RDC : qui a facilité l’évacuation de François Beya vers Paris ?

En liberté provisoire, l’ex-conseiller de Félix Tshisekedi a été transporté en France le 19 août pour y recevoir des soins. Un chef d’État de la région a favorisé son départ, préparé par ailleurs en coulisses avec l’appui de précieux soutiens. Explications.

22 août 2022 à 18:49

Par Romain Gras et Stanis Bujakera Tshiamala

Mis à jour le 22 août 2022 à 22:14

François Beya a été évacué à Paris. © DR

Après plus de six mois de détention, l’ex-conseiller en sécurité de Félix Tshisekedi, jugé depuis le 3 juin pour complot contre le chef de l’État, a bénéficié d’une remise en liberté provisoire le 16 août. Le Haute cour militaire a pris cette décision sur la base d’une expertise médicale réalisée à sa demande et dont les conclusions ont recommandé la prise en charge rapide de François Beya. Le 19 août, il a donc pu embarquer pour Paris, où il poursuivra sa convalescence pendant plusieurs semaines. L’avion, qui a décollé à 16h17 de l’aéroport de Kinshasa-Ndjili, a atterri dans la nuit sur le tarmac du Bourget.

Intervention présidentielle

À son bord, ses quatre médecins (deux Congolais et deux Français) et sa fille, Grâce. Selon nos informations, François Beya a effectué ce déplacement à bord d’un Falcon 900 affrété par le président congolais Denis Sassou Nguesso (DSN), dont l’ex-conseiller est proche. DSN a été l’un des premiers chefs d’État à s’enquérir de la situation de celui que l’on surnomme « Fantomas », sitôt après son arrestation, le 5 février. Après avoir tenté d’obtenir des informations le jour-même, lors du sommet de l’Union africaine (UA), le président congolais s’est régulièrement tenu informé de l’évolution de son dossier.À LIRERDC : ces chefs d’État qui se mobilisent pour François Beya

Denis Sassou Nguesso s’est, entre autres, appuyé sur son neveu, Rodrigue Nguesso qui fait régulièrement la navette entre la Cité de l’Union africaine à Kinshasa et le palais du Peuple de Brazzaville. Comme révélé par Jeune Afrique, le 25 mars, DSN a également reçu le patron de l’Agence nationale de renseignements (ANR), Jean-Hervé Mbelu Biosha, dont les agents auditionnaient alors le puissant sécurocrate. Quelques semaines plus tard, il a également envoyé à Kinshasa son conseiller spécial et secrétaire général du Conseil national de sécurité, le vice-amiral Jean-Dominique Okemba. Ce dernier s’est déplacé en avril dernier en compagnie de son épouse Georgette, pour rendre visite à leur ami François Beya.

Passeport confisqué

Attendu à Paris pour un contrôle médical à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine en mars dernier, Beya a, selon plusieurs sources, été admis à l’hôpital européen Georges Pompidou. Préparée en amont par plusieurs de ses soutiens, cette évacuation a fait l’objet de discrètes tractations jusqu’au dernier moment.À LIREExclusif – RDC : CIA, colis suspect, commissariat privé… François Beya a-t-il failli à sa mission ?

Alors que son autorisation de sortie du territoire a été signée le 17 août par le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, Guylain Nyembo, Beya a dû gérer un autre imprévu. Le passeport avec lequel il devait initialement voyager a été confisqué par l’ANR dès le début de l’enquête et ne lui a pas été restitué.

Selon nos informations, c’est finalement grâce à un autre de ses passeports qu’il a finalement pu quitter le pays. La durée exacte du séjour parisien de l’ex-conseiller n’est, pour l’instant, pas connue. Selon une source au sein de son collectif de défense, une période de 45 jours est envisagée.

By Habari

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