC et de l’Union africaine jusqu’à celle des Églises catholique (CENCO) et protestante (ECC), selon Actualite.cd. “Face à la crise, il ne cherche pas la solution, mais la soumission”, a-t-il lancé. D’après Radio Okapi, il qualifie de “refus méprisant” l’attitude des autorités face à ces démarches et insiste : “Le dialogue n’est pas une option”, mais une voie nécessaire pour rétablir la paix et la cohésion nationale.
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L’ancien président s’en prend aussi à l’accord sur les minerais stratégiques signé avec les États-Unis. Selon Radio Okapi, il estime que le président congolais se croit, à tort, assuré du soutien inconditionnel de Washington grâce à cet accord. Mais il rappelle qu’un accord international engage les États, pas les dirigeants. Il reste valable même en cas de changement de régime. Joseph Kabila met aussi en garde contre des conditions d’exploitation des minerais qui pourraient, selon lui, compromettre l’indépendance nationale et les intérêts des générations futures.
Un dialogue national contesté
Cette sortie intervient alors que le président congolais a officiellement lancé en août 2026 un “Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État”, rappelle Actualité CD. Prévu sur trois mois au maximum, ce processus doit partir de la base avant de remonter vers les instances nationales, selon la présidence. Mais son format divise. La famille politique de Joseph Kabila en conteste les modalités et réclame des garanties sur son caractère inclusif. Sur le terrain, les combats se poursuivent entre l’armée congolaise et les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda, tandis que les médiations de Washington et de Doha peinent à aboutir.
L’ancien président s’exprime depuis une position judiciaire singulière. Il a été condamné à mort par la justice militaire congolaise, notamment pour participation à un mouvement insurrectionnel, et fait l’objet de sanctions américaines pour son soutien présumé au M23 et à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), selon le Département américain du Trésor cité.
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Dans son discours, il rappelle les douze mesures de sa “thérapie de choc”, de la fin de la guerre à la neutralisation des groupes armés en passant par le retrait des troupes étrangères. Il annonce qu’il dévoilera “dans les heures, jours et semaines à venir” sa vision pour “sauver” le pays. “Le Congo est en péril. Le sauver est un impératif et une urgence”, a-t-il conclu, selon Radio Okapi.
